[Diaporama] Les jours heureux de Misao et Fukumaru
La vieille dame, son chat et leur sourire

Ihara Miyoko [Profil]

[11.05.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |
Les charmantes expressions de Misao, née à l’époque de l’empereur Taishô, et les poses cocasses de son chat Fukumaru ; leur vie à deux, à la campagne : des scènes qui font naître sourire après sourire sur nos lèvres.

Misao et Fukumaru, recueil de photographies du quotidien attendrissant d’une vieille dame qui travaille tous les jours aux champs et de son chat Fukumaru, est aujourd’hui un best-seller. C’est l’œuvre de la photographe Ihara Miyoko (30 ans), qui vit sous le même toit que Misao, sa grand-mère. Ce recueil est né du souhait d’Ihara Miyoko de « garder une trace de la vie de sa grand-mère ». En 2003, alors qu’elle photographie Misao depuis trois ans, la famille s’enrichit de Fukumaru, un chaton blanc abandonné dans la grange des Ihara par une chatte errante. Depuis ce jour, Ihara Miyoko se consacre à capturer des images de ces deux membres inséparables de la famille.

« C’est en partie dû au fait qu’ils sont tous les deux un peu durs d’oreille, mais ma grand-mère et Fukumaru communiquent toujours par le regard, ils partagent un lien physique », explique Ihara Miyoko dans un sourire. « Quand je vois Fukumaru, imperturbable, toujours présent aux côtés de ma grand-mère, j’ai l’impression de me photographier moi-même quand j’étais enfant. »

Le paysage dans lequel Misao travaille aux champs évoque la campagne profonde, mais, en réalité, l’action se déroule sur la péninsule de Bôsô, dans la préfecture de Chiba. Actuellement, Misao a 87 ans et Fukumaru, 8 ans.

Le travail au grand air, la vie proche de la terre… nous pénétrons dans le quotidien d’une ferme à l’ancienne. Avec pour toile de fond le paysage qui évolue au fil des saisons, Misao ensemence ses champs, cultive fleurs et légumes, partage les bienfaits de la nature. Le théâtre de l’attendrissante vie quotidienne de Misao et de Fukumaru fleure bon une atmosphère aujourd’hui disparue des grandes villes ; l’intimité qui les relie, transcendant le langage, s’impose à nous.

« Lorsque j’observe la façon dont vit ma grand-mère, je ressens une force inconnue à ma génération. Elle se lève avec le soleil et se couche avec lui. Elle aime comme ses propres enfants tant ses légumes que son chat, et la qualité de sa récolte influe directement sur son bonheur. Elle ne se demande jamais à quoi rime son travail. Face à cette vie, je ressens une forte attirance et de l’envie. »

En quête de paysages uniques

Au fil des clichés de ces deux personnages, pris sur une longue période de temps, Ihara Miyoko perçoit de plus en plus nettement la valeur irremplaçable de ce quotidien. Les scènes qui s’offrent à elle sont happées par le passé avec chaque seconde qui s’écoule. Malgré une uniformité apparente, chaque jour est un moment unique, qui ne se renouvellera jamais à l’identique. Un sentiment qui s’est encore renforcé après la catastrophe du 11 mars 2011. La volonté — s’apparentant presque à une frénésie — de « conserver » des traces l’a poussée à multiplier les séances de photographie.

La vieille dame et son chat, leur intimité partagée au cœur des sublimes paysages pastoraux du Japon. Ce quotidien qui semble relever de l’évidence existera-t-il toujours dans cent ans ? Ihara Miyoko continue à actionner le déclencheur de son appareil photo avec ferveur, afin de transmettre ces images à ses petits-enfants et, le moment venu, à leurs petits-enfants.

Photographie : Ihara Miyoko
Texte : Komiyama Sakura (journaliste indépendante)
Avec la coopération de : Little more Co., Ltd

 

Misao et Fukumaru — profil

– Ihara Misao
87 ans. Vit dans la préfecture de Chiba depuis son mariage, il y a 64 ans. A consacré sa vie à l’agriculture. Aime les endroits ensoleillés.

– Ihara Fukumaru
Chat blanc, mâle, 8 ans. Poids : 5,6 kg l’été, 6 kilos l’hiver. Mis à bas dans la grange des Ihara par une chatte errante et recueilli par la famille. Malentendant de naissance, yeux vairons. Baptisé Fukumaru par Misao pour exprimer son souhait de voir le dieu du bonheur (fuku) arrondir (maru) les angles.

  • [11.05.2012]

Photographe. Née en 1981 dans la préfecture de Chiba. Diplômée du Nippon Photographic Institute, section journalisme de presse, en 2002, étudie ensuite sous la houlette du photoreporter Kenji Higuchi. Spécialiste des plongeuses en apnée de sa région d’origine, Chiba. Lauréate du premier Prix de photographie Yônosuke Natori (prix d’encouragement), Premier prix du Concours des jeunes espoirs pour la photographie documentaire et Prix d’encouragement du Prix Hikoma Ueno de l’Académie japonaise de photographie artistique. Le recueil Misao et Fukumaru (Little more) est sa première publication. http://whitemanekicat.p1.bindsite.jp/

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