Série Les frontières de la science
À la recherche du corps féminin idéal
La lingerie japonaise Wacoal
[01.12.2014] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le temps où la lingerie se contentait d’améliorer l’apparence du corps féminin est révolu, maintenant ce qui est demandée à la lingerie féminine, c’est de créer une belle attitude corporelle. Le laboratoire du corps humain de Wacoal, qui fête cette année son 50e anniversaire, compile chaque année les mensurations complètes d’un millier de femmes et les analyse scientifiquement pour créer de nouveaux modèles de sous-vêtements.

Ce qui est demandé à la lingerie : « mouvement » et « belle attitude »

Le Good Up Bra (lancé en 1992), un soutien-gorge à double armature qui lui donnait une poussée révolutionnaire à la fois par le bas et par le haut du bonnet en fibres amorphes, est resté dans les mémoires grâce à son slogan original : « Yosete, ageru » (rapprocher et soulever). Sa technologie révolutionnaire lui permettait de dessiner un sillon entre les seins en les soulevant par en bas et sur les côtés. Ce produit phare de Wacoal a généralisé auprès des femmes japonaises la conscience qu’il était possible de créer la silhouette idéale dont chacune rêvait pour elle-même.

Le « Soutien-gorge de la Promesse » (Yakusoku no bra), le dernier né de chez Wacoal, sorti en juillet 2014 (voir la photo de titre), en plus de « rapprocher et soulever » permet d’« affiner » la silhouette. Une pièce textile de structure appelée Yose-Age-sheet (pièce qui rapproche et soulève) dont le brevet est en cours d’enregistrement, fait le lien entre la bordure du bonnet et la bretelle, ce qui apporte au sein plus de volume tout en maintenant une armature oblique qui affine la silhouette. Les flancs sont dégagés , la silhouette mieux galbée.

Car la lingerie ne se contente plus aujourd’hui d’améliorer l’apparence corporelle. Ce qui est demandé à un sous-vêtement aujourd’hui, c’est de créer la possibilité de la « belle attitude » dans chacun des mouvement du corps.

Pour rendre belles les femmes assises au bureau

Une nouvelle habitude : être belle même assise à son bureau. La taille a besoin d’être soutenue pour ne pas s’affaisser en position assise prolongée, et maintenir une attitude belle et confortable dans les hanches et la ligne de ventre. En coordination avec le « Soutien-gorge de la Promesse », une jolie façon d’être assise est maintenant à la portée de toutes.

La « Belle assise » (Chakuseki bijin), depuis l’été 2014, est une culotte gainante qui évite au bas du dos de s’affaisser en station assise. Le bassin reste bien droit, ce qui permet de conserver une belle attitude assise. Les matières stretch utilisées soutiennent l’attitude, aussi bien devant que de dos, des hanches à l’abdomen. Elle produit un effet hip-up en position debout, qui maintient le bassin vertical en position assise.

« La majorité des femmes qui travaillent sont assises toute la journée devant un bureau. En position assise prolongée, il est très difficile d’éviter de perdre sa tenue et de se replier en avant. Le dos s’affaisse, ce qui augmente l’effort demandé au bas du dos. Mon travail me demande moi-même de rester des journées entières assise et je voulais depuis longtemps un sous-vêtement qui évite cette fatigue. C’est la raison pour laquelle nous avons développé ce modèle, déclare Sakamoto Akiko, du laboratoire du corps humain Wacoal, qui a fait partie de l’équipe qui a développé la « Belle assise ».

Comprendre les mécanismes des modifications de la silhouette avec l’âge

Au laboratoire du corps humain Wacoal, on étudie le corps féminin, afin de développer de nouveaux produits à partir d’une approche scientifique des données. Chaque année, les mensurations détaillées de 1000 femmes, âgées de 4 à 69 ans sont récoltées systématiquement. Ce sont les données complètes de 40 000 femmes qui ont été collectées dans la base de données en 50 ans d’existence. Parmi ces femmes, 200 sont suivies sur une base semestrielle pour voir comment leurs corps évoluent. Le laboratoire possède ainsi environ 30 ans de données chronologiques d’importance capitale, qui lui ont permis de formuler certaines lois de la modification des formes du corps avec l’âge.

En premier lieu, le corps globalement s’épaissit, la taille devient de moins en moins marquée, les fesses s’affaissent vers l’intérieur, la poitrine vers l’extérieur. L’âge d’apparition de ces signes varie pour chacune, mais l’ordre de ses modifications est assez constant chez toutes les femmes. D’autre part, une fois un processus amorcé, il n’est pas possible de revenir en arrière.

Modification de la poitrine avec l’âge. Au-delà de la vingtaine, la poitrine commence à s’affaisser, certaines femmes peuvent se trouver à l’étape 2 déjà avant 30ans.

Modification de la forme du ventre avec l’âge. Le processus s’enclenche à un âge différent selon les femmes, certaines peuvent être à l’étape 0 à la quarantaine.

« L’équilibre hormonal se modifie avec l’âge, ainsi que l’équilibre des graisses et de la glande mammaire. Non seulement la poitrine pendant la phase de croissance, avant 20 ans, ne contient pas la même proportion de graisses et de glande qu’à 40 ans, mais la peau n’a pas non plus la même élasticité. Pour choisir un soutien-gorge, la taille n’est pas le seul critère à prendre en ligne de compte. Il importe de choisir un modèle qui correspond à la forme et la souplesse de votre poitrine actuelle », explique Mme Sakamoto.

Ces deux modèles ont été réalisés par intégration de l’ensemble des données dont dispose aujourd’hui le laboratoire Wacoal. À gauche entre 20 et 30 ans, à droite entre 40 et 50 ans. On observe un léger affaissement après 40 ans.

Des habitudes quotidiennes pour préserver une silhouette jeune

En plus de la constitution de cette base de données de mensurations, le laboratoire effectue également des enquêtes sur les habitudes et la conscience des femmes de leur corps, sous forme d’interviews. Cela a permis d’observer que les femmes dont le corps ne se modifie pas ou presque pas en fonction de l’âge possèdent certaines habitudes de vie en commun. « Se tenir toujours bien, en préservant un équilibre bilatéral », « beaucoup marcher », « marcher vite et à grandes enjambées », « des habitudes alimentaires saines et régulières », « bien dormir », font partie de ces habitudes de vies que possèdent toutes ces femmes. Celles qui conservent de telles habitudes pendant de longues périodes de 10 ou 20 ans sont les femmes qui ont le plus de chances de maintenir un corps intact au-delà de l’âge.

Il n’est pas facile de modifier des habitudes quotidiennes de vie fortement ancrées, mais Wacoal développe des sous-vêtements qui aident à y parvenir. Pour changer ses habitudes de vie, le meilleur moyen est d’abord de changer de lingerie.

Les culottes gainantes « Fitness Walker » et « Cross Walker » de Wacoal sont conçues pour soutenir au niveau des cuisses et des articulations de la jambe grâce à des matériaux textiles qui agissent comme un bandage adhésif thérapeutique. Marcher avec des pas plus amples devient plus facile avec ces culottes gainantes. Cela a donc un effet comparable à un exercice physique pour brûler les calories, comme une séance en salle de gym.

Un système exclusif pour mesurer la quantité de confort

Système d’évaluation de la pression des vêtements. Cet appareillage permet de simuler divers mouvements, comme la marche. Quand on lui met des sous-vêtements, les sensors indiquent les zones de pression et de frottement, ce qui permet d’optimiser le confort.

Les sous-vêtements sont aujourd’hui capables d’améliorer la silhouette et de contrôler l’attitude des mouvements, mais une fonctionnalité supérieure n’est rien sans un confort optimal.

« Le confort est l’exigence numéro 1. Un sous-vêtement doit être agréable à porter, et pour cela il faut assurer le confort sur la peau, l’aération du tissu et la facilité de mouvement. Parce que c’est un vêtement que l’on porte tous les jours, la solidité et la qualité de design sont également essentielles, et ce sont des aspects que nous associons en permanence à la dimension fonctionnelle de nos produits », explique Mme Sakamoto.

Les sous-vêtements sont en contact direct avec la peau, s’ils sont trop serrés ils deviennent dérangeants, et s’ils bougent, ce n’est pas confortable non plus. C’est pour cela que Wacoal a développé un système exclusif d’évaluation de la pression des vêtements, qui permet de mesurer objectivement la « quantité de confort ».

Sakamoto Akiko, chercheuse au laboratoire du corps humain de Wacoal, au pupitre de commande du système de mesure par laser 3D sans contact.

Les mensurations sont toujours effectuées manuellement avec un mètre ruban de couturière traditionnel, mais depuis ces dernières années, un laser 3D sans contact a également été introduit. Et quand il s’agit de mesurer des notions difficilement quantifiables comme le confort, on fait appel aux cinq sens des chercheuses.

(D’après un article original en japonais d’Ushijima Bifue. Photographies avec l’aimable autorisation du laboratoire du corps humain de Wacoal.)

  • [01.12.2014]
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