Série Le b.a.-ba du Japon
« Shichi-go-san », la célébration d’automne en l’honneur des enfants
[15.11.2015] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

En novembre, les filles de trois et sept ans et les garçons de cinq ans célèbrent avec leurs familles le traditionnel shichi-go-san dans les sanctuaires shintô et les temples bouddhistes. Le nom shichi-go-san signifie littéralement sept-cinq-trois (七五三).

Un rite de passage célébré dans les temples et les sanctuaires

En automne, les familles japonaises se rendent dans les temples bouddhistes et les sanctuaires shintô avec leurs enfants de trois (三san), cinq (五go) ou sept (七shichi) ans et prient pour qu’ils grandissent en bonne santé. C’est le traditionnel shichi-go-san.

À l’origine, shichi-go-san célébrait les garçons et les filles de trois ans, les garçons de cinq ans et les filles de sept ans. Ceci a changé au fil des années et aujourd’hui les filles de trois et sept ans et les garçons de cinq ans sont concernés.

Traditionnellement la visite du temple se fait le 15 novembre, mais cette date s’est adaptée aux emplois du temps modernes et désormais la plupart des familles fêtent le shichi-go-san pendant un des weekends ou jour férié de novembre.

Autrefois guérir des maladies était bien plus difficile qu’aujourd’hui et nombreux étaient les nourrissons qui ne survivaient pas longtemps après leur naissance. On considérait que les enfants naissaient et grandissaient tout d’abord sous la protection des dieux et étaient considérés comme des « enfants des divinités ». C’est en atteignant l’âge de sept ans qu’ils devenaient membres à part entière de la société des hommes : un moment charnière synonyme de deuxième naissance. L’origine du shichi-go-san n’est pas certaine. Il peut provenir de la croyance qu’il fallait purifier les enfants de trois, cinq et sept ans, des années considérées par certains comme dangereuses. Au contraire, l’origine du shichi-go-san pourrait être la croyance que les chiffres impairs sont porte-bonheur.

Ce rite de passage est aussi le moment de remercier les divinités d’avoir fait grandir les enfants en bonne santé.

Une importante cérémonie pour les familles

Une fille de trois ans revêtant un hifu. (Photo : See Tatt Yeo)

Au cours de l’époque de Heian (794-1185), on laissait les cheveux des enfants pousser à partir de trois ans. Les garçons portaient le hakama pour la première fois à cinq ans et les filles le obi à sept ans. On dit que le shichi-go-san a réuni en un seul événement les différentes cérémonies qui étaient tenues pour fêter les trois, cinq et sept ans des enfants.

Aujourd’hui les enfants revêtent de beaux habits pour l’occasion et se rendent au temple ou sanctuaire avec leur famille. Les enfants se voient offrir un chitose-ame, littérallement « bonbon de mille ans », et une photo en studio est prise pour immortaliser ce jour. Si le shichi-go-san se déroule dans un sanctuaire shintô, on peut réciter un norito (prière rituelle) pour recevoir la purification des divinités ou simplement déposer des pièces de monnaie dans le saisen bako (boîte à offrandes) et prier pour que l’enfant grandisse en bonne santé.

Traditionnellement les filles de trois ans sont habillées d’un kimono sans obi et revêtent une veste vermillon appelée hifu. Les garçons de cinq ans portent un haori orné d’un blason et un hakama. Les filles de sept ans arborent un kimono avec un obi. Il est possible de louer ces vêtements et de se faire coiffer et maquiller chez un studio photo.

Photos prises dans un studio professionnel : garçon de cinq ans en haori et hakama, fille de sept ans en kimono et obi. (Photo : Daisuke Matsumura)

Récemment, on voit apparaître des services pour le shichi-go-san jusqu’alors jamais vu. Outre les photos habituelles, certains studios offrent des forfaits spéciaux qui comprennent la location des vêtements pour toute la famille et des albums spécialement conçus pour être offerts aux grands-parents. Certains studios populaires affichent complet longtemps avant le mois de novembre. Il y a aussi des entreprises qui offrent des visites organisées qui non seulement comprennent la cérémonie au sanctuaire et la séance photo mais également une nuit dans un hôtel.

Certaines familles renoncent à la traditionnelle visite du sanctuaire et choisissent de seulement se rendre au studio photo pour immortaliser l’événement, d’autres n’hésitent pas à fêter le shichi-go-san en grande pompe comme si c’était un mariage dans un hôtel de luxe.

Des enfants participant à un défilé de mode shichi-go-san, l’occasion aussi pour les parents de prendre des photos. (Jiji Press)

La friandise incontournable du shichi-go-san

Des chitose-ame rouge et blanc.

Quoi de plus mignon qu’un enfant en kimono avec un chitose-ame à la main ? Ce bonbon est un bâtonnet de couleur rouge ou blanche, offert aux enfants pour leur souhaiter une bonne santé. Le chitose-ame est étiré lors de la fabrication et mesure environ 15 cm, d’où cette signification de longue vie. Un paquet contient en général trois à cinq chitose-ame et est orné d’animaux symbolisant la longévité comme la grue et la tortue et d’arbres porte-bonheur qui sont le pin, le bambou et le prunier.

Bien que les coutumes du shichi-go-san changent avec le temps, l’essence de ce jour de fête reste la même : la volonté des parents de voir leurs enfants grandir en bonne santé et plein de vie.

(Photo de titre : Miki Yoshihito. Autres photos : See Tatt Yeo  / Daisuke Matsumura)

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  • [15.11.2015]
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