La culture liée à la consommation de café dans le Japon d’aujourd’hui

Takai Naoyuki [Profil]

[24.06.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Entre le succès du café à 100 yens en supérettes et l'arrivée en fanfare du célèbre café américain Blue Bottle Coffee, le marché japonais du café fait preuve d’un beau dynamisme. Les cafés de province, auxquels on doit l’émergence d’une culture originale autour de la consommation de café au Japon ne sont pas en reste.

En province aussi, la culture autour du café est florissante

Nous nous trouvons au Saza Coffee, dans la ville de Hitachinaka, préfecture d’Ibaraki, ville de province de taille moyenne, environ 150 000 habitants, à proximité de Mito, la capitale de la préfecture. Le café est situé à 10 minutes à pied de la gare de Katsuta, localisée à 1 heure et 30 minutes par le train express depuis la gare de Tokyo.

Consultez la carte, vous avez le choix entre un « Saza Special Blend », un « Saza Glorious » (Colombie), un « Gorda Los Pirineos » (El Salvador), un « Kenya », un « Mandheling » (Indonésie), un « Gesha Natural 97 » (Panama)…, plus de 20 sortes de cafés d’exception. Bon nombre d’entre eux sont produits par des exploitations en contrat direct avec Saza Coffee dans chaque pays.

Il y a 46 ans, M. Suzuki Yoshio, un passionné de grands cafés, ouvrait son établissement, proposant des crus uniques de diverses origines et provenances. Au fil des ans, il s’est constitué une importante clientèle d’aficionados.

Il faut découvrir cette richesse dans l’offre d’un établissement comme celui-ci, situé non pas dans une grande métropole, ni dans un quartier d’affaires, mais dans une ville moyenne de province, pour comprendre qu’il y a là comme un symbole de la bonne santé de la culture liée à la consommation de café dans le Japon d’aujourd’hui.

Saza Coffee, à Hitachinaka.

Le café des supérettes et les cafés à capitaux étrangers

Tout d’abord, il faut dire que les établissements conçus autour d’un espace de consommation ouvert, désignés sous le nom de « cafés », en français, sont relativement récents : ils ne sont apparus que dans les années 1990. Auparavant, les établissements où l’on pouvait boire du café étaient des endroits plutôt sombres et clos, et on les appelait des « kissaten ».

Le premier Starbucks a ouvert à Ginza en 1996. 19 ans plus tard, on en dénombre plus de 1000, répandus dans l’ensemble des 47 préfectures du pays.

Mais s’agissant des évolutions récentes de la consommation de café au Japon, il faut aussi noter l’apparition en 2013 d’un café en self-service vendu dans le réseau des supérettes Seven-Eleven (le géant du secteur avec 16 000 points de vente) : le « Seven Café » vaut 100 yens (taille « Regular »). Vous payez à la caisse, où on vous remet un gobelet. Il ne vous reste plus qu’à poser le gobelet sous le bec de la machine et à appuyer sur le bouton. Ce mode de consommation est devenu très populaire dans les quartiers d’affaires, où on voit de plus en plus de gens se diriger vers le bureau leur gobelet à la main. 120 tasses seraient vendues par jour en moyenne de cette façon dans l’ensemble du réseau.

Depuis, en février 2015, le boum de la « troisième vague du café » a traversé l’océan Pacifique de la Côte Ouest des États-Unis, avec l’ouverture d’un premier Blue Bottle Coffee à Kiyosumi-Shirakawa, Tokyo. Le second a ouvert à Minami-Aoyama, le quartier le plus branché de la capitale, en mars, et c’est la queue en permanence !

Selon des données statistiques de 2012, il y aurait au Japon un peu plus de 70 000 points de vente de café (y compris les « kissaten »). Ajoutons à cela les cafés temporaires à l’occasion d’événements publics, et les points de vente des superettes et des chaînes de fast-food, le nombre d’établissements qui servent du café est alors bien supérieur.

Peut-être vous êtes-vous fait maintenant une idée de la popularité du café au Japon. Même si les chiffres restent en deçà de ceux des États-Unis ou de l’Europe, le Japon est l’un des principaux pays importateurs de café dans le monde.

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  • [24.06.2015]

Journaliste économique, consultant en gestion. Né à Nagoya en 1962. Après un passage chez Nihon Jitsugyô publishing (édition) puis chez Kao (cosmétiques, produits de consommation courante), entre dans sa carrière actuelle. À partir de 2007, il commence à recueillir des informations sur le café, tient une chronique dans un magazine spécialisé et donne des commentaires sur le café à la télévision et à la radio. Principale publications : Les Japonais et le café (Kôdansha, 2014), Pourquoi se vend-il malgré un prix élevé ? (Bungei Shunjû, 2011), Grandeur et décadence des cafés japonais (Nikkei Publishing Inc., 2009), etc.

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