[360° & Gigapixels] Patrimoine mondial sous la neige
Le village historique de Shirakawa-gô

Somese Naoto (photo)[Profil]

[29.03.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |
Parmi les paysages de neige, le village historique de Shirakawa-gô, le village de la rivière blanche, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco forme avec ses maisons de style gasshô, ou mains jointes en japonais, un spectacle inédit. Ce paysage de campagne, invitant à la nostalgie le cœur de tout Japonais, se pare en hiver d’un blanc manteau de neige pour nous offrir un spectacle d’une beauté incomparable. Nous vous présentons ici jusqu’au moindre détail du village de Shirakawa-gô, en vue panoramique 360° et en images gigapixels très haute résolution.

Le village historique de Shirakawa-gô est situé à l’extrême nord de la préfecture de Gifu le long de la rivière Shô, au pied du mont Hakusan. Ce village, avec ses rangées de maisons aux toits de chaume, est enchâssé dans une jolie région où sont préservés les paysages champêtres traditionnels du Japon. 

La zone montagneuse dans laquelle se trouve le village de Shirakawa-gô fait partie des régions du Japon connaissant le plus fort enneigement, avec parfois des entassements de plus de 2 mètres de neige. Les maisons de style gasshô, avec leurs toits de chaume très pentus, ont été conçues pour éviter l’accumulation de neige. Autrefois, lorsque les routes étaient coupées en raison de la neige, les villages étaient complètement isolés et, dans cet environnement en dehors de la civilisation, une culture particulière s’est développée et a pu être préservée.

Du fait du petit nombre de terres arables dans cette zone profondément enfoncée à l’intérieur des montagnes, l’élevage du ver à soie en espace fermé et la fabrication de poudre à canon y prospèrent à l’ère Edo. Les maisons s’agrandissent ainsi et adoptent des structures en 3 ou 4 niveaux pour pouvoir utiliser pleinement leurs greniers.

Le style gasshô est en fait un style kirizuma, c’est-à-dire un toit à double pente avec pignon central, en forme de livre ouvert renversé, pour lequel les toits de chaume sont en général rarement utilisés. Des fenêtres sont disposées dans l’ouverture centrale pour bien aérer et faire pénétrer la lumière du soleil dans les greniers où les vers à soie étaient élevés.

Bruno Taut, architecte allemand qui a séjourné longtemps au Japon, a visité Shirikawa-gô en 1935 et en a fait l’éloge, déclarant que « les maisons de style gasshô sont non seulement rationnelles mais également logiques sur le plan architectural » et a contribué ainsi à faire connaître ce village dans le monde.

Avec la construction du barrage de Miboro qui commence en 1957, un grand nombre de maisons de style gasshô situées le long de la Shô doivent être évacuées et 4 hameaux de Shirakawa-gô sont submergés. En outre, les maisons gasshô des petites agglomérations éloignées sont vendues et transférées dans les grandes villes pour être transformées en restaurants traditionnels ryotei ou sont détruites dans des incendies. Dans ce contexte, Ogimachi, le plus grand des hameaux situé en dehors du terrain prévu pour la construction du barrage, se mobilise pour préserver les maisons traditionnelles de style gasshô. L’Association pour préserver l’environnement naturel du hameau Ogimachi à Shirakawa-go est ainsi fondée en 1971 sur les trois principes « ne pas vendre », « ne pas louer » et « ne pas démolir ». Cinq ans plus tard, en 1976, la région est déclarée « Zone de préservation de constructions traditionnelles importantes » par le gouvernement japonais et, en 1995, elle devient la sixième région du Japon à être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco sous l’appelation « Villages historiques de Shirakawa-gô et Gokayama ». 

★Image gigapixels
Plus de 50 (et parfois même jusqu’à plus de 1000) images prises avec un appareil photo numérique sont fusionnées sur une seule image, appelée image gigapixels puisque le nombre d’éléments de l’image dépasse le milliard. La photo est prise au téléobjectif en fractionnant plusieurs dizaines de fois un seul et même angle, et une photo qui semble simplement être en perspective au premier abord présente avec netteté, en faisant un zoom à fort agrandissement, les plus petits détails.

Ce village offre un spectacle hors du commun en toute saison mais nous y sommes allés durant la période la plus fréquentée par les touristes, pendant les illuminations d’hiver en février, pour prendre le village blotti sous son manteau de neige lustré. Nous avons en outre utilisé des images gigapixels cette fois-ci pour montrer jusqu’au moindre détail du village de la rivière blanche. Vu du belvédère de Shiroyama, le village illuminé offre au premier abord tout le calme d’une nuit de neige en campagne. Mais un zoom sur la rue principale permet de découvrir l’animation des rues avec leurs nombreux touristes.

Shirakawa-gô a su se développer comme site touristique et se faire apprécier par de nombreux visiteurs tout en préservant avec soin la beauté de la nature et de ses maisons traditionnelles. Venez découvrir, sur une seule image en gigapixels, les deux visages de ce village féérique. 

Sites de photographie

1- Vue de nuit du belvédère de Shiroyama (Gigapixels)
2- Temple Myôzenji (Gigapixels)
3- Les alentours du Myôzenji (Vue panoramique 360°)
4- Maison de la famille Wada (Vue panoramique 360°)
5- Parc des maisons de style gasshô (Vue panoramique 360°)
6- Alentours de la maison de la famille Katô (Vue panoramique 360°)

Photo : Somese Naoto, avec la coopération de l’Office du Tourisme de Shirakwa-gô


  • [29.03.2012]

Photographe. Né en 1964 au Japon, à Yokohama, dans le département de Kanagawa. Diplômé du département de photographie de la Faculté des Arts de l’Université Nihon. Spécialiste des portraits. A travaillé pour de nombreuses revues et participé à la réalisation de recueils de photos. Passionné par la nouvelle technologie des photos immersives à 360°.

website:http://www.naotosomese.com

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