Promouvoir le Baccalauréat international au Japon

Iwasaki Kumiko [Profil]

[29.11.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le gouvernement japonais veut permettre à plus de lycées japonais d’offrir le programme du Baccalauréat international. Cela nécessite une attitude flexible, notamment pour harmoniser ce programme avec le système d’examen d’entrée à l’université.

Le Baccalauréat international : un diplôme qui attire de plus en plus l’attention

Le Baccalauréat international (BI), un programme éducatif qui conduit à une certification permettant l’accès à l’enseignement supérieur dans le monde entier, attire l’attention des milieux éducatifs japonais.

Le BI est offert par l’Organisation du baccalauréat international, une fondation de droit suisse basée à Genève qui, depuis 1968, a pour mission essentielle de fournir un programme commun à tous les établissements qu’elle reconnaît afin de mettre en place la certification du BI et de remettre le diplôme à ceux qui le réussissent. Au Japon, le BI est reconnu comme une qualification permettant l’accès à l’enseignement supérieur depuis l’autorisation du premier établissement scolaire le proposant en 1979.

Le BI a d’abord été adopté par les écoles internationales pour les enfants de parents travaillant majoritairement dans des organisations internationales. Ces écoles donnaient des cours particuliers pour les élèves qui voulaient poursuivre leurs études dans le supérieur. Mais c’était en contradiction avec le principe même des écoles internationales et coûtait en outre très cher à chaque école. Ainsi est née l’idée de la nécessité d’un programme scolaire international qui offrirait aux élèves l’ayant suivi pendant le secondaire l’accès à l’université et une qualification internationale reconnue dans le monde entier.

Au Japon aussi, c’est une école internationale qui a été la première à adopter le BI, suivie par d’autres, notamment des lycées privés, qui ont introduit cette certification tout en se conformant aux directives japonaise sur les programmes.

Les élèves de ces écoles obtenaient un diplôme basé sur une éducation bilingue, en japonais et en anglais et poursuivaient ensuite leurs études dans des universités tournées vers l’international tant en Europe et aux États-Unis qu’au Japon. En mars 2012, 16 établissements japonais l’offraient à leurs élèves de deuxième et troisième année, dont 11 écoles internationales, et 5 lycées privés.

L’objectif : 200 écoles proposant le BI à leurs élèves dans 5 ans

Si le BI, une certification confidentielle, attire ces dernières années plus d’attention, c’est parce le gouvernement japonais a décidé de promouvoir son introduction dans les écoles japonaises. Le document de juin 2012 intitulé « Une stratégie pour la formation des futurs acteurs internationaux » propose notamment de porter dans les cinq ans à environ 200 le nombre d’établissements proposant le BI à leurs élèves à la fin de leur études ou un niveau similaire.

La perception partagée au Japon par l’ensemble des acteurs économiques, académiques et publics, de la nécessité de prendre des mesures pour former des personnes sensibles aux réalités internationales, capables de faire preuve d’initiatives tant dans leur pensée que dans leurs actions, comme le demande le monde globalisé d’aujourd’hui qui se compose de groupes aux valeurs diverses et hétérogènes, explique le choix de cette stratégie.

Pendant longtemps, le Japon a développé sa culture originale et l’éducation nationale avait pour fonction de la transmettre. Mais avec les progrès de la mondialisation, les Japonais sont de plus en plus confrontés à des situations qui requièrent une sensibilité internationale telle qu’un mode de pensée, un comportement, une communication, des connaissances des règles, etc.. Ce sont des choses mieux développées dans les pays occidentaux ayant une histoire façonnée à travers la coexistence d’ethnies et de peuples divers. Tout cela fait que le système japonais de l’enseignement, longtemps basé sur l’idée de l’éducation du peuple pour bâtir la société homogène, ressent aujourd’hui le besoin de programmes scolaires adaptés aux nouvelles exigences de la société.

  • [29.11.2013]

Chercheur au bureau de recherche sur les politiques d’apprentissage tout au long de la vie du National Institute for Educational Policy Research. Titulaire d’un doctorat à l’Université de Tsukuba. Elle s’occupe du développement d’un modèle pour une version japonaise du Baccalauréat international dans les lycées publics. Elle a collaboré à plusieurs publications sur le sujet.

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