Série Le Japon terre d’accueil des cultures du monde
Shimoyama Shigeru, le Japonais qui enseigne l’islam
[17.03.2014] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

La taille relativement réduite de la population musulmane du Japon et l'origine étrangère de la plupart de ses membres sont à l'origine de divers malentendus concernant cette religion. Shimoyama Shigeru, un Japonais converti à l'islam, religion qu'il a rencontrée au cours d'un voyage au Soudan, consacre sa vie à améliorer la compréhension que les gens ont de l'islam dans son propre pays.

Shimoyama Shigeru

Shimoyama ShigeruTravaille à la mosquée Tokyo Camii et au Centre culturel turc. Né en 1949 dans la préfecture d'Okayama. Est entré à l'Université Waseda en 1969. Alors qu'il préparait sa licence, a voyagé pendant un an au Soudan, parcourant les villages avec un groupe de recherche universitaire. De retour dans l'Archipel, il a participé à la fondation du Centre islamique du Japon. A compilé et publié divers ouvrages expliquant l'islam aux lecteurs japonais.

Une image négative

Les musulmans représentent un quart de la population du monde d’aujourd’hui. Mais au Japon, on estime leur nombre à moins d’un pour cent de l’ensemble des habitants. Shimoyama Shigeru, qui travaille à Tokyo Camii, la plus grande mosquée du Japon, est un Japonais converti à l’islam. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de la religion musulmane au Japon et de sa propre vie de croyant.

Tokyo Camii, l’une des plus belles mosquées de l’Asie de l’Est. (photo de droite avec l’aimable autorisation de Tokyo Camii)

——Pourquoi, selon vous, l’islam est-il jusqu’ici resté si éloigné du courant dominant de la culture japonaise ?

SHIMOYAMA SHIGERU  Depuis la Restauration de Meiji (1868), le Japon moderne s’est modelé sur des pays comme l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Il a pris exemple sur eux pour son système juridique et législatif. L’oubli dans lequel les valeurs non européennes ont eu tendance à sombrer, y compris celles que véhiculent les cultures islamiques, est un contrecoup de ce choix.

Je pense aussi que cette tendance a été exacerbée par la vision européenne quelque peu tendancieuse de l’Islam dont le Japon a hérité. La place, par exemple, que l’expression « le Coran ou l’épée » occupe dans l’esprit de beaucoup de Japonais fait obstacle à une juste compréhension de l’islam. L’impact de la couverture médiatique, notamment après le 11 septembre, s’étant rajouté à cela, l’islam est devenu pour bien des gens une religion qui fait peur.

Un Coran utilisé à Tokyo Camii

  • [17.03.2014]
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