Des lycéennes exploitées par le « JK business »

Ishikawa Yûki [Profil]

[29.05.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

L’utilisation d’Internet via les smartphones permettent à certaines lycéennes de trouver un petit boulot. Il consiste à offrir à une clientèle masculine adulte toute une gamme de services. Beaucoup d’entre elles sont attirées par l’idée de gagner de larges sommes d’argent en travaillant peu. Nous présentons dans cet article la réalité et les dangers de la pratique de ces services fournis par des lycéennes, appelés JK business.

Des offres d’emploi sur les réseaux sociaux

Le terme « JK business » au Japon renvoie aux petites entreprises proposant à une clientèle masculine des services fournis par des lycéennes (JK est l’abréviation de joshi kôsei, soit « lycéennes »). Ces services peuvent prendre diverses formes : faire une promenade ensemble, se rencontrer dans un café ou encore prendre des photos de la jeune fille en tenue cosplay. Certains services proposent même de se serrer dans les bras, de dormir à côté d’elle ou de recevoir un massage.

Selon une enquête de la Police métropolitaine de Tokyo, il y avait 174 agences en janvier 2016 proposant de tels services rien qu’à Tokyo. Depuis qu’un nombre important de ces pratiques ont été signalées suite au renforcement de la loi sur la protection de l’enfance, beaucoup d’entreprises du JK business n’ont plus de locaux fixes. Une connexion Internet et des bureaux à louer temporairement suffisent pour s’occuper des clients et des lycéennes grâce aux réseaux sociaux. Les utilisateurs peuvent choisir sur internet le lieu et la date de la rencontre, ainsi que d’autres critères. De l’autre côté, les lycéennes postulent à travers les sites d’offres d’emploi et les réseaux sociaux.

Aucun sentiment de culpabilité pour certaines

Voici des exemples d’offres d’emploi que l’on peut trouver sur les sites spécialisés dans ce domaine :

« Nous recrutons des lycéennes pour travailler comme guide accompagnatrice ! Salaire horaire élevé garanti si vous postulez maintenant. Beaucoup de lycéennes gagnent plus de 20 000 yens en travaillant trois heures par jour ! »

« CV non requis. Date et heure de l’entretien selon votre convenance. Nous garantissons qu’aucune information personnelle ne sera divulguée. »

« Postulez en toute simplicité. Gagnez de l’argent facilement pendant votre temps libre. Nous sommes associés à des agences artistiques et beaucoup de nos employées trouvent du travail comme mannequin ou dans les médias. »

« Nous sommes une société de premier ordre pleinement agréée. Nous ne vous ferons jamais pression pour accepter un travail. Nous respectons les termes des contrats signés avec nos employées. »

Une des offres mentionne « guide accompagnatrice », mais en réalité le travail consiste à faire des promenades avec les clients. De plus, ces derniers peuvent choisir des options supplémentaires, comme « se tenir par la main » ou « faire du karaoke ensemble ». Certaines entreprises vont bien plus loin, en proposant secrètement à leur clientèle d’avoir des rapports sexuels avec les lycéennes.

D’après un sondage (Institut STEP, mars 2016) mené auprès de 515 collégiens et lycéens de Tokyo, 63 % d’entre eux avaient entendu parler du JK business et 9,5 % connaissaient quelqu’un y ayant déjà travaillé. De plus, une partie considérable des sondés avait un avis positif sur le sujet. En effet, à la question « que pensez-vous des personnes travaillant dans le JK business », 22,9 % avaient répondu « elles le font parce qu’elles ont besoin d’argent, on ne peut rien y faire » et 10,5 % « tant qu’elles prennent du plaisir dans leur travail, il n’y a pas de problème ». De plus, 8,3 % d’entre eux étaient même très intéressés par ce genre de travail, estimant que « c’est une nouvelle manière pour les jeunes étudiantes de gagner de l’argent dans la société actuelle ».

Qu’est-ce qui incite les lycéennes à accepter ce genre de travail et quelle est la réalité du JK business ?

  • [29.05.2017]

Journaliste, Ishikawa Yûki a réalisé, notamment sur Internet, de nombreuses enquêtes sur la thématique des jeunes et des enfants, sur les enfants battus, sur la famille et l’éducation, et creuse les différents problèmes qui se posent à la famille actuelle. Ses principaux reportages publiés : Enfants non-localisés : les enfants disparus (Chikuma shinsho, 2015), Ma femme souffre de névrose (Poplar shinso, 2014), Les enfants sans lien social (Chûkô shinsho La Clef, 2011), etc.

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