Série Entreprises made in Nippon
Une entreprise à la pointe de l’impression 3D métal industrielle
Matsuura Machinery
[09.01.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية |

La préfecture de Fukui est surtout connu comme la région d’origine de la délicieuse variété de riz koshihikari. Mais il abrite aussi bien d’autres trésors, à commencer par l’entreprise japonaise qui a porté l’impression 3D métal industrielle au plus haut niveau mondial. Dans l’article qui suit, nous vous proposons de découvrir Matsuura Machinery Corporation et sa dernière création le Lumex Avance-25, une machine qui est en train de révolutionner la production des matrices et des moules.

Des progrès considérables en termes de coûts et de rapidité

En novembre 2002, Matsuura Machinery a mis au point son premier centre d’usinage hybride alliant en un seul équipement frittage laser direct de métaux (DMLS) et fraisage de précision. Cette machine, baptisée Lumex Avance-25, en est aujourd’hui à sa quatrième génération. Elle est capable de produire des pièces en trois dimensions qu’elle construit étage par étage. Le système de frittage laser durcit à chaque fois une fine couche de poudre métallique de 0,05 mm d’épaisseur déposée sur le plateau d’impression, après quoi les dites couches sont usinées par une tête de fraisage ultra rapide qui leur donne la qualité de surface requise. (Pour plus de précisions, voir la vidéo ci-dessous.)

Gotô Motohiro, chef du service de recherche, devant le prototype du Lumex conservé au laboratoire de recherches du Centre de technologie industrielle de la préfecture de Fukui.

La finition des surfaces frittées par fraisage et sans démontage permet de fabriquer des moules d’une précision beaucoup plus grande qu’avec les autres méthodes. L’incorporation de canaux dans la masse frittée, un autre avantage du Lumex, améliore considérablement le processus de refroidissement des résines injectées dans les moules, la qualité des pièces moulées et le rendement de la machine. Les objets ainsi obtenus sont d’une telle solidité qu’on peut les considérer comme des produits finis. Le Lumex Avance-25 est la première machine qui marie la fabrication additive avec l’usinage en un seul équipement.

Les délais de conception et de fabrication qui étaient jusque-là de deux semaines à un mois ont été réduits des deux tiers et les coûts jusqu’à la moitié. Les frais de main d’œuvre devraient eux aussi diminuer de façon conséquente étant donné le degré d’automatisation du Lumex Avance-25. Ce centre d’usinage constitue donc une véritable manne pour les entreprises soucieuses de réduire leurs dépenses.

Imprimante 3D, un mot galvaudé

Quand Matsuura Machinery a mis au point le prototype du Lumex, le terme « imprimante 3D » n’était pas très courant. L’entreprise a donc commencé par donner à son nouveau produit le nom compliqué de « machine hybride de frittage laser direct de métaux ». Au début le Lumex n’a pas eu beaucoup de succès parce que son coût était prohibitif – environ 70 millions de yens (environ 490 000 euros au cours actuel) par machine – et que les techniques de fabrication additive étaient encore mal connues.

Matsuura Katsutoshi, le PDG actuel de Matsuura Machinery Corporation

Mais les choses ont changé aux alentours de 2013, quand les grandes enseignes de produits électroménagers ont mis en vente des imprimantes 3D à usage personnel pour moins de cent mille yens (env. 700 euros) l’unité. Ces petites merveilles qui mettent en forme divers matériaux, entre autres le plastique, donnent à première vue l’impression de créer des objets en trois dimensions à partir du vide. Les médias se sont d’ailleurs empressés de les qualifier de « boîtes magiques ». Et c’est ainsi que le boom des imprimantes 3D a démarré.

Les techniques de l’impression 3D ont fait peu à peu leur chemin si bien qu’à l’heure actuelle, elles sont aussi présentes au niveau de la consommation courante que dans les applications industrielles. Au Japon, elles ont grandement bénéficié du système de subventions instauré par le gouvernement pour encourager les investissements dans les technologies de pointe.

En dépit du succès de l’impression 3D, Matsuura Machinery a longtemps conservé le nom de « machine hybride de frittage laser direct de métaux » pour le Lumex. Ce n’est qu’en 2014 que l’entreprise s’est enfin résignée à l’appeler « imprimante 3D métal hybride ». « Nous avons eu beau insister en répétant que notre produit était une “machine hybride de frittage laser direct de métaux” ou une “machine à fabrication additive”, les gens ont continué à le qualifier d’ imprimante 3D », explique Matsuura Katsutoshi, le PDG de l’entreprise.   

  • [09.01.2015]
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