Six ans après le séisme : un nouveau centre commercial pour une ville frappée par le tsunami
La situation semble s’améliorer à Minami-Sanriku

Kikuchi Masanori [Profil]

[21.03.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | Русский |

La ville de Minami-Sanriku, dans la préfecture de Miyagi, a été dévastée par le tsunami du 11 mars 2011. Près de six ans plus tard, l’ouverture tant attendue d’un centre commercial permanent suscite de grands espoirs quant à l’accélération du rétablissement de la communauté. Mais les défis à relever restent considérables.

La foule afflue de nouveau

Le 3 mars 2017, le centre commercial Shizugawa Sun Sun a ouvert ses portes à Minami-Sanriku, une ville du littoral de la préfecture de Miyagi dévastée le 11 mars 2011 par le grand tremblement de terre de l’est du Japon et le tsunami qui l’a suivi. Le nouveau quartier commerçant remplace une installation provisoire ouverte en février 2012. Maintenant que des magasins permanents sont en place, la ville espère retrouver la vitalité que procure un point de ralliement où les habitants peuvent effectuer leurs courses quotidiennes.

C’est le célèbre architecte Kuma Kengo qui a conçu les lumineuses structures en bois de cèdres japonais provenant de la ville même de Minami-Sanriku.

Ce jour-là, malgré le froid et le vent cinglant qui soufflait, le centre commercial Sun Sun a accueilli une foule de visiteurs venus de la ville et de l’extérieur. Abe Tadahiko, à la tête de l’association des commerçants du quartier, arborait un sourire resplendissant en contemplant les nouvelles boutiques lors de leur premier jour d’ouverture : « Tout au long des dix années qui ont suivi la catastrophe, nous avons dépensé tellement d’énergie pour remettre nos boutiques en état. On est vraiment content de voir enfin arriver le jour de la réouverture. »

Un nouvel emplacement pour les boutiques

La zone commerciale et ses vingt-huit boutiques, qui occupent un terrain situé 600 mètres plus près de la mer que les magasins provisoires utilisés par les résidents au cours des cinq dernières années, consiste en cinq longs édifices en bois d’un seul étage. Les coûts de construction se sont élevés à environ 700 millions de yens, dont quelque 500 millions ont été pris en charge par le fonds public pour la reconstruction. Vingt-trois commerçants ont transféré leur boutique du site provisoire au nouvel emplacement permanent et cinq nouveaux arrivants les ont rejoints.

« C’est un soulagement de pouvoir enfin ouvrir », dit Abe Tadahiko, le dirigeant de l’association des commerçants du quartier.

M. Abe, qui tient Abe Chaho, un salon de thé pâtisserie, nous a parlé de la détermination des commerçants à réussir sur leur nouvel emplacement. « Nous voici vraiment sur la ligne de départ. Le contexte n’est pas propice aux affaires et nous sommes confrontés à un grand nombre de problèmes, mais nous sommes prêts à faire cause commune dans nos efforts en vue de prospérer et de répondre aux besoins des habitants de la ville. »

Je suis resté quelque temps à Minami-Sanriku peu après la catastrophe du 11 mars 2011, et un nouveau séjour, effectué deux années plus tard, en mars 2013, a été pour moi l’occasion de publier un reportage. Aujourd’hui, la ville offre un visage complètement différent, grâce au progrès spectaculaire de la construction de logements publics le long des coteaux situés à l’intérieur des terres. Le remblai excavé de ces collines en vue de créer des emplacements pour les nouvelles maisons a été transportée par camions jusqu’aux parties basses de la ville ravagées par la catastrophe et empilé en pyramides brunes aplanies au sommet.

Le centre commercial Sun Sun est situé sur l’une de ces plates-formes, à environ dix mètres au-dessus du niveau de la mer. À l’ouest des boutiques, au fond la vallée bordée par les espaces surélevés, se dresse la charpente renforcée de l’unique ancien bâtiment de la mairie resté en place après que le tsunami de quinze mètre de haut a balayé la communauté. Cette charpente métallique tordue a été préservée pour rappeler les ravages du 11 mars 2011.

Plates-formes surélevées à proximité de la zone commerciale. À droite se dresse la charpente rouge de l’unique bâtiment de la mairie resté debout après le passage du tsunami.

  • [21.03.2017]

Né en 1965 à Hokkaidô. A été journaliste au quotidien Hokkaidô Shimbun, puis journaliste indépendant. Écrit des reportages basés sur des interviews et des chroniques à caractère social pour des revues comme Aera, Chûô Kôron, Shinchô 45 et President.

Articles liés
Articles récents

Nippon en vidéo

Derniers dossiers

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone