Série Entreprises made in Nippon
La passion de l’amélioration de la sécurité sur le lieu de travail
AS (Advanced System)
[30.08.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | Русский |

L’entreprise AS (Advanced System) a mis au point un système à la pointe de la technologie qui permet d’isoler le lieu de travail du bruit et des vibrations. Elle a aussi créé un système parasismique appelé « isolateur de base » destiné à protéger les œuvres d’art et les objets de valeur. Grâce aux produits et aux services qu’elle propose, et à l’enthousiasme de son personnel, AS connaît une réussite remarquable non seulement au Japon mais aussi dans le reste du monde.

Une technologie axée sur l’avenir

L’entreprise AS a été fondée à la fin des années 1970. Elle portait alors le nom de Air Spring. A l’époque, les Japonais commençaient à prendre conscience de la gravité du problème de la pollution. AS s’est lancée corps et âme dans la recherche de solutions dans ce domaine, mais pas en ce qui concerne l’air et l’eau comme c’est le cas le plus souvent. Elle a choisi de concentrer ses efforts sur la suppression des bruits et des vibrations sur les lieux de travail et de production de façon à permettre aux employés de vaquer à leurs occupations dans de meilleures conditions de sécurité et de confort. Autrement dit, AS s’est surtout intéressée non pas à l’environnement naturel mais à celui du lieu de travail.

Hayakawa Masamitsu, président de AS, a pris les devants pour lancer son entreprise dans la recherche de solutions aux problèmes environnementaux des lieux de travail et de production.

La technique de l’« isolement bas » qui a été mise au point par AS pour protéger les structures et les édifices contre les séismes a été adoptée par de nombreux pays ces dernières années. Grâce à elle, quantité d’activités industrielles et de biens matériels ont échappé aux ravages provoqués par le terrible séisme qui a frappé le Japon le 11 mars 2011. La clairvoyance dont AS a fait preuve en développant cette technologie d’une importance capitale lui a valu l’estime de nombreux clients dans le monde entier.

Etant donné la réputation mondiale de AS, on est surpris quand on voit la taille modeste de ses ateliers et le petit nombre de machines et d’employés qu’ils abritent. « Nous ne faisons pratiquement rien sur place », explique Hayakawa Masamitsu, le président de AS. En fait, ce que produit l’entreprise ce n’est pas des biens matériels mais des technologies de pointe.

Nous allons maintenant examiner de plus près la façon dont fonctionne cette société si exigeante en matière de professionnalisme.

Prévenir les risques de surdité liés aux conditions de travail

Quand AS a été fondée en 1978, elle s’est lancée dans le secteur de l’industrie du caoutchouc et ce n’est que plus tard qu’elle s’est orientée vers les problèmes posés par le lieu de travail en matière d’environnement. « A l’origine », raconte Hayakawa Masamitsu, « Air Spring produisait des dispositifs résistants aux vibrations à base de ressorts pneumatiques (en anglais air spring), un des secteurs de l’industrie du caoutchouc. Nous avons étendu nos activités en créant Advanced System qui devait se consacrer au développement de nouvelles technologies. Nous nous sommes lancés dans cette aventure, parce que nous pensions que cela nous permettrait d’acquérir de nouvelles compétences et d’élargir notre clientèle. Au début, nous avons essentiellement produit de l’isolation contre le bruit et les vibrations destinée aux fabricants de presses pour les carrosseries automobiles. »

Système d’isolation phonique : une double structure d’isolation phonique et de matériaux insonorisants placée à l’intérieur des portes empêche les sons de passer.

L’isolation phonique d’une presse de forge consiste en général à implanter des murs et des espaces spécialement conçus pour absorber le bruit qu’elle produit. L’isolation contre les vibrations implique quant à elle un dispositif spécial conçu pour empêcher la transmission des vibrations venant du haut vers le bas. Mais quand AS s’est intéressée à ce domaine, la demande était beaucoup moins importante que ce qu’elle avait prévu. A l’époque, l’objectif prioritaire des entreprises était de fabriquer des équipements et elles n’envisageaient absolument pas de consacrer des fonds aux problèmes environnementaux du lieu de travail. Mais les choses ont commencé à changer en 1967, avec l’adoption par le Japon de la Loi sur la prévention de la pollution de l’environnement qui a fixé le niveau sonore maximum autorisé sur le lieu de travail à 85 décibels, de façon à prévenir tout risque de surdité chez les travailleurs ne portant pas de protège-tympans.

« La première chose sur laquelle nous avons mis l’accent, c’est l’isolation phonique », continue Hayakawa Masamitsu, « parce qu’un environnement trop bruyant peut rendre sourd ceux qui y travaillent. Notre but principal était de nous assurer que les salariés ne finissent pas par perdre l’audition. Et il s’est avéré qu’en poursuivant cet objectif, nous avons fini par répondre à des besoins de l’époque. Mais cela ne fait pas plus d’une dizaine d’années que les gens ont vraiment pris conscience de la nécessité d’améliorer la qualité de l’environnement sur le lieu de travail. »

La situation a encore évolué un peu plus tard, quand les gens ont commencé à s’intéresser à l’isolation contre les vibrations. Ils se sont mis à réaliser que pour faire face à une crise, quelle que soit son ampleur, il faut des compétences particulières.

La technique antisismique de l’ « isolement bas »

Outre l’isolation contre le bruit et les vibrations, AS s’est affirmé dans une autre domaine capital, celui de l’« isolement bas », qui empêche l’énergie produite par un tremblement de terre ou une autre source de se transmettre de bas en haut. Le grand séisme qui a frappé le Nord-Est du Japon en 2011 a prouvé l’efficacité remarquable de ce système.

« Nous avons mis au point un système d’isolement bas pour une usine de semi-conducteurs où nous l’avons installé à titre expérimental », commente Hayakawa Masamitsu. « Quand le séisme a eu lieu, il a détruit pratiquement tout ce qui n’avait pas été isolé par ce système alors que les équipements protégés par la technique de l’isolement bas sont restés absolument intacts. Tout ceci est loin d’être passé inaperçu si bien que maintenant, nous avons tellement de commandes que nous ne savons plus où donner de la tête. »

A l’heure actuelle, on utilise aussi la technique de l’isolement bas pour protéger les objets fragiles, entre autres les œuvres d’art et les équipements de serveurs. « Quand il s’agit d’une galerie d’art », précise Hayakawa Masamitsu, « il faut que l’isolateur de base soit aussi petit que possible, de façon à ne pas être visible. Un appareil qui se voit, dans une galerie, c’est impensable. » Un exemple d’isolateur de base discret, c’est celui qu’a installé AS au Musée national d’art occidental de Tokyo pour protéger Le Penseur de Rodin.

Hayakawa Masamitsu montre le fonctionnement de l’isolateur de base utilisé pour protéger les œuvres d’art.

Le président de AS donne plus de détails sur le fonctionnement du système de protection des œuvres d’art :

« Le support sur lequel est placée l’œuvre d’art a la même forme que ceux qu’on utilise en général dans les musées, à ceci près qu’il est monté sur des roues posées sur des rails orientés dans quatre directions. Quand un séisme se produit, les roues et les rails réagissent à la manière d’un pendule. La structure à deux niveaux du support lui permet de bouger non seulement vers l’avant et vers l’arrière mais aussi latéralement, vers la droite et la gauche. Le déplacement des vibrations, y compris les vibrations obliques, dans toutes les directions permet de les absorber. »

Structure de l’isolateur de base monté sur rail (TCR)

Ce qui fait l’originalité de l’isolateur de base monté sur rail, c’est sa structure mobile simple roue/rail qui fonctionne suivant le même principe que celui du pendule.

Source : Advanced System (Tuned Configuration Rail base isolator)

Pour absorber les vibrations, les roues de l’isolateur de base TCR glissent sur les rails sur une distance relativement importante.

Encourager le professionnalisme des employés

Pour créer un produit axé sur l’avenir comme l’isolement bas, il faut faire preuve de remarquables qualités d’organisation. AS avait besoin d’une structure qui lui permette d’avoir une approche proactive pour vendre des technologies en tant que produit.

« En fait, nous sous-traitons à 99 % la fabrication de nos produits et ne faisons pratiquement rien nous-mêmes dans notre atelier », déclare Hayakawa Masamitsu. « Ce qui veut dire que nous concentrons nos efforts sur le processus général de planification (depuis la phase de conception jusqu’à la mise en œuvre), la gestion du projet et l’optimisation des coûts. Et nous faisons breveter toutes ces opérations. Voilà en quoi consiste notre stratégie. La plupart de nos brevets sont en rapport avec l’isolement bas. »

AS est un groupe spécialisé dans la très haute technologie. Hayakawa Masamitsu continue en décrivant le type de formation nécessaire dans la perspective de son entreprise :

« Si une entreprise laisse toutes les responsabilités entre les mains de son président, les jeunes employés ne grandiront jamais. Notre stratégie est la suivante : pour chaque technologie nous attendons le moment opportun pour choisir l’employé le plus capable de gérer entièrement la situation. C’est un peu comme si on lui disait tout d’un coup : “Bon ! A partir de maintenant, le directeur, c’est toi.”

Au début, les employés qui se retrouvent dans cette position se montrent parfois hésitants. Pourtant la seule façon pour eux de progresser, c’est d’assumer ce type de responsabilités. Sinon, ils finissent invariablement par tomber dans des relations de dépendance. Nos employés apprennent davantage par l’expérience que par les directives que nous pourrions leur donner. Nous voulons que tous nos techniciens deviennent des professionnels avec une grande capacité de planification en termes non seulement d’isolation phonique, d’isolation aux vibrations et d’isolement bas, mais aussi de respect des délais. Bref, ils doivent être capables de se débrouiller avec une entreprise. »

Loyauté et compassion : deux qualités essentielles

D’après Hayakawa Masamitsu, l’esprit qui anime AS repose sur de « vieilles » notions traditionnelles. « J’accorde une grande importance aux concepts de loyauté et de compassion. Certains éprouvent de la gratitude envers leur entreprise, quelle qu’elle soit, alors que d’autres ne la considèrent qu’en termes de travail. Pour ma part, je trouve un peu triste l’idée que l’on ne ressente aucune gratitude envers son employeur. Je souhaite que les employés de AS soient soudés par des liens fondés sur la loyauté et la compassion. Et je n’ai pas envie que nos clients nous considèrent uniquement comme des pourvoyeurs de biens matériels. Je veux qu’ils aient conscience de la véritable valeur de l’insonorisation, de la réduction des vibrations et de la sécurité en cas de séisme que nous leur fournissons. La véritable valeur de ce qu’ils nous achètent, c’est celle des solutions que nous trouvons à leurs problèmes. »

En 2011, AS a entrepris de développer ses activités à l’étranger et ouvert un bureau à Pékin. La fonction principale de ce bureau sera l’installation d’isolateurs de base pour les galeries d’art et les serveurs informatiques, mais il sera aussi chargé de promouvoir les activités d’isolation au bruit et aux vibrations dans le secteur de l’industrie. La technologie d’isolement bas que AS est en train d’implanter aux Etats-Unis, au Brésil, en Afrique, dans les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et dans d’autres parties de l’Asie devrait devenir un secteur en pleine expansion.

Bref, AS est une entreprise qui trouve des solutions aux problèmes de ses clients en fonction de leurs besoins en matière de gestion des risques sur le lieu de travail. Grâce à cette approche flexible associée à une compétence technique fondée à la fois sur l’enthousiasme et la rationalité, AS devrait continuer à aller de l’avant et à progresser.

Le mot du président
Hayakawa Masamitsu, président de AS, avec l’idéogramme 情 (jô) qui a le sens de passion et d’enthousiasme.
Dans notre entreprise, on met l’accent sur la « passion » qui doit aller de pair avec la loyauté et la compassion. Si AS est ce qu’elle est, ce n’est pas tant en raison de la passion avec laquelle j’exerce ma fonction de président qu’à cause de l’enthousiasme dont nos clients et nos employés font preuve. La base de notre relation, c’est la passion que nous partageons. D’ailleurs, si j’ai réussi à gravir les échelons de notre entreprise, où j’ai débuté en tant que technicien, c’est en grande partie à cause de la passion manifestée par nos clients.
Informations sur l’entreprise

  • Nom de la société : AS Co., Ltd.
  • Adresse : 1-18-26 Tsutsumi-dori, Sumida-ku, Tokyo 131-0034
  • Représentant : Hayakawa Masamitsu, PDG
  • Domaines d’activité : planification, fabrication et vente d’isolation contre les vibrations, d’amortisseurs de vibrations, de systèmes d’isolement bas, de prévention des chocs, d’isolation phonique, de machines et d’outillage pour l’installation de ressorts pneumatiques ; planification, fabrication et vente de systèmes, de machines et d’outils permettant d’économiser la main d’œuvre ; mesure et analyse des vibrations et du bruit ; autres activités en relation avec les précédentes.
  • Capitalisation : 85 millions de yens
  • Effectifs : 70 employés
  • Website : http://www.a-sys.co.jp/

(D’après un original écrit en japonais par Tsuda Hiroshi et Konno Ayaka. Photographie de Kagioka Ryûmon.)

  • [30.08.2012]
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