Série Japan Data
Le nombre de suicides continue à diminuer au Japon…
…tout en restant plus élevé que dans d’autres pays industrialisés
[07.02.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | العربية | Русский |

En 2015, quelque 24 000 personnes se sont donné la mort au Japon. Soit 10 000 de moins qu’en 2003, l’année où la vague des suicides a atteint son pic dans l’Archipel, avec 34 427 décès. Mais en dépit d’un recul indéniable, le nombre de Japonais qui mettent volontairement fin à leurs jours reste encore élevé en comparaison avec d’autres pays industrialisés.

Moins de 25 000 suicides, pour la première fois en 18 ans

D’après le Livre blanc sur la lutte contre le suicide publié en 2016 par le gouvernement japonais, le nombre total de suicides recensés en 2015 dans l’Archipel a été de 24 025, soit 1 402 de moins qu’en 2014. Inférieur à 30 000 pour la quatrième année consécutive, il est même passé pour la première fois sous la barre des 25 000 depuis 1997. En 2015, il y a eu 10 000 cas de suicides de moins qu’en 2003 où le Japon avait enregistré le triste record de 34 427 morts volontaires (voir Figure 1). Les  premiers chiffres provisoires pour l’année 2016, dévoilés le 20 janvier 2017, confirment cette tendance à la baisse avec 21 764 cas recensés.

En 2015, le nombre total de suicides a diminué au Japon mais il n’en reste pas moins 5,8 fois plus important que celui des décès provoqués par des accidents de la circulation qui ont fait 4 117 victimes. Le taux de suicide a été de 18,9 cas pour 100 000 habitants, une proportion relativement élevée par rapport à d’autres pays industrialisés, notamment le Royaume-Uni et l’Italie où elle était plus de moitié moindre (voir Figure 2).

Une baisse des suicides liés à des facteurs économiques

Le Livre blanc sur la lutte contre le suicide en 2015 donne par ailleurs des indications sur les raisons de ces disparitions tragiques en invoquant jusqu’à trois facteurs par cas. D’après ses conclusions, ce sont les problèmes de santé qui sont arrivés en tête des causes inventoriées, avec un total de 12 145 suicides. Viennent ensuite par ordre d’importance, les difficultés financières responsables de 4 082 décès volontaires, les ennuis familiaux qui ont fait 3 641 morts, les soucis liés au travail impliqués dans 2 159 cas et pour finir, les problèmes relationnels et ceux en rapport avec l’école. En 2015, le classement des facteurs à l’origine des suicides était pratiquement identique à celui des années précédentes. Mais il est intéressant de noter que dans le même temps, les problèmes financiers ont provoqué moitié moins de morts volontaires qu’en 2009 où ils avaient entrainé quelque 8 000 suicides (voir Figure 3).

Le suicide, première cause de mortalité chez les Japonais de 15 à 34 ans

En 2015, 69,4 % des suicides – soit 16 681 cas – ont concerné des hommes. En ventilant les chiffres par tranche d’âge, on constate que c’est chez les Japonais de 40 à 49 ans que les morts volontaires ont été les plus nombreuses, 4 069 cas, soit 16,9 % du total ; cette tranche est suivie de près par celle des 50 à 59 ans avec 3 979 suicides, soit 16,6 %. Viennent ensuite dans l’ordre, les Japonais âgés de 60 à 69 ans (3 973 cas, 16,5 %) et ceux de 70 à 79 ans (3 451 cas, 14,4 %). On observe par ailleurs que si le nombre de suicides chez les habitants de l’Archipel âgés de 20 à 79 ans ne cesse de diminuer d’année en année, deux tranches d’âge font exception. Celle des jeunes de 19 ans et moins, avec une augmentation de 3 % et un total de 554 cas, et celle des seniors de 80 ans et plus qui a progressé de 0,1 %, et atteint 2 459 décès (voir Figure 4).

D’après des statistiques sur l’historique des décès par tranches d’âge de cinq ans, en 2014, le Japon a été le seul pays du G7 où le suicide s’est avéré la première cause de mortalité chez les personnes âgées de 15 à 34 ans

Réduire le nombre de suicides par la prévention

Au Japon, le nombre de suicides a explosé à la fin des années 1990 à cause de la période de récession prolongée et de durcissement du marché du travail qui a suivi l’éclatement de la bulle économique. Il a atteint un niveau tel qu’en 2006, la Diète a adopté une loi fondamentale sur la prévention en matière de suicide. Le gouvernement japonais s’est dès lors pleinement engagé dans la lutte contre ce fléau.

Les efforts déployés depuis dix ans par les autorités de l’Archipel pour juguler le nombre de suicides commencent à donner des résultats. Le Livre blanc publié en 2016 par le gouvernement met en parallèle les statistiques sur le suicide par tranches d’âge de l’année 2007 et celles de 2015. Il en ressort que si la quantité de morts volontaires a baissé de façon significative chez les hommes âgés de 50 à 59 ans, elle a en revanche augmenté dans la tranche des 70 ans et plus, et légèrement progressé parmi les jeunes.

Le Livre blanc de 2016 émet par ailleurs l’hypothèse que la diminution récente des suicides imputables à des problèmes de santé « pourrait s’expliquer par les progrès du traitement médical de la dépression et des maladies ainsi que par l’amélioration du système d’assistance aux personnes en difficulté ». Il souligne aussi que dans les zones où le dépeuplement et le vieillissement de la population constituent un véritable problème, « le taux de suicide est plus élevé dans les zones montagneuses que dans les îles isolées où le sens de la communauté a tendance à être plus développé ». Il recommande donc d’adopter une politique préventive vis-à-vis des jeunes et des mesures spécifiques dans les zones dépeuplées avec une population vieillissante.

(D’après un article en anglais de la rédaction de Nippon.com du 25 janvier 2017.)

  • [07.02.2017]
Articles liés
Autres articles dans cette série 

Nippon en vidéo

Derniers dossiers

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone