Sport hippique japonais : bientôt au niveau mondial

Sakai Kazunari [Profil]

[21.12.2011] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

Le sport hippique, né en Grande-Bretagne a d’abord fleuri dans ce pays et en France, puis dans le reste de l’Europe, avant de connaître un grand succès en Amérique et en Océanie : partout la passion de l’homme pour le cheval continue de prospérer. Au Japon, ce sport s’internationalise de plus en plus comme il doit le faire pour atteindre le niveau mondial.

La Japan Cup et l’ouverture du sport hippique japonais au monde

La première Japan Cup organisée en 1981 a été, à cet égard, un événement fondateur pour ce sport dans un pays qui était alors en retard sur le reste du monde. Dotée de prix élevés, elle n’est ouverte qu’aux meilleurs chevaux invités du monde entier. Les haras japonais qui n’étaient pas à l’époque de niveau international – la première Japan Cup fut remportée par le cheval américain Mairzy Doates, établissant au passage un nouveau record de vitesse de la Japan Racing Association (JRA) –, firent de rapides progrès, au point de produire des chevaux capables de faire partie égale avec des chevaux étrangers, au moins pour les courses ayant lieu au Japon : la quatrième Japan Cup fut remportée par Katsuragi Ace, et la cinquième par Symboli Rudolf, le cheval vainqueur de la Triple Couronne japonaise, qualifié de cheval le plus fort de son histoire de la JRA. Dans ses trente premières années, la Japan Cup fut remportée 14 fois par des chevaux étrangers – la Grande-Bretagne, avec quatre victoires, étant le pays d’origine le plus primé –, et 16 fois par des chevaux japonais. La Japan Cup elle-même fut labellisée Groupe 1 (G1) dès 1992.

Il convient d’accorder une mention spéciale à la possibilité offerte aux jockeys étrangers par la Japan Racing Association d’obtenir une licence de courte durée (trois mois) au Japon. Oliver Peslier et Christophe Lemaire, deux des meilleurs jockeys français, et l’Italien Mirco Demuro, viennent régulièrement au Japon. Leur présence non seulement contribue à intensifier la compétition au Japon et à améliorer la qualité des jockeys japonais, elle conduit aussi à mieux faire connaître dans le reste du monde le niveau technique des courses hippiques et des jockeys japonais.

Des progrès à l’étranger

L’étape suivante sera de produire des résultats dans les principales courses étrangères. Remporter le prix de l’Arc de triomphe, une des courses les plus prestigieuses au monde, serait une occasion sans pareille de montrer au monde le niveau du monde hippique japonais. Les déplacements à l’étrangers de chevaux élevés au Japon n’étaient autrefois que sporadiques et ne produisaient guère de résultats,  mais depuis les années 1990, dix ans après le début de la Japan Cup, ils ont rapidement augmenté. De pair avec la participation dynamique des jockeys japonais, à commencer par Yutaka Take, celle des chevaux japonais, dont l’exemple le plus représentatif est Seeking The Pearl, qui, monté par Take, remporta en 1998 le prix Maurice de Gheest, la première victoire par un cheval japonais à une course G1 ailleurs qu’au Japon, retient l’attention. Les chevaux japonais se sont fait remarquer dans des courses majeures en Grande-Bretagne, en France, aux Etats-Unis, ou en Australie, comme à Hong-Kong et Dubaï qui organisent aujourd’hui des courses de tout premier plan grâce à leur croissance économique remarquable et à l’appui considérable de l’argent du pétrole. Cette année, Victoire Pisa a attiré une attention considérable en devenant le premier cheval élevé ailleurs que dans les Emirats arabes unis, l’Europe ou les Etats-Unis, à gagner la Dubaï World Cup, la course la mieux dotée au monde.

Le défi du prix de l’Arc de triomphe

Ce prix est aujourd’hui le point de mire pour le sport hippique japonais. Deux chevaux japonais se sont déjà classés deuxième, El Condor Pasa en 1999 (qui avait remporté la Japan Cup en 1998), puis Nakayama Festa en 2010, et les attentes des fans japonais ainsi que des professionnels du monde hippique ne cessent de croître. Aujourd’hui, le monde sait que les chevaux et l’art hippique japonais sont au niveau international, mais si un cheval japonais remportait ce prix qui n’a encore jamais été gagné par un cheval non européen, cela rehausserait considérablement leur prestige. Une telle victoire ne saurait être facile mais il n’est pas exagéré de dire que personne ne doute aujourd’hui qu’elle est possible et deviendra tôt ou tard une réalité.  (14 Novembre 2011)

(D’après un original en japonais.)

  • [21.12.2011]

Né à Tokyo en 1969. Professeur à la faculté d’études interculturelles de l'Université de Kobe. Diplômé du département de français de l’Université de Tokyo des études étrangères (1992). Après avoir obtenu en 1994 un master des études internationales à l'Université de Tokyo des études étrangères, il entame son doctorat à la faculté de sociologie de l'Université Hitotsubashi. Est entré en 1996 au ministère japonais de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie, où il a été chargé des études internationales. A été chercheur invité à l’IEP (Sciences Po) de Paris, ainsi que professeur invité à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense et à l’Université Panthéon-Assas (Paris II). Auteur de divers ouvrages dont Yôroppa no minzoku tairitsu to kyôsei (Antagonisme et symbiose chez les peuples européens), éditions Ashi shobô, 2008 (nouvelle édition revue et augmentée en 2014).

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