Retour de « @japan » au Japon

Équipe Nippon.com [Profil]

[01.07.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | Русский |

Javier Castaño (@xabel sur Twitter) est né dans les Asturies, sur la côte nord de l’Espagne, et habite depuis une dizaine d’années dans le sud du pays, à Malaga en Andalousie, où il travaille comme cireur de chaussures. Comment cet Espagnol a-t-il pu protéger le compte « @japan » sur Twitter ?

L’homme qui a restitué « @japan » au gouvernement japonais

M. Castaño a rejoint Twitter quelques mois après ses débuts.

On peut dire que M. Castaño est un spécialiste des marques et un grand connaisseur de la diplomatie au sein des réseaux sociaux. Son initiative visant à céder gratuitement des comptes Twitter aux gouvernements locaux et nationaux de nombreux pays a récemment attiré l’attention des médias du monde entier. Il avait créé ces comptes il y a plusieurs années afin de les préserver et de les restituer aux gouvernements en temps voulu pour qu’ils en fassent un bon usage. Il a récemment rendu le compte « @japan » au gouvernement japonais. La rédaction de Nippon.com en a profité pour l’interviewer par téléphone.

——Comment vous est-il venu à l’idée d’offrir ces comptes Twitter aux différents gouvernements ?

JAVIER CASTAÑO  J’ai découvert Twitter en 2007 et j’ai créé mon compte personnel un peu comme tout le monde. Le système de ce réseau social est très simple et j’ai vu, dans le lien entre l’utilisateur et ses abonnés, une similitude avec le lien entre une ville et ses habitants. J’ai pensé alors que cela pouvait être potentiellement un outil important pour les communautés locales par exemple.

J’ai cherché plusieurs villes connues et je me suis aperçu qu’à part Paris, Barcelone, Londres et New York, la majorité des noms de villes célèbres était encore libre. J’ai alors enregistré plusieurs noms, à commencer par celui de ma ville et de ma région natale, Mieres et les Asturies, ainsi que celui des villes principales de la région. Puis, j’ai également créé des comptes pour ma terre adoptive, Malaga et l’Andalousie, ainsi que pour Madrid. Voyant que les toponymes étaient peu sollicités, je me suis amusé à vérifier certaines « marques mondiales », dont le nom est à peu près le même dans toutes les langues. « Canada » ou « Rio de Janeiro » étaient prises. C’est ainsi qu’un jour, j’ai pensé à enregistrer « Roma » et « Japan ».

Deux ans plus tard, à Noël 2009, je me suis rendu compte que Twitter avait pris beaucoup d’ampleur et j’ai pensé qu’il était temps de contacter les ambassades des pays concernés en Espagne. Néanmoins, ma démarche n’a pas été comprise par la plupart des gouvernements qui ne savaient toujours pas ce que Twitter était. C’est finalement deux ans plus tard environ, en 2011, que les institutions gouvernementales ont véritablement commencé à s’intégrer dans les réseaux sociaux. Il était désormais possible de contacter directement les intéressés pour entamer une conversation, même si se faire prendre au sérieux n’a pas été un exercice aisé. Grâce à l’aide de Matthias Lüfkens (@luefkens), expert en réseaux sociaux, j’ai pu contacter Shikata Noriyuki (@norishikata), qui était à l’époque le vice-secrétaire du Cabinet chargé des relations publiques et directeur de la communication, avec qui j’ai eu quelques brèves conversations qui cessèrent lorsqu’il changea de poste après les élections de 2012.

——C’est seulement le 10 mars 2015 que le gouvernement japonais a repris le compte « @japan ». Comment ce transfert s’est-il effectué ?

M. Castaño a pris contact avec les autorités japonaises pour la première fois avec ce tweet.

CASTAÑO  Shikata Noriyuki m’avait promis de me mettre en contact avec Sone Kenko (@KenkoSone), le nouveau responsable et j’avais également joint l’ambassade du Japon en Espagne. Un matin, j’ai fait la découverte que Sone Kenko avait suivi mon compte personnel sur Twitter ainsi que le compte « @japan » et, à mon retour du travail, j’ai reçu un email de l’ambassade qui m’indiquait que M. Sone était le juste destinataire pour le transfert du compte.

J’ai alors envoyé à celui-ci le mot de passe du compte et les indications pour modifier l’adresse email qui y est associé ainsi que les informations nécessaires à la validation. Le processus a été relativement rapide même si mes interlocuteurs se sont montrés très méticuleux et prudents au cours de l’opération. Je reçois maintenant beaucoup de messages de remerciement des habitants des pays à qui j’ai livré les comptes.

  • [01.07.2015]

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