Série Le b.a.-ba du Japon
La cérémonie de mariage au Japon
[28.06.2015] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Au Japon, le mariage ne comporte quasiment aucune connotation religieuse. Survivance de la coutume selon laquelle le mariage est essentiellement l’affaire des parents, c’est le repas de noces qui constitue aujourd’hui encore le point culminant de la cérémonie. Dans la tendance actuelle, le mariage est tout d’abord célébré dans une église ou un sanctuaire shintô, puis suivi du banquet de noces.

Divers styles de cérémonies

Avec l’évolution de la société et de la famille japonaises, la cérémonie de mariage (kekkon shiki) s’est diversifiée. Mais la cérémonie proprement dite, ou shiki, a généralement lieu dans un établissement religieux et elle est suivie d’un banquet, hirôen, qui est organisé dans un restaurant ou dans la salle des fêtes d’un hôtel.

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, la tradition du « shûgen », c’est-à-dire la célébration du mariage, avait lieu au domicile du mari. Les époux organisaient la cérémonie (shiki) puis faisaient annonce de leur union (kekkon ou kon-in) en présence des deux familles. La cérémonie dite jinzen shiki, « devant des témoins », par contraste avec la notion de célébration religieuse, avait pour but de renforcer les liens entre les familles des mariés. La connotation religieuse du mariage ne s’est intégrée à cette tradition qu’il y a une centaine d’années.

Une cérémonie de mariage traditionnelle dans un sanctuaire shintô.

Indépendamment des convictions religieuses des époux, la cérémonie la plus populaire est la cérémonie chrétienne qui représente 64,3% du total des célébrations, suivie de la cérémonie japonaise traditionnelle non religieuse avec 16,8% puis de la cérémonie japonaise shintô (shinzen shiki), avec 16,7%(*1). Une minorité de couples effectue une cérémonie bouddhiste (butsuzen shiki) ou n’effectue pas de cérémonie du tout et se contente des démarches administratives.

Une cérémonie éclectique

Des coupes utilisées pour le rite « san-san-kudo ».

La cérémonie traditionnelle shintô se déroule dans un sanctuaire dédié à ce culte. Le prêtre qui conduit la cérémonie (shinshoku) commence par effectuer un rite de purification du couple avant d’annoncer son union aux divinités. Les deux époux échangent une coupe de saké selon le rite du « san-san-kudo », prononcent leurs serments de mariage et procèdent aux offrandes sacrées de branches de sakaki, un arbre auquel on prête la vertu de relier les hommes aux dieux.

Pour cette cérémonie, la mariée porte soit un vêtement entièrement blanc appelé shiromuku, soit le irouchikake aux couleurs éclatantes, soit encore le kurobiki furisode, costume traditionnel de la mariée de l’époque d’Edo. Le marié est vêtu, quant à lui, d’un pantalon hakama à rayures verticales et d’une veste ample et courte de couleur noire appelée haori qui se porte sur le kimono.

La cérémonie de style chrétien, très populaire, pour laquelle les tenues sont le costume pour l’époux et la robe blanche pour la mariée, est célébrée dans une église ou dans une chapelle rattachée à la salle des fêtes de mariage. Les cérémonies chrétiennes organisées à l’étranger, notamment à Hawaii, sont également très prisées. Généralement, le choix entre la cérémonie japonaise et la cérémonie de style occidental ne se fait pas selon la religion, mais en fonction des goûts vestimentaires et du budget du couple.

Le banquet de noces

Certains jeunes optent pour une version « basique » à faible coût, avec cérémonie et banquet prévus au même endroit, et n’invitent que la famille et les amis très proches.

Le découpage du gâteau lors du banquet symborise la première tâche commune accomplie par les nouveaux mariés.

Récemment, il est de plus en plus courant d’inviter des personnes différentes à la cérémonie, au banquet et à la fête après le mariage (nijikai). Dans ce cas, la cérémonie est réservée à la famille et aux amis proches, le banquet est destiné aux amis de bureau et aux personnes en relation avec le travail, tandis que la nijikai rassemble les amis dans une atmosphère détendue, où chacun paye un prix fixe.

La règle veut que les invités ne portent pas de vêtements de couleur blanche qui est bien entendu la couleur de la mariée. Les messieurs portent généralement un costume et les dames des robes ou des kimonos. Même si l’atmosphère est plus décontractée, le costume reste néanmoins conseillé pour la nijikai où les femmes portent elles aussi des tenues relativement habillées.

Des tables du banquet de noces.

Pour le hirôen traditionnel, les convives offrent aux nouveaux mariés un don appelé shugi, de l’argent placé dans une enveloppe décorée d’un noeud. Ce don est censé aider le couple à supporter les frais du mariage et de la réception. Le montant dépend de la proximité avec les mariés, allant en général de 30 000 à 100 000 yens. D’après le magazine spécialisé dans le mariage « Zexy », le montant moyen du shugi offert par des amis se situe entre 24 000 et 30 000 yens et celui offert par des membres de la famille entre 47 000 et 65 000 yens. Mais attention, les chiffres pairs sont souvent à éviter, car ils sont divisibles, ce qui peut rappeler la séparation à certains. La coutume veut également que les billets soient neufs.

(*1) ^ Selon les études publiées par Bridal souken (Recruit S.A.) en janvier 2011.

▼A lire aussi
Combien de temps le modèle familial japonais va-t-il encore tenir ? Les Japonais et la religion : absence ou flou ? Les mariages internationaux au Japon
  • [28.06.2015]
Articles liés
Autres articles dans cette série 

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone