Les cours du soir aident les élèves étrangers à s’adapter aux écoles japonaises

Yoshida Norifumi [Profil]

[22.08.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Pendant de nombreuses années, les cours du soir ont offert de précieuses opportunités d’études aux personnes qui, dans le chaos de l’après-guerre, n’avaient pas pu finir leur scolarité. Aujourd’hui, ils répondent à la nouvelle demande générée par l’augmentation du nombre des élèves étrangers s’inscrivant dans les écoles japonaises.

Au printemps dernier, le Comité éducatif de Kawaguchi, dans la préfecture de Saitama, a annoncé son projet d’ouverture d’un collège proposant exclusivement des cours du soir dès le début de la nouvelle année scolaire, en avril 2019. Le comité a déclaré qu’il souhaitait que la nouvelle école ne se contente pas d’assurer la prise en charge des enfants pour qui la fréquentation régulière d’une école est problématique du fait de leur situation familiale, de difficultés économiques ou de brimades infligées par leurs camarades, mais qu’elle contribue en outre à répondre aux besoins des enfants issus de parents étrangers, qui sont de plus en plus nombreux à vouloir suivre des cours en vue d’améliorer leur pratique de la langue japonaise.

À Kawaguchi, une école du soir indépendante fonctionne depuis les années 1980, grâce au travail bénévole fourni par des habitants de la ville. Un groupe similaire, longtemps associé à ces bénévoles de Kawaguchi, apporte son aide à l’École du soir indépendante de Matsudo, dans la préfecture de Chiba. Les deux groupes exercent depuis des années des pressions sur les autorités locales et nationales pour les inciter à créer une école du soir officielle intégrée dans le système scolaire de la municipalité.

Un soutien scolaire totalement gratuit

À l’École du soir indépendante de Matsudo, les cours sont dispensés de 18 h à 21 h, dans quatre salles de la mairie.

L’ École du soir indépendante de Matsudo a ouvert ses portes en 1983, à l’initiative des bénévoles locaux. À l’époque, la majorité des élèves étaient des gens qui, dans le chaos lié à la Seconde Guerre mondiale et à ses séquelles, n’avaient pas pu achever le premier cycle du secondaire pour diverses raisons.

Entre-temps, l’établissement s’est de plus en plus tourné vers les enfants qui avaient quitté l’école à la suite de brimades et les élèves souffrant d’un handicap. Jusqu’ici, 1 700 personnes ont fréquenté l’école.

Le personnel se compose d’une trentaine de personnes, toutes bénévoles – anciens professeurs des écoles, salariés du privé et fonctionnaires. Ils sont en moyenne une vingtaine à donner des cours en permanence. Ce sont les élèves qui choisissent les matières qu’ils veulent étudier et s’adressent ensuite à un membre de l’équipe qui les leur enseigne. L’école, ouverte de 18 à 21 heures, propose des cours collectifs, un enseignement individuel et des cours privés. Normalement, les élèves optent pour une combinaison de ces trois options. Il n’y a ni examen d’entrée, ni droit d’entrée, ni frais mensuels. Nombre d’enfants fréquentent l’école pendant deux ou trois ans, après quoi ils vont poursuivre leurs études ou travailler ailleurs. Les fonds nécessaires au fonctionnement de l’école proviennent des cotisations versées par quelque 250 adhérents, ainsi que de certaines activités, comme par exemple la vente de takoyaki (boulettes de pâte contenant des morceaux de poulpe), préparés par les membres de l’équipe sur un marché aux puces local.

  • [22.08.2017]

Né en 1967. Journaliste traitant essentiellement du monde du travail et des questions sociales. Auteur de divers ouvrages, dont Modaeru shokuba (Les lieux de travail dans la tourmente).

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