Accord TPP : le futur géopolitique de la région Asie-Pacifique et du Japon

Shiraishi Takashi [Profil]

[23.02.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Ce que signifie le TPP

Le Partenariat transpacifique (TPP) négocié par douze pays, l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam, a abouti le 5 octobre 2015 à un accord de principe à Atlanta(*1).

Le TPP est un accord de libre-échange traditionnel, centré sur l’élimination des droits de douane, mais il définit aussi des normes plus larges concernant le commerce et les investissements. Grâce à la conclusion de cet accord, ces pays qui représentent près de 40 % du PIB mondial forment une seule zone économique, au sein de laquelle les échanges de biens, de capitaux, de services, d’informations, et de personnes seront plus libres, et l’on ne peut que s’en réjouir. Il comporte des contenus avancés, qui ne sont pas couverts par les accords de l’OMC, notamment en matière de transactions électroniques, de politique de la concurrence, de travail et d’environnement, et il a pour effet d’établir de facto des normes mondiales. Dans un avenir proche, l’accord économique UE-Japon et le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) seront adoptés, et cela élargira au niveau mondial ces règles gouvernant le commerce et les investissements hautement transparentes, libres, ouvertes et justes.

Des mérites économiques évidents

Le TPP a suscité de nombreuses controverses au Japon ces cinq dernières années. Après l’annonce en 2010 par Kan Naoto, alors Premier ministre, de son intention de participer aux négociations en ce sens lors d’un sommet de l’APEC, il a fallu plus de deux ans, jusqu’à ce qu’Abe Shinzô devienne Premier ministre, au gouvernement japonais pour finaliser cette décision de participer aux négociations, et presque deux ans et demi pour aboutir à cet accord de principe. Si la résistance au TPP a été si forte, c’est qu’il menaçait de nombreux avantages acquis, et sa portée sur les réformes structurelles de l’économie est extrêmement importante.

La signification économique du TPP pour la création du système commercial du XXIe siècle a déjà fait l’objet d’amples discussions. Pour le Japon, selon les calculs du gouvernement, l’effet d’accélérateur du PIB devrait être de 3 200 milliards de yens uniquement en termes de droits de douane, mais selon Kawasaki Kenichi (senior fellow au Collège doctoral de recherche politique de Tokyo – GRIPS), le TPP fera progresser à moyen terme le PIB de 1,6 %, c’est-à-dire de 8 000 à 10 000 milliards de yens (d’après le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun du 26 octobre dernier).

Outre l’impact qu’il aura en éliminant les droits de douane, le TPP aura aussi pour effet la standardisation des règles d’investissement, l’assouplissement règlementaire, et on prévoit que la concurrence avec les entreprises et les produits étrangers poussera à moyen et long terme les entreprises à renforcer leur gestion, et que la réforme réglementaire progressera. Il contribuera donc à améliorer la productivité de l’économie japonaise.

(*1) ^ L’accord de partenariat transpacifique a été officiellement signé le 4 février 2016 à Auckland, en Nouvelle-Zélande.—N.D.L.R.

  • [23.02.2016]

Obtient son doctorat en histoire à l’Université Cornell aux Etats-Unis. Actuellement président du Collège doctoral de recherche politique (GRIPS), président de l’Institut des Economies en Développement, Organisation Japonaise du Commerce Extérieur et membre exécutif du Conseil pour les Politiques des Sciences et des Technologies, Bureau du Cabinet du Premier ministre. Ses travaux incluent Teikoku to sono genkai (L’Empire et ses limites) et Beyond Japan : The Dynamics of East Asian Regionalism (coédition). Conseiller senior du comité consultatif de rédaction de Nippon.com.

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