L’avenir des jeunes passe par le renforcement des liens entre le Japon et le monde arabe

Kawakami Yasunori [Profil]

[24.04.2015] Autres langues : 日本語 | العربية |

« Gen d’Hiroshima » en arabe

Un livre tout neuf est arrivé du Caire. C’est la traduction en arabe du tome 1 de Gen d’Hiroshima, ce célèbre manga japonais qui traite de la tragédie de la bombe atomique larguée sur Hiroshima, du point de vue d’un jeune garçon survivant (en 10 tomes au total). La traduction en arabe vient d’être publiée en Égypte en janvier de cette année. Maher El-Sherbini, professeur au département de japonais de l’Université du Caire et mon vieil ami depuis 30 ans, en est le traducteur. Professeur diplômé de l’Université du Caire, il a également étudié à l’Université de Hiroshima, où il a obtenu un doctorat en études japonaises.

Le département de japonais de l’Université du Caire a été créé en 1974, avec l’aide du gouvernement japonais, dans le but de promouvoir la compréhension du Japon dans le monde arabe. Je trouve magnifique qu’à l’occasion du 40e anniversaire de ce département, ce chef-d’œuvre du manga japonais, et extraordinaire message de paix sous la tragédie de la bombe atomique soit mis à la disposition de la jeune génération arabe. Et j’espère que l’expérience japonaise de l’industrialisation et de la construction d’une société pacifique continue à être de mieux en mieux présentée dans le monde arabe.

Un département de japonais de très bonne réputation

Le département de japonais à l’Université du Caire produit plus de 20 diplômés chaque année. L’année dernière, le professeur Karam Khalil, chef du département, m’avait dit : « Ces dernières années, la popularité du département de langue japonaise est extrêmement élevée parmi les nouveaux étudiants. » Le nombre de candidatures pour s’inscrire dans son département est 20 fois supérieur aux capacités d’accueil.

Le professeur est lui-même diplômé de la première promotion du département. Il remarque une évolution dans les motivations des étudiants du département :
« À notre époque, on s’inscrivait en japonais parce que le Japon avait l’image d’un pays industrialisé, et qu’étudier la langue nous serait utile pour trouver du travail à la fin de nos études. Mais les étudiants d’aujourd’hui ont grandi avec les dessins animés japonais de la télé et se destinent plutôt aux domaines culturels. »

En 1979, j’ai étudié un an à l’Université du Caire, à l’époque ou le professeur Karam était lui-même étudiant en langue japonaise. À la fin de mes études, j’ai travaillé comme journaliste chargé du Moyen-Orient pour un journal japonais, et à partir de 1994 puis à trois reprises, j’ai été nommé au bureau du Caire. Toutes ces années, là-bas j’ai observé l’évolution du département de japonais de l’université.

Hélas, une fois leur diplôme de japonais en poche, il est très rare que les étudiants parviennent à trouver un emploi dans une entreprise nippone. Tout ce qu’ils peuvent obtenir, au mieux, c’est un travail de guide touristique en japonais. Or, depuis la révolution, la confusion de la situation politique et l’aggravation de l’insécurité, les voyages organisés en provenance de l’Archipel ont été supprimés, et les guides qui travaillaient en langue japonaise se retrouvent au chômage.

  • [24.04.2015]

Journaliste né en 1956, dans la préfecture de Nagasaki. Il a servi au Caire, à Jérusalem en tant que reporter pour le journal Asahi, comme envoyé spécial à Bagdad, puis comme directeur du bureau Moyen-Orient Afrique. Il a reçu le Prix international de journalisme Mémorial Bohn-Ueda en 2012 pour sa couverture des événements en Palestine. Depuis janvier 2015, il travaille en free-lance sur les thématiques du Moyen-Orient. Auteur de Iraku zero nen (Irak Année Zéro, Asahi Shimbun-sha), Genchihatsu Ejiputo kakumei (Révolution égyptienne en direct, Iwanami Booklet), Isuramu o ikiru hitobito (Ceux qui vivent l’Islam, Iwanami shoten).

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