Série Le b.a.-ba du Japon
« Kôban » : les petits postes de police qui renforcent la sécurité publique
[17.04.2016] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Les petits postes de police de proximité, les kôban, sont présents dans tout le Japon, des rues très animées aux gares rurales les plus reculées. Ces postes servent d'antennes locales de la police municipale en renforçant le sentiment de sécurité et en offrant des services communautaires de base, comme indiquer le chemin aux personnes égarées.

En première ligne de la sécurité publique

Un signe à l’extérieur d’un kôban.

Les kôban sont omniprésents au Japon. Ces « avant-postes » de police sont opérés par une équipe travaillant par rotation, composée d’agents issus de sièges de la police. Les kôban sont situés dans des zones considérées plus sujettes à la criminalité : gares, parcs et autres lieux publics. Ils servent à maintenir la sécurité publique au niveau local en agissant comme un point de contact entre la police et les citoyens. Ils fournissent des services importants tels que sensibiliser les gens aux potentiels problèmes de sécurité, recevoir les objets trouvés et administrer les incidents mineurs.

Pour beaucoup de personnes au Japon, la vue d’un officier de police debout à l’extérieur d’un kôban est rassurante : c’est un moyen de dissuasion efficace contre la criminalité. Ces petits postes non seulement gardent la paix, mais aussi aident piétons, cyclistes et conducteurs à trouver leur chemin. Les kôban ont généralement une grande carte détaillée du quartier. Beaucoup de gens n’hésitent pas aussi à demander leur chemin aux agents, toujours prêts à rendre service avec leur grande connaissance géographique du quartier.

Les kôban dans les zones urbaines opèrent généralement 24 heures sur 24. Les agents de police effectuent des patrouilles à pied, à vélo, à scooter ou en voiture pour faire face aux incidents et aux activités criminelles. La collecte d’informations et l’écoute des préoccupations des citoyens sont aussi des devoirs importants des omawari-san, un terme qui désigne les policiers et qui signifie « messieurs qui font des tours ».

Pour la société grisonnante du Japon, ces postes de police assument un rôle clé dans la protection du bien-être des citoyens âgés. Les policiers les conseillent contre les escroqueries par téléphone et autres moyens visant principalement les personnes âgées. Ils localisent celles et ceux qui, atteints de démence, errent à l’extérieur ou sont portés disparus : c’est un problème qui prend de l’ampleur au Japon.

Un Patokâ (voiture de police) patrouillant autour du parc d’Ueno à Tokyo. (Photo : midorisyu)

Des kôban de plusieurs sortes

Les postes de police avec résidence, les chûzaisho, sont fréquents en banlieue et dans les zones rurales. À la différence de leurs équivalents urbains, ils sont dotés d’espaces de logement pour les agents et leurs familles. Selon les chiffres du Bureau de la sécurité communautaire, il y avait 12 807 postes de police dans tout le Japon en 2014, avec un nombre à peu près égal de kôban et de chûzaisho.

Dans beaucoup de kôban de petite taille, il peut y avoir des périodes où il n’y a pas d’agent en service. Dans ces situations, un téléphone est mis à la disposition des résidents afin qu’ils puissent communiquer avec les autorités en cas d’urgence. Certains kôban à Tokyo disposent de panneaux d’information avec écran tactile affichant des cartes du quartier et d’autres informations essentielles.

Le kôban à l’intersection de Sukiyabashi dans le quartier de Ginza à Tokyo.

Certains départements de police déploient des kôban mobiles dans les zones dépourvues de postes de police permanents. Ces camionnettes spécialement conçues renforcent la communication entre la police et les résidents locaux en patrouillant les quartiers et servent de kôban temporaires lorsqu’ils sont stationnés.

Même dans les cas où il n’y a pas de kôban à proximité, les gens peuvent contacter la police en cas d’urgence en composant le 110. Pour les cas non urgents, comme discuter des problèmes de sécurité du quartier, les citoyens peuvent appeler le 9110.

Le système de kôban à l’étranger

Depuis les années 1980, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et le Département de la police métropolitaine de Tokyo collaborent pour introduire le système de kôban dans des pays d’Asie et d’Amérique du Sud. Singapour a été la première nation à le faire en 1983, en l’adaptant à ses propres habitudes et besoins de police sous le nom de « Koban Way ». Depuis 1997, la cité-État a également travaillé avec le Japon pour fournir des programmes de formation à d’autres pays cherchant à établir un système de kôban.

Les kôban servent aussi de refuge pour les enfants ayant besoin d’assistance.

Le Brésil, pays hôte de la Coupe du monde de football en 2014 et des Jeux olympiques d’été en 2016, a adopté le système de kôban pour améliorer la sécurité publique dans les quartiers fortement affectés par la criminalité. Avec l’aide d’experts de la JICA et de la police, le programme brésilien de kôban s’est développé à un niveau où il est désormais impliqué dans la coopération Sud-Sud avec plusieurs autres pays d’Amérique latine.

Les kôban continuent à se faire connaître à l’étranger, avec des postes de police apparaissant à Manhattan ou à Waikiki, ainsi que des pays tels que la Corée du Sud, Taïwan et l’Indonésie. Récemment, la Chine a également introduit un système similaire. Au Japon, les kôban, grâce à leur accessibilité, maintiennent leur rôle important de première ligne de la sécurité publique.

(Photo de titre : le kôban à l’intersection de Sukiyabashi dans le quartier de Ginza à Tokyo. Photo de la voiture de police : midorisyu)

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