Série Le b.a.-ba du Japon
Les cosmétiques japonais
[03.10.2017] Autres langues : ENGLISH | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Il existe au Japon une très grande variété de cosmétiques. Certains d’entre eux sont utilisés depuis des siècles tandis que d’autres sont fabriqués grâce aux dernières avancées scientifiques. L’industrie du cosmétique a su s'adapter à l'évolution des besoins des consommateurs en proposant constamment des produits innovants.

Que ce soit pour couvrir des imperfections, mettre en valeur certains traits ou exprimer sa personnalité, les produits de beauté japonais offrent une vaste gamme de choix pour répondre aux différents goûts des consommateurs.

Objectif : rester jeune

Pour les nombreuses femmes japonaises désirant avoir le teint clair, il est primordial de se protéger des rayons ultraviolets. Elles se protègent du soleil en portant des chapeaux, des gants allant jusqu’aux coudes ou encore des ombrelles. De plus, les crèmes solaires et les fonds de teint avec SPF (Facteur de protection solaire) sont des produits indispensables pour réduire l’exposition aux ultraviolets.

Par ailleurs, les boutiques de produits de beauté disposent d’une large gamme pour lutter contre les rides et les taches de peau, permettant aux utilisateurs de paraître et de se sentir plus jeune. Les grands magasins et les centres commerciaux proposent les lignes de produits des principaux fabricants de cosmétiques, tels que Shiseido, Kanebo, Kao, Kosé et Pola ou encore SK-II, et bien d’autres sociétés spécialisées dans les soins de la peau. Dans ces boutiques, des conseillers beauté de chaque marque sont présents pour orienter les clients dans leur choix.

On peut également trouver son bonheur dans les convenience store, les drugstores et les boutiques à 100 yens. Les mêmes marques que les boutiques spécialisées y sont présentes, mais sont également proposés des produits moins chers de fabricants comme Chifure ou Cezanne. En outre, les clients peuvent y acheter des accessoires comme des recourbe-cils, des masques de visage, des exfoliants et des hydratants.

Le Japon a une demande accrue pour des produits naturels et organiques, en particulier pour les personnes sensibles aux produits chimiques ou souffrant d’allergies. L’industrie s’est adaptée à cette nouvelle demande, mais elle n’est pas la seule : cette tendance récente a inspiré des sociétés spécialisées dans des domaines différents à appliquer les résultats de leurs recherches à la création de produits cosmétiques innovants. Le producteur de condiments Ajinomoto a développé sa propre ligne de produits de beauté à partir d’acides aminés ; le fabricant de boissons lactées Yakult propose désormais des cosmétiques à base de bactéries lactiques ; et le joaillier Mikimoto dispose d’une ligne de produits faits à partir de perles. D’autres entreprises, comme Fujifilm ou Suntory, se sont dernièrement lancés dans l’industrie de la beauté.

Des produits traditionnels qui ont fait l’épreuve du temps

Depuis plusieurs siècles, des cosmétiques faits à partir d’ingrédients naturels existent au Japon. Beaucoup de ces produits traditionnels connaissent un regain d’intérêt aujourd’hui grâce aux avancées scientifiques qui ont permis de mieux comprendre leurs propriétés particulières.

Un tel exemple est la luffa (courge éponge), appelée hechima en japonais. Depuis des siècles, les femmes des régions rurales ont utilisé du jus de la tige de cette courge pour ses propriétés hydratante et tonifiante, en l’appliquant directement sur les mains, le visage et d’autres zones sensibles. Appelé hechima-sui en japonais, ce jus fait toujours partie aujourd’hui des ingrédients de nombreux produits de beauté. Le son de riz, komenuka, est un autre produit naturel connu pour éliminer les imperfections, prévenir les rides et rajeunir la peau. Le komenuka est particulièrement riche en vitamines E et B2 et est toujours utilisé aujourd’hui dans les nettoyants visages et les masques de beauté.

Les artistes féminines, notamment les geishas, sont versées depuis des centaines d’années dans l’utilisation de produits de beauté traditionnels et naturels. Le saké n’était pas seulement une boisson consommée par les hôtes des geishas : elles en appliquaient quelques gouttes sur leurs mains afin de les hydrater. Le saké est une boisson riche en acides aminés qui permet d’éviter que la peau s’assèche. Aujourd’hui encore, on trouve de l’extrait de saké parmi la liste d’ingrédients de nombreux cosmétiques. L’huile de camélia, une excellente source d’acide oléique, était également utilisée pour hydrater et revitaliser la peau et les cheveux. On la retrouve fréquemment aujourd’hui dans les shampooings et les crèmes au Japon.

L’un des ingrédients traditionnels les plus insolites utilisés depuis longtemps au Japon sont les excréments de rossignols, ou guano. Riche en protéines, d’enzymes et d’autres composants bénéfiques, le guano était appliqué directement sur la peau pour la nettoyer et éclaircir le teint.

Le papier anti-gras fait à partir de washi est également utilisé depuis des siècles pour essuyer le gras du visage. Les fibres du papier japonais traditionnel, très fines, absorbent les huiles du visage tout en gardant les pores ouverts et propres. Un autre accessoire très apprécié au Japon est le Kumano fude de Kumano, préfecture d’Hiroshima. Habituellement utilisées en calligraphie, ces brosses faites de poils fins conviennent également à l’application de maquillage sur le visage.

Un ensemble de Kumano fude.

Un regard esthétique

Au Japon, agrandir son regard en appliquant de l’eyeliner, de l’ombre à paupières ou du mascara autour des yeux relève de l’art. La plupart des grandes marques proposent une vaste gamme de produits de maquillage des yeux. Au cours des dernières années, les faux cils ainsi que les extensions de cils connaissent un succès croissant. Ils sont notamment utilisés lors d’événements où l’on se fait abondamment photographier, tels que les cérémonies de mariage, d’entrée à l’âge adulte (seijin-shiki), d’entrée à l’université ou de remise de diplômes. On trouve aussi de plus en plus de salons spécialisés dans les cils. Pour les clients prêts à mettre la main au porte-monnaie, il est possible d’avoir des extensions longues et pouvant tenir jusqu’à un mois.

On note également une nouvelle tendance au Japon : de plus en plus de personnes cherchent à gagner du temps en se maquillant dans les transports en commun plutôt que chez eux. À tel point qu’une société de chemin de fer à Tokyo a décidé de limiter ce phénomène à l’aide d’affiches dans ces trains et stations. L’efficacité de ce genre de campagne publicitaire reste cependant à voir. Quoi qu’il en soit, le marché dynamique des cosmétiques devrait continuer à influencer fortement la société et l’économie japonaises pour des années à venir.

  • [03.10.2017]
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