Série Entreprises made in Nippon
Les gâteaux aux marrons et le développement de la culture locale
Obusedô, confiseur du pays des châtaignes
[09.04.2014] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Hokusai, le célèbre peintre d’estampes, aimait cette commune de la région de Nagano, Obuse-machi. Une vieille enseigne de confiseries aux marrons y tient à bout de bras la haute réputation de la localité : Obusedô, une maison créée au milieu du XVIIIe siècle par une famille de fabriquant de saké.

La Culture d’Obuse prospère pendant la période d’Edo

Obuse-machi est une commune de 12 000 habitants, située sur le cône alluvial formé au confluant de la Matsukawa avec la Chikumagawa, deux rivières de la préfecture de Nagano.

Au début de la période d’Edo, la ville était très active grâce au commerce des céréales, de l’huile de colza et du sel. C’est vers le milieu de la période d’Edo que le transport fluvial fut développé sur la Chikumagawa assurant ainsi la prospérité de la ville en tant que centre commercial de la région de Kita-Shinano. Les commerçants aisés, les paysans prospères qui apparurent alors furent à l’origine de l’invitation de personnalités comme Hokusai ou le poète de haïku Kobayashi Issa, ce qui favorisa l’épanouissement d’une culture unique que l’on appelle la « Culture Obuse ».

Vue générale d’Obuse des contreforts du mont Karita. Bois de châtaigniers, vergers de pommiers et de cerisiers s’étendent à l’ouest de la gare. Dans le fond, le mont Iizuna et le mont Kurohime.

Néanmoins, l’ouverture du chemin de fer sur la rive opposée de la Chikumagawa en 1888 modifia les flux de circulation des personnes et des marchandises et précipita le déclin de la ville. L’économie locale se tourna un temps vers la sériciculture, avant de se centrer sur la culture fruitière, pommes et raisins en particulier.

Obuse souffrit également de l’exode rural de la période de croissance économique à grande vitesse des années 1960. Les jeunes d’Obuse se sont expatriés dans les grandes villes, laissant péricliter une culture qui avait mis des siècles à se construire.

Si vous allez à pied de la gare d’Obuse vers la rivière Chikumagawa, vous découvrirez les étendues boisées de châtaigniers, paysage typique du pays d’Obuse.

Le tournant vint en 1969, quand feu M. Ichimura Ikuo, patron de la maison Obusedô, devint maire d’Obuse-machi. Il s’attacha à promouvoir son commune sur les objectifs de « Diversité, Vitalité et Autonomie ».

Pendant les 10 ans de son mandat de maire, M. Ichimura travailla au développement urbain sur une thématique historique. Il inaugura le musée Hokusai comme lieu d’exposition de nombreuses peintures originales de Hokusai et permit à Obuse de se relever comme destination touristique sur la base de la survivance de sa culture unique.

Les confiseries aux marrons, la spécialité d’Obuse

Les châtaignes sont une spécialité d’Obuse. La tradition en remonterait, selon certains, pendant la période Muromachi au milieu du XIVe siècle.

Dès la gare d’Obuse, l’hiver, les châtaignes sont mises en valeur pour accueillir les visiteurs.

La plus ancienne confiserie à la châtaigne (kuri en japonais) de la région est le kuri-rakugan, un délice fait de farine de marron pressée dans un moule en bois et séché, qui fut inventé par le fondateur de la maison Sakurai-Kanseidô, le plus ancien confiseur de la ville, en 1808. Son apparition marque le début de la tradition des confiseries à la châtaigne d’Obuse.

Le kuri-yôkan (pâte de fruit de châtaigne) fut créé en 1819, puis en 1892 le kuri-kanoko, marrons confits plongés dans une crème de marrons.

  • [09.04.2014]
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