Série Japan Data
Le Japon peut-il remédier à son faible taux de natalité ?
[04.11.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

La dénatalité est un enjeu commun à beaucoup de pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie de l’Est. Le Japon, qui connaît un fort déclin démographique, ne fait pas exception. La baisse du nombre d’enfants pose un grave problème pour la santé économique et sociale du pays. Pour y pallier, le gouvernement veut rehausser l’indice synthétique de fécondité à 1,8.

Plus que 97 millions de Japonais en 2050

Parmi les nombreuses prédictions économiques sur le Japon, les plus fiables sont probablement les projections de population. Selon celles de l’Institut national de recherches sur la population et la sécurité sociale, qui se fonde sur les recensements nationaux effectués tous les cinq ans, le pic démographique du Japon a été atteint en 2010 avec 128 millions de recensés, puis a depuis baissé progressivement. La population devrait diminuer de 20 millions de personnes en 2040 pour n’en compter que 107,3 millions. Le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (MLIT) estime que le Japon passera sous la barre des 100 millions de recensés en 2050.

Même à court terme, l’impact du déclin démographique menace la société japonaise de diverses façons. La diminution de la population active (15 à 64 ans) entraînera une baisse du taux de croissance potentielle et du produit intérieur brut. Il deviendra difficile de maintenir le système de retraite ainsi que d’autres services de protection sociale, ce qui constitue une menace pour le niveau de vie général du Japon. D’après certains rapport, le dépeuplement et la dénatalité qui affectent les zones rurales mettent en danger l’existence même de certaines municipalités.

La clé pour contrer ces problèmes est la relance de la natalité. L’indice synthétique de fécondité (ISF)(*1) du Japon était de 1,43 en 2013. L’indice requis pour maintenir une population est de 2,7 à 2,8, le seuil de remplacement des générations.(*2)  En dessous de ce seuil, la population diminue.

Au plus bas en 2005 avec un indice à 1,26

En observant la progression de l’ISF après la fin de la Seconde Guerre mondiale, on s’aperçoit qu’il n’a fait que baisser progressivement année après année. On peut voir sur le graphique ci-dessous que 1966 à été une année à part avec une baisse subite à 1,58. Cela représente une réduction de 25 % par rapport à l’année précédente. Cela était dû au fait que 1966 a été « l’année du cheval de feu».(*3) Les Japonais ont donc évité de faire des enfants cette année-là.

Mais c’est 1989 qui a vraiment inquiété les spécialistes : l’indice a chuté à 1,57, en dessous du précédent record de 1966. On a même parlé du « choc 1,57 ». Les chiffres ont continué à baisser les années suivantes, touchant le fond en 2005 avec un indice à 1,26. Bien que les chiffres se soient faiblement améliorés depuis, rien ne semble pouvoir freiner la diminution des naissances.

Les causes de la dénatalité sont multiples. Le MLIT cite par exemple l’augmentation des frais d’accouchement puis d’éducation des enfants. Il explique aussi que l’amélioration des conditions de travail des femmes grâce à la promulgation de la loi pour l’égalité homme-femme des chances d’emploi de 1986 a freiné le taux de fécondité. Généralement, on considère que la dénatalité est le fruit de facteurs tels que les mariages de plus en plus tardifs, l’accroissement de la population célibataire, l’augmentation du nombre de femmes diplômées, la détérioration de la conjoncture ou encore les changements de l’environnement social et de l’habitat. Bien que l’État ait pris des mesures pour inverser la tendance, elles ne sont pas suffisamment drastiques pour remédier à ces problèmes.

(*1) ^ Indice synthétique de fécondité : calculé en combinant les taux de fécondité par âge des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans), il indique le nombre moyen d’enfants qu’une femme a au cours de sa vie. Par contraste, le « taux brut de natalité » représente le nombre de naissances pour 1000 personnes sur une année. Il indique le ratio des naissances sur l’année par rapport à la population en milieu d’année.

(*2) ^ Seuil de remplacement des générations : l’indice nécessaire pour que la population actuelle puisse se maintenir. Selon les statistiques de 2013 de l’institut national de recherches sur la population et la sécurité sociale, il était de de 2,07 en 2010 au Japon.

(*3) ^ « L’année du cheval de feu » se produit une fois tous les 60 ans. Une superstition datant de l’époque d’Edo (1603-1868) veut que les filles nées cette année auront un tempérament rude qui raccourcit la vie de leurs maris.

  • [04.11.2015]
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