Série Compte rendu de colloques
Couverture médiatique et gestion des risques, après la catastrophe du 11 mars 2011 (1ère partie)
Intervention de Bill Emmott, ancien rédacteur en chef de The Economist
[09.03.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 |

Un colloque sur « Couverture médiatique et gestion des risques, après la catastrophe du 11 mars 2011 » a été organisé pour marquer le lancement official du site nippon.com en Octobre 2011. Dans son allocution, l'ancien rédacteur en chef de The Economist Bill Emmott a discuté de la difficulté d’une couverture correcte des risques lors d’une crise majeure.

Après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 et la crise nucléaire qui a fait suite, des recensions exagérées publiées dans les médias étrangers ont entraînées la fuite de dizaines de milliers d’étrangers du Japon. Beaucoup plus encore de touristes étrangers ont été effrayés par la menace des radiations, y compris dans certaines régions situées à des centaines de kilomètres des zones concernées. Dans le même temps, les médias japonais ont été accusés de « cacher la vérité ». Les dégâts causés à la réputation internationale du Japon mettront peut-être des années à être réparés.

Comment rendre compte d’un événement qui déclenche des réactions aussi volatiles ? Comment industries et gouvernements doivent-ils parler honnêtement des risques quand la panique est à l’ordre du jour ? Quelles leçons les événements du 11 mars 2011 et les événements subséquents ont-ils à nous apprendre, à la fois en tant que fournisseurs et en tant que consommateurs d’informations ?

Pour essayer de trouver des réponses à ces questions et fournir une occasion à des personnalités des médias, de l’industrie et du gouvrenement, pour réévaluer les réponses à la crise du 11 mars, un séminaire intitulé « Couverture médiatique et gestion des risques après la catastrophe du 11 mars 2011 » s’est tenu le samedi 22 octobre au JA Kyôsai Building dans l’arrondissement de Chiyoda à Tokyo. Cet événement était organisé conjointement par la Fondation Japan Echo et la Fondation Friedrich Ebert. Suivi par une centaine de personnalités, notamment issus de l’université et des médias.

Après les discours d’ouverture de Harano Joji, Administareur Délégué de la Fondation Japan Echo et du Dr Sven Saaler, Représentant Japon de la Fondation Friedrich Ebert, une conférence fut donnée par Bill Emmott ancien rédacteur en chef de The Economist.

Évaluer les risques

Les êtres humains ont tendance à sous-estimer les risques ordinaires et surestimer les catastrophes, a dit Emmott. C’est parce qu’il est impossible d’établir un risque, que nous plaçons notre confiance dans l’autorité des experts, du gouvernement et des journalistes. Quand un événement de type « Cygne Noir » se produit, les gens se mettent à croire que la probalité de tels événements a augmenté. Et s’attendent à d’autres catastrophes à venir.

L’essence de la couverture médiatique

Seules des informations imparfaites sont disponibles en cas de catastrophe, et journalistes et analystes se trouvent soumis aux mêmes limitations que le public. Mais les journalistes sont payés par les lecteurs pour être meilleurs que les gens ordinaires. Ce qui compte est la qualité de l’information et de l’analyse que les journalistes publient. Les journalistes ont pour tâche constante de réécrire tous les jours, ou plusieurs fois par jour. Sont-ils en mesure de corriger leurs erreurs, les leurs et celles des autres ?

Comparaison du 11 mars 2011 avec d’autres événements

Emmott a cité deux événements récents qui offrent des parallèles avec le 11 mars 2011. Le krach finacier de 2008 a été marqué par une réticence à prêter attention aux signes avant-coureurs, causée par une confiance excessive dans l’autorité. En revanche, quand le krach s’est produit, les médias et le public s’attendaient à de nouvelles catastrophes quotidiennes.

Un deuxième parallèle peut être trouvé dans la période comprise entre le 11 septembre 2001 et l’invasion de l’Irak. Cette fois-là aussi, de nombreux avertissements ont été ignorés avant l’attaque elle-même. Et cette fois encore, le public s’est mis à attendre des événements inconcevables une fois que l’événement « Cygne Noir » s’est produit. On est passé soudain d’une sous-estimation à une surévaluation du risque.

Dans les deux cas, le traitement imparfait des médias ont permis que l’exagération et le sensationnalisme aggravent les choses. On peut dire que la même chose s’est produite dans le cas de Fukushima.

Trois principes pour les journalistes

Emmotte a énoncé un certain nombre de principes pour les journalistes.

La principale responsabilité d’un journaliste va à ses lecteurs ou ses téléspectateurs. “Nous n’avons pas de responsabilité générale vis-à-vis d’une nation, d’une profession ou d’une industrie,” a-t-il déclaré.

Emmott a dit que le travail d’un journaliste est d’analyser, évaluer, et juger, et non seulement de signaler. Les journalistes ne doivent pas être uniquement des récepteurs passifs d’informations. Leur rôle est de conduire, pas de suivre.

Enfin, les journalistes doivent être en mesure d’évoluer et de se corriger. Emmott a fini par une question adressée aux autres intervenants : Comment les médias ont-ils couvert les événements et réagi à ceux-ci, et quelle a été la capacité des médias d’apprendre au fur et à mesure que de nouvelles informations étaient disponibles et à transmettre cette information à leurs lecteurs et au grand public ?

Photographis par Nagasaka Yoshiki.

  • [09.03.2012]
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