Série Le b.a.-ba du Japon
« Zazen », la méditation assise
[08.05.2016] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Il existe de nombreux ateliers au Japon enseignant le zazen, la pratique traditionnelle de méditation zen.

Atteindre un état de désintéressement

Zazen est une forme de méditation assise du bouddhisme zen dans laquelle on cherche à entrer dans un état de désintéressement en abandonnant tout désir. Cette pratique permet d’atteindre « l’illumination » recherchée par la philosophie bouddhiste, mais le zazen est aujourd’hui principalement pratiqué sans autre but que l’activité en elle-même.

Aujourd’hui au Japon, de nombreux temples offrent des ateliers zazen au grand public, en mettant l’accent sur l’entraînement mental plutôt que les aspects religieux de la pratique. Même dans les grandes villes, il y a beaucoup d’ateliers dirigés par des prêtres, souvent gratuits. S’ils sont payants, il n’y a souvent pas de prix fixe : les participants décident eux-mêmes combien ils paient (ce qu’ils ne sont pas forcés de faire).

Corps, souffle et esprit

Typiquement dans ces ateliers, les participants sont assis les jambes croisées sur des coussins (on peut s’asseoir autrement si cela est difficile) avec leurs mains jointes au-dessus de leurs jambes. Le dos redressé, les yeux à demi fermés, la bouche fermée, les participants respirent profondément, avec les muscles de l’estomac.

Après avoir établi un rythme de respiration par le nez, ils se concentrent uniquement sur le nombre de respirations effectuées. Il faut ensuite atteindre un stade où on ne compte plus et où on médite sans but spécifique.

De cette façon, le corps, le souffle et l’esprit sont successivement harmonisés et il devient possible de voir le monde tel qu’il est, sans être distrait par les soucis de tous les jours. Traditionnellement, une séance dure le temps qu’il faut pour brûler un bâton d’encens – soit environ 30 à 40 minutes.

Wada Tsuyoshi, joueur de baseball professionnel, pratiquant le zazen dans le temple Enryakuji, près de Kyoto. (Jiji Press)

Maintenir la concentration

Un des aspects les plus curieux du zazen est la manière dont les prêtres parfois frappent les pratiquants avec un bâton en bois plat, le keisaku. Lorsqu’ils perdent leur concentration, adoptent une mauvaise posture ou parfois commencent à somnoler, les participants reçoivent un léger coup sur l’arrière de l’épaule. Le bruit soudain résonnant dans le calme de la pièce est très caractéristique du zazen : pour beaucoup au Japon, c’est une des images qu’ils ont de la pratique. Cependant, le but est d’aider la concentration et non de punir. Le coup est soigneusement calculé pour ne pas faire mal. Ce bâton n’est généralement pas utilisé dans les ateliers pour débutants.

Liens externes :

Information en anglais sur les temples offrant des ateliers zazen :

Liste Zazenkai (temples à travers le Japon)
Tôkeiji (Kamakura)
Shunkôin (Kyoto)
Kenninji (Kyoto)

(Photo de titre : les épouses de dirigeants internationaux en visite au Japon pour le sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique participant à un atelier zazen à Kenchôji, un temple à Kamakura.)

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