Les JO de Tokyo en 2020 : risque de canicule

Yanai Yumiko [Profil]

[10.02.2014] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | Русский |

Les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo pourraient être confrontés à une canicule. La journaliste sportive Yanai Yumiko, qui a couvert de nombreuses compétitions internationales, s’intéresse à l’impact d’une éventuelle canicule sur les athlètes.

Les JO d’été, calés sur les programmes télévisés occidentaux

Les Jeux olympiques de Tokyo débuteront le 24 juillet 2020, pour se clore le 9 août. Lorsque ce calendrier a été annoncé, de nombreuses personnes se sont sans doute demandé pourquoi les semaines les plus chaudes de l’été avaient été choisies pour organiser les Jeux.

Cependant, les dates des JO, décidées au moment de la candidature, ne sont en général pas modifiées par la suite. En effet, le CIO demande aux villes candidates de fixer le calendrier des compétitions sur la période du 15 juillet au 31 août.

Pourquoi le CIO impose-t-il ce calendrier ? Pour s’assurer d’un important nombre d’heures de diffusion sur les chaînes de télévision occidentales. Les droits de retransmission versés par les chaînes de télévision constituent l’une des principales sources de revenus du CIO. De ce fait, la retransmission des Jeux olympiques aux mois de juillet et août, une période de vacances pour les compétitions sportives les plus prisées en Europe et aux Etats-Unis, lui permet de s’assurer des revenus.

Les JO les plus éprouvants de l’histoire ?

En 1964, les JO de Tokyo ont débuté après les fortes chaleurs estivales, le 10 octobre, période à laquelle le temps est plus clément. Un autre exemple est celui des Jeux de Séoul en 1988, organisés en septembre et octobre pour éviter la chaleur, comme à Tokyo en 1964. Mais le calendrier était alors bousculé pour la dernière fois ; cette souplesse a aujourd’hui disparu, avec pour unique exception les JO organisés dans l’hémisphère sud, à Sydney en 2000, qui ont eu lieu en septembre.

Les JO de Tokyo en 2020, avec pour motto « les athlètes d’abord », ont pour objectif de permettre aux sportifs de réaliser leurs meilleures performances, mais la période choisie est la plus chaude de l’année à Tokyo. En particulier pour les athlètes des disciplines de plein air, cette compétition pourrait devenir la plus éprouvante de toute l’histoire des Jeux olympiques.

Depuis quelques années, la chaleur à Tokyo est de plus en plus intense. En 2013, au début du mois d’août, une vague de chaleur exceptionnelle a été enregistrée, avec des températures maximales autour de 35°C pendant plus d’une semaine. Le mercure dépassait 30°C dans la matinée et, dans l’après-midi, il n’était guère question de sortir, et encore moins de faire du sport. Les nuits étouffantes ne permettaient pas vraiment de prendre du repos et beaucoup de personnes sont tombées malades.

L’humidité du climat japonais, ennemie du marathon

La compétition olympique la plus exposée aux dangers de la chaleur est bien entendu le marathon. Dans le cas du Japon, la chaleur est déjà un problème, auquel vient s’ajouter l’humidité, dont les athlètes souffriront. En réalité, l’humidité est encore plus fatigante que la chaleur. De plus, les marathoniens, qui ont pour habitude de s’entraîner en altitude, c’est-à-dire dans des lieux frais, ont une moindre résistance à la chaleur.

Les coureurs font tout ce qu’ils peuvent pour évacuer leur chaleur corporelle : aux points de ravitaillement, ils boivent de l’eau et des boissons spéciales riches en électrolytes et en sucres et s’aspergent les parties du corps qui émettent le plus de chaleur, comme la tête et les cuisses par exemple.

Cependant, le risque d’insolation existe malgré tout. On se souvient de l’athlète suisse Gabriela Andersen-Schiess qui a franchi la ligne d’arrivée en titubant aux JO de Los Angeles, en 1984. Elle a ensuite avoué qu’avant l’épreuve, elle s’était entraînée dans des lieux frais, et n’était pas habituée à une chaleur étouffante comme celle de Los Angeles.

Depuis, le départ du marathon est généralement donné tôt le matin. Précisons que l’horaire de démarrage des diverses épreuves est fixé par le comité organisateur (qui devrait être formé début 2014 pour les JO de Tokyo).

  • [10.02.2014]

Journaliste sportive née en 1966 à Hokkaido. Diplômée de l’Université de Hokkaido, elle intègre le Sports Nippon Newspaper, où elle couvre le tennis, les JO et le football entre autres. Depuis son départ du journal en 2006, elle a écrit de nombreux ouvrages sur le football.

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