Enlèvements internationaux d’enfants par leurs mères japonaises
La signature par le Japon de la Convention de La Haye ne suffira pas à résoudre tous les problèmes

Kamoto Itsuko [Profil]

[24.06.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le Japon va enfin devenir partie à la Convention de La Haye sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants par l'un de leurs parents. Nous présentons quelques éléments de réflexion sur les raisons qui peuvent conduire des femmes japonaises à agir de cette manière, et sur les aménagements à prévoir une fois que le Japon signera cette Convention.

Le Parlement japonais a approuvé le 22 mai l’adhésion du Japon à la Convention sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants (ci-après la Convention de La Haye), un traité qui tente de résoudre le problème de l’enlèvement parental transfrontalier.

A partir de l’époque où l’économie japonaise est entrée dans une bulle spéculative, le nombre de mariages internationaux (entre une personne de nationalité japonaise et une personne d’une autre nationalité) a connu une croissance remarquable. Après l’éclatement de cette bulle, l’augmentation a surtout concerné les mariages célébrés hors du Japon entre des femmes japonaises et des hommes d’une autre nationalité, comme le montre le graphique ci-après. Ces dernières années, les troubles liés à la fin de ces mariages, et plus précisément le retour au Japon des ex-épouses japonaises avec leurs enfants, est fréquemment source de problèmes.La Convention de La Haye, rédigée en 1980 par la Conférence de La Haye de droit international privé, a été ratifiée à l’heure actuelle par 89 pays et territoires, mais en Asie, seuls la République de Corée, Hong Kong, Macao, Singapour, la Thaïlande, et le Sri Lanka y ont adhéré.

Depuis 2005 environ, plusieurs pays d’Amérique du Nord et d’Europe faisaient pression sur le Japon pour qu’il y adhère, en raison du nombre relativement élevés de mariages entre leurs ressortissants et des femmes japonaises. Une fois que le Japon aura complété le processus d’adhésion à la Convention de La Haye, elle s’appliquera aux enlèvements internationaux d’enfants issus non seulement de mariages internationaux mais aussi de mariages entre ressortissants japonais.

J’ai été invitée à participer pendant l’été 2012 à l’International Visitor Leadership Program (IVLP) du Département d’Etat américain. Le thème de mon séjour était la Convention de La Haye. Pour les Etats-Unis, le Japon et l’Inde sont les deux plus grands pays de la région Asie auteurs d’enlèvements internationaux. L’approbation par le Parlement japonais de l’adhésion à la Convention de La Haye représente à cet égard un progrès considérable et il faut dès à présent veiller à empêcher ces enlèvements et à lancer les aménagements juridiques qu’il nécessite.

  • [24.06.2013]

Professeure de sociologie à l'Université féminine de Kyoto. Spécialiste de la sociologie historique des mariages internationaux, elle a obtenu en 1997 son doctorat de sciences sociales et culturelles au Collège doctoral de recherche avancée (Sôgô kenkyû Daigakuin). Elle a notamment été chercheur invitée à la School of African and Oriental Studies de l'Université de Londres et a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet.

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