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Le Japon est-il un pays sûr ?
[06.02.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

En 2013, le nombre de touristes en visite au Japon a dépassé pour la première fois la barre des 10 millions et le gouvernement japonais s’est fixé pour objectif d’atteindre les 20 millions pour 2020, année où se dérouleront les Jeux Olympiques d’été à Tokyo. La sécurité est l’une des principales préoccupations des visiteurs étrangers, ce qui nous amène à nous poser la question suivante : Le Japon est-il un pays sûr?

Un taux de criminalité en baisse

Selon le Livre blanc sur la criminalité publié par le ministère de la Justice, le nombre d’infractions au Code pénal a enregistré une nouvelle baisse en 2013 pour la 11e année consécutive avec 1 917 929 cas. Ce chiffre a commencé à diminuer en 2003, après avoir atteint 3 693 928 cas en 2002, son plus haut niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette baisse peut s’expliquer par une nette dimunition des vols qui représentaient la majorité des délits.

D’autre part, le taux d’arrestation a continué à progresser en 2013 pour aboutir à 53,1%, pour les délits relevant du Code pénal, et à 31,7% pour les délits sans rapport avec les infractions au Code de la route. Ces chiffres qui ont considérablement amélioré entre 2002 et 2006, après avoir enregistré respectivement 38,8% et 19,8% en 2001, les plus bas de l’après-guerre, deviennent plus ou moins stationnaires depuis 2007. Alors que le taux d’arrestation reste très élevé pour ce qui est des crimes graves, tels que les meurtres, les vols avec violences, les agressions physiques ou les intimidations, celui pour les délits mineurs quotidiens et fréquents comme les vols de véhicules, notamment de bicyclettes, reste relativement faible.

Alors que les meurtres commis par des harceleurs ou les enlèvements d’enfants sont très médiatisés, de nombreux crimes moins importants et peu connus ne sont pas résolus. Toutefois, même si le nombre de crimes recensés est en baisse, il n’y a aucun effet direct sur le sentiment de sécurité des citoyens. En outre, les escroqueries prenant pour cible les personnes âgées et les crimes relatifs à la drogue sont en hausse ces dernières années et il en est de même pour les crimes perpétrés via Internet qui mettent en péril le quotidien de tous les citoyens.

Le taux de criminalité le plus faible des pays de l’OCDE

Quelle est la situation de la criminalité au Japon comparée à celle des autres pays ? Attendu que les lois et la proportion des crimes signalés à la police ne sont pas les mêmes selon les pays, il est difficile de faire la comparaison. Examinons les chiffres de l’enquête ci-dessous sur les victimes de crimes pendant une période déterminée (de 2006 à 2009) qui, bien qu’elle ne soit pas très récente, offre une comparaison au niveau international. Conduite dans 26 pays de l’OCDE par l’Institut interrégional de recherche des Nations Unies sur la criminalité et la justice et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, cette enquête porte sur les dix délits les plus courants : vols de voiture, vols d’objets à l’intérieur d’une voiture, vols de moto, cambriolages, tentatives de cambriolage, vols de biens personnels, vols à la tire, braquages, agressions sexuelles, attaques et menaces.

Concernant la proportion des dix infractions courantes(*1) commises par rapport à la population, le Japon vient en 2e position avec 9,9%, derrière l’Espagne pour le taux le plus bas de tous les pays de l’OCDE. L’Archipel enregistre également le taux le plus faible pour ce qui est des crimes graves (meurtres, braquages, viols et attaques), avec une augmentation du pourcentage de victimes de 8,5% en 1990 à 11,9% en 2000, avant de redescendre à 9,9% en 2005.

Le nombre des délits mineurs, tels que les vols de bicyclette, qui représentent plus de la moitié des vols, a également beaucoup baissé grâce à la vigilance de la police japonaise considérée comme l’une des plus strictes du monde. Beaucoup de Japonais disent ne pas se sentir en sécurité et pourtant ces statistiques permettent de déclarer que le Japon est l’un des pays les plus sûrs du monde.

Très bien placé dans l’Indice mondial de la paix

Calculé par la revue britannique The Economist à partir de 24 différents facteurs, dont les conflits intérieurs et externes, les relations avec les pays voisins et le risque potentiel de conflits futurs, l’Indice mondial de la paix est un autre baromètre efficace de la sécurité. Dans ce classement de 158 pays, le Japon venait à la 5e place en 2012 et était à la 6e en 2013. De 2007 à 2009, il oscille entre la 5e et la 7e place et atteint même la 3e place en 2010 et 2011, se maintenant toujours dans le haut du tableau des « pays où la vie est paisible».

Des louanges du monde entier

Après le terrible tremblement de terre de mars 2011, les médias internationaux ont relayé les images des zones touchées sur lesquelles les Japonais faisaient la queue dans le silence. Ces images ont également permis aux spectateurs du monde entier de constater l’absence de violence ou de vol dans les magasins et beaucoup ont déclaré être impressionnés par le calme du peuple japonais dans une situation où il aurait été pourtant facile de céder à la panique.

Les touristes étrangers font souvent l’éloge de la sécurité au Japon à travers de nombreux récits sur Internet. Beaucoup ont été surpris que leur téléphone ou leur appareil photo leur soit rendu après un oubli dans un restaurant, un café ou un train, que les jeunes Japonaises puissent marcher tranquillement dans la rue à des heures tardives ou encore que les sacs des femmes soient souvent à moitié ouverts. Ces témoignages prouvent indéniablement que le Japon est l’un des pays les plus sûrs du monde.

(*1) ^ Dix infractions courantes : Vol de bicyclette, vol de moto, vol d’automobile, vol avec effraction, tentative de vol, vol de sac / vol à la tire, braquage, crime sexuel, voie de fait / chantage

  • [06.02.2015]
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