Série Japan Data
La vie sexuelle des couples mariés japonais
Les révélations surprenantes d’un récent sondage d’opinion
[09.03.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Une enquête effectuée en 2016 par l’Association japonaise du planning familial (JFPA) a révélé que 47,2 % des personnes mariées interrogées n’avaient pas eu de relations sexuelles depuis un mois. Ce pourcentage constitue un record si l’on se réfère aux éditions précédentes de cette étude réalisée tous les deux ans. Il a en effet progressé respectivement de 2,6 et 15,3 points par rapport à 2014 et 2004.

Au cours des mois d’octobre et de novembre 2016, l’Association japonaise du planning familial (JFPA) a réalisé sa huitième « Enquête sur l’état d’esprit et la vie des hommes et des femmes » de 16 à 49 ans à partir d’un échantillon composé de 3 000 Japonais des deux sexes, y compris des célibataires. Les réponses données par les 1 263 personnes qui se sont exprimées à l’occasion de ce sondage donnent une image du Japon où le sexe, l’amour et le mariage semblent exercer un attrait de plus en plus faible sur la population.

Des femmes trouvent le sexe « ennuyeux »

Lors de l’enquête de la JFPA, 1 025 personnes ont déclaré avoir déjà eu des relations sexuelles. 17,1 % d’entre elles ont évalué la fréquence mensuelle de leurs rapports à une fois, 9 % à deux fois, 5,9 % à trois fois, 5,6 % à quatre fois et 6,1 % à cinq fois et plus. Mais 53,4 % des hommes et 48,8 % des femmes ont aussi déclaré n’avoir eu aucune relation sexuelle depuis un mois. En comparaison du sondage mené par la JFPA en 2014, la proportion des abstinents a progressé de 5,1 points chez les hommes et diminué de 1,3 point chez les femmes.

Par ailleurs, 47,2 % (47,3 % pour les hommes et 47,1 % pour les femmes) des 655 Japonais mariés ayant répondu à l’enquête de 2016 ont déclaré n’avoir eu aucun rapport sexuel au cours du mois précédent. Interrogés sur les raisons de cette absence totale de relations, 35,2 % des hommes mariés l’ont attribuée à la « fatigue due au travail », 12,8 % au fait qu’ils ne considèrent plus leur épouse que comme un « parent proche », et 12 % à la « naissance d’un enfant ». Du côté des femmes, 22,3 % ont imputé leur comportement au côté « ennuyeux » du sexe, 20,1 %, à « la naissance d’un enfant » et 17,4 %, à la « fatigue due au travail ».

La comparaison des résultats des quatre enquêtes effectuées par la JFPA depuis 2010 montre une progression rapide du nombre d’hommes qui attribuent l’absence de relations sexuelles à la « fatigue due au travail ». Elle met aussi en évidence une tendance des femmes à expliquer plus volontiers cette situation par le fait que, pour elles, leur époux n’est plus qu’un « parent proche », et moins souvent par le caractère « ennuyeux » du sexe. Mais si ce dernier argument a été indéniablement moins invoqué depuis 2010, il n’en arrive pas moins toujours en tête des raisons citées par les femmes. Dans l’enquête de 2016, le pourcentage des Japonaises ayant qualifié le sexe d’« ennuyeux » est supérieur de 15,1 % à celui des hommes. Par ailleurs, rien ne permet de dire qu’il existe une corrélation directe entre le nombre d’heures passées au travail et une propension plus grande à l’absence de relations sexuelles. Mais on constate que la proportion des personnes n’ayant pas eu de rapports depuis un mois est relativement élevée dans les ménages avec un revenu annuel supérieur à 10 millions de yens (environ 83 300 euros).

Les résultats de l’enquête de 2016 ont inspiré le commentaire suivant à Kitamura Kunio, président de la JFPA. « En voyant à quel point le pourcentage des hommes et des femmes n’ayant pas de relations sexuelles avait augmenté en 2014, je pensais qu’il se stabiliserait en 2016. Or il a encore continué à progresser. Quand les hommes et les femmes ne font plus assez d’efforts pour communiquer entre eux et qu’ils ne gardent pas une attitude positive vis-à-vis du sexe, la tendance à l’absence de relations sexuelles tend à encore s’accentuer. »

L’âge le plus fréquent du premier rapport sexuel

Sur les 1 025 personnes ayant déjà eu une relation sexuelle qui ont répondu à l’enquête de 2016 de la JFPA, 42 % ont déclaré avoir eu leur premier rapport entre 18 et 20 ans, 25 % entre 15 et 17 ans, et 12,3 % entre 21 et 24 ans. L’âge moyen de la première expérience sexuelle est de 19 ans et la différence entre les hommes et les femmes à cet égard est minime. Plus de 50 % des hommes ont fait l’amour pour la première fois à 20 ans, tandis que chez les femmes, ce moment se situe à 19 ans. 70 % des personnes interrogées ont eu leur premier rapport à 23 ans pour les hommes et 22 ans en ce qui concerne les femmes. Les sept enquêtes réalisées par la JFPA depuis 2002 montrent que les hommes accusent un certain retard par rapport aux femmes en termes d’âge de la première relation sexuelle (voir aussi article Les jeunes Japonais et l’amour). Par ailleurs, le pourcentage des hommes n’ayant jamais eu aucune expérience sexuelle est de 21,5 % alors que chez les femmes, il est seulement de 16,6 %.

40 % des jeunes célibataires n’ont jamais eu de rapport sexuel

83,9 % des 342 célibataires âgés de 18 à 34 ans (181 hommes et 161 femmes) ayant répondu à l’enquête ont exprimé le désir de se marier et à peine 8,5 %, la volonté contraire. Mais si l’on ventile ces chiffres par tranche d’âge, on constate que 15,2 % des hommes et 19,4 % des femmes âgés de 30 à 34 ans ne sont pas du tout tentés par le mariage.

L’enquête effectuée par la JFPA en 2016 a également révélé que 42 % des hommes et 46 % des femmes célibataires de 18 à 34 ans n’ont jamais eu de rapport sexuel. Et dans la tranche d’âge de 30 à 34 ans, le pourcentage est de 34,8 % pour les hommes et de 47,2 % pour les femmes.

(D’après un article en japonais de Ishii Masato, rédacteur de Nippon. com)

  • [09.03.2017]
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