Série Le b.a.-ba du Japon
« Sadô », l’art traditionnel japonais de la cérémonie du thé
[04.12.2016] Autres langues : ENGLISH | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Sadô, également appelé chadô ou chanoyu, est l’art traditionnel japonais de la cérémonie du thé. Bien qu’elle tire ses origines des rituels zen chinois, la cérémonie a évolué à travers les siècles en intégrant divers éléments de la culture japonaise : les peintures, les arrangements floraux ikebana et la cuisine kaiseki.

L’évolution de la « voie du thé »

La cérémonie japonaise du thé est un rituel très codifié, centré sur la préparation, le service et la dégustation de thé vert matcha dans des bols. Cette pratique, appelée sadô, chadô, chanoyu, ou bien simplement o-cha dans le langage courant, est vieille de plusieurs siècles. Elle est ancrée dans la pensée bouddhiste zen et conjugue art, appréciation de la nature et interaction sociale.

Le thé est arrivé au Japon depuis la Chine dans le VIIIe siècle de notre ère avec la diffusion du bouddhisme. Durant l’époque de Kamakura (1185-1333), Eisai, le fondateur de l’école de bouddhisme zen japonais Rinzai, a apporté de Chine des graines de thé ainsi que les méthodes de fabrication de thé en poudre, le matcha. Cette boisson a rapidement gagné en popularité parmi les moines bouddhistes puis graduellement dans tout le pays.

Dans l’époque de Muromachi (1336-1573), les membres des classes guerrières et aristocratiques organisaient régulièrement des chakai, de copieux banquets au cours desquels les invités dégustaient des bols de matcha soigneusement préparés. Ces événements très animés – le saké coulait à flots – et étaient l’occasion pour les élites de mettre en valeur leurs collections d’objets : céramiques importées de Chine, élégants rouleaux suspendus et peintures et accessoires de thé onéreux. Cependant, Murata Shukô, maître de thé du huitième dirigeant du shogunat Muromachi, Ashikaga Yoshimasa, met un terme à la consommation de saké et aux jeux de hasard au cours des chakai. Il encourage le wabi-cha, une approche qui met l’accent sur l’aspect spirituel de la cérémonie du thé.

Le maître du thé Sen no Rikyû (1522-1591) va transformer le wabi-cha pour en faire un véritable événement spirituel et solennel, en mettant l’accent sur les concepts d’harmonie, de respect, de pureté et de tranquillité. Cette approche est devenue le fondement de la cérémonie du thé telle qu’on la connaît aujourd’hui.

De gauche à droite : chawan (bol de thé), chasen (fouet en bambou) et chashaku (cuillère à thé en bambou) posé sur une boîte à matcha.

Raffiner l’art du thé

Dans ce perfectionnement de la cérémonie du thé, on trouve un des principaux enseignements de Rikyû : l’appréciation de la beauté simple et rustique des choses, un concept esthétique appelé wabi-sabi. Pour aiguiser les sens des participants, Rikyû tenait ses cérémonies dans une petite pièce sans ornements de la taille de deux ou trois tatamis (les dimensions traditionnelles du tatami sont environ 1 m x 1,9 m). La seule entrée de la chambre était un nijiriguchi, une porte basse et étroite qui obligeait les participants à s’accroupir. (Il est dit que ce type d’entrée a également été conçu pour empêcher les guerriers d’entrer avec leurs sabres, préservant ainsi une ambiance de paix dans la salle.)

Le thé était servi dans de simples bols. Avant d’entrer dans la salle, les invités se préparaient dans le roji, le jardin, qui où était recréée l’atmosphère calme et naturelle d’un temple de montagne. L’éclairage et les décors intérieurs étaient aussi en accord avec l’esprit de la cérémonie du thé. Les salles de cérémonies de thé aujourd’hui continuent à être influencées par le style de Rikyû.

Ses enseignements ont été transmis au fil des siècles par ses disciples et se sont développés au sein de trois écoles de thé : Omote-Senke, Ura-Senke et Mushakoji-Senke. Ces écoles partagent de nombreux éléments fondamentaux mais diffèrent sur des aspects tels que les méthodes de préparation du thé et les types d’ustensiles utilisés.

Le roji offre un environnement naturel aux invités pour se détendre avant d’entrer dans la salle de thé.

  • [04.12.2016]
Articles liés
Autres articles dans cette série 

Nippon en vidéo

Derniers dossiers

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone