Dossier spécial Politique énergétique : le Japon à la croisée des chemins
Diversifier les sources d’énergie pour faire face aux risques

Murakami Tomoko [Profil]/Nishida Naoki [Profil]

[28.11.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

En juin 2012, dans le cadre du débat sur la future politique énergétique, le gouvernement a rendu publics trois scénarios sur l’évolution de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Murakami Tomoko et Nishida Naoki de l’Institut japonais en économie des énergies examinent ces trois scénarios et nous proposent leurs conclusions sur le mix énergétique idéal pour le Japon.

Le 29 juin 2012, plus d’un an après l’accident à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, la Conférence gouvernementale sur l’énergie et l’environnement, présidée par le ministre d’État chargé de la stratégie nationale, a proposé trois scénarios(*1) de refonte de la stratégie énergétique actuelle. La politique énergétique adoptée en conseil des ministres en 2010 préconisait de porter la part du nucléaire à plus de 50% de la production d’électricité d’ici 2030(*2). La nouvelle proposition, basée sur une réduction de la consommation d’énergie de 10%, présente trois scénarios en fonction de l’évolution de la part du nucléaire dans la production d’électricité, qui sera ramenée à 0%, 15% ou 20-25% en 2030. Dans le même temps, le recul du nucléaire profitera aux énergies renouvelables et fossiles, dont la part sera portée, en fonction du scénario choisi, à 35%, 30% ou 25-30% pour les énergies renouvelables et 65%, 55% ou 50% pour l’énergie fossile. Le détail des trois scénarios proposés est présenté dans le tableau 1.

A l’heure où le Japon doit renforcer son indépendance énergétique, stimuler la croissance et répondre aux préoccupations environnementales, quel est le mix énergétique le mieux adapté ? Nous allons examiner la signification de chacun des scénarios envisagés et tenter de fournir une réponse à cette question.

Le choix du mix énergétique : la formule « 3E+S+M »

Le choix du mix énergétique doit s’appuyer sur l’étude de certains facteurs, résumés dans la formule « 3E+S+M ». Ces cinq éléments sont :

1. La sécurité énergétique (E1)
Pour le Japon, nation pauvre en ressources énergétiques (avec un taux d’autosuffisance de 4%), la stabilité de l’approvisionnement en énergie est cruciale pour le bon déroulement de la vie quotidienne et de l’activité économique.

2. Le respect de l’environnement (E2)
Le CO2 émis durant la production d’énergie compte pour environ 90% des gaz à effet de serre. La lutte contre le réchauffement climatique et la stratégie énergétique sont deux éléments indissociables, qui nécessitent une approche globale.

3. L’efficacité économique (E3)
La stabilité du quotidien et la compétitivité industrielle dépendent d’une énergie fiable et bon marché.

4. La sécurité (S)
La sécurité est un élément essentiel dans l’approvisionnement en énergie et son utilisation.

5. L’impact macro-économique (M)
Le possible impact négatif de certaines politiques sur le quotidien d’une partie des habitants ou sur l’activité économique doit être minimisé dans la mesure du possible (impact sur la facture d’électricité ou sur le PIB).

Chaque source d’énergie présente ses propres caractéristiques et aucune n’est parfaite. Nous allons maintenant étudier les points forts et les points faibles de chacune d’entre elles, du point de vue de la formule 3E+S+M.

(*1) ^ « Les choix énergétiques et environnementaux », Conférence sur l’énergie et l’environnement [EN]

(*2) ^ « Le processus de décision pour la nouvelle stratégie énergétique », ministère de l’économie et de l’industrie, 18 juin 2010 [EN]

  • [28.11.2012]

Directrice du groupe Energie nucléaire de l’Institut japonais en économie des énergies depuis 2007. Diplômée en ingénierie nucléaire de l’Université de Tokyo en 1990, puis d’un troisième cycle en 1992. Intègre la JAPC (Japan Atomic Power Company) où elle participe au développement de nouveaux réacteurs, à l’analyse de la sûreté et au démantèlement des installations. Obtient en 2004 un MBA de l’Ecole supérieure d’administration de l’Université Keio. Rejoint l’Institut japonais en économie des énergies en 2005.

Chercheur au sein du groupe Energie nucléaire de l’Institut japonais en économie des énergies. Diplômé en ingénierie atomique de l’université de Kyoto en 2001, puis d’un troisième cycle en 2003. Intègre la Compagnie d’électricité du Kansai où il participe à la gestion et la maintenance des installations. Rejoint l’Institut japonais en économie des énergies en 2011.

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