Dossier spécial La révolution du schiste et la politique énergétique du Japon
Le Japon et l’aspect géopolitique de la révolution du schiste

Taniguchi Tomohiko [Profil]

[11.01.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

La « révolution du schiste », qui promet aux États-Unis l’indépendance énergétique, offre au Japon, à peine sorti de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une nouvelle option énergétique. Mais à en croire Taniguchi Tomohiko, elle risque aussi, sur le plan politique comme économique, d’avoir des conséquences dangereuses auxquelles l’Archipel doit se préparer en « pensant l’impensable ».

On a dit que la révolution du schiste allait changer la donne aux États-Unis, mais rares semble-t-il sont les Japonais qui se rendent compte des répercussions qu’elle pourrait avoir sur l’économie du pays, sans même parler de son impact potentiel sur l’ordre mondial. Dans le texte qui suit, je vais me pencher sur quelques-unes des conséquences économiques et géopolitiques de grande portée auxquelles le Japon et d’autres pays doivent se préparer.

Penser l’impensable

Dans une perspective macroéconomique, la révolution du schiste va pousser les États-Unis et le Japon dans des directions opposées et inverser la relation économique sur laquelle la croissance économique du second de ces pays a reposé pendant la majeure partie de la période consécutive à la seconde guerre mondiale.

En permettant aux États-Unis de diminuer considérablement leurs importations de pétrole et, en fin de compte, de réduire à zéro leur dépendance vis-à-vis de l’étranger dans le domaine énergétique (si les prévisions à relativement court terme formulées par de plus en plus d’observateurs se réalisent), la révolution du schiste va pour le moins mettre un terme à la croissance du déficit de la balance courante des États-Unis et peut-être même inverser cette tendance de longue durée. En ce qui concerne le Japon, elle va accélérer un processus qui va exactement dans le sens contraire. Les chances de voir les importations d’énergie diminuer dans un avenir proche sont nulles pour les Japonais, à moins que leurs dirigeants politiques ne trouvent le courage de relancer la production des centrales nucléaires de la nation, ce qui semble hautement improbable. Si les politiciens américains et les autorités chargées de la réglementation décident d’ouvrir les vannes des exportations d’huile et de gaz de schiste, l’excédent commercial déjà en baisse que le Japon entretient avec les États-Unis va se transformer en déficit chronique et croissant — un scénario que le gouvernement et les dirigeants du monde des affaires n’auraient jamais pu imaginer il y a dix ans.

Pour le Japon, ce retournement historique va intervenir dans le contexte d’une évolution structurelle qui rend inévitable la détérioration à long terme de sa balance courante. La diminution de la population en âge de travailler s’accompagne inévitablement d’une réduction de l’épargne, et le compte des opérations courantes est toujours l’envers de la même médaille. Aujourd’hui, le rejet de l’énergie nucléaire par la population après la catastrophe de Fukushima, associé à la révolution américaine du schiste, menace de donner à cette tendance un coup de fouet que personne n’avait anticipé. Dans ces circonstances, les taux d’intérêt japonais sont voués à grimper et Tokyo va avoir de plus en plus de mal à trouver des acheteurs pour ses obligations.

L’essor de la production énergétique aux États-Unis risque en outre d’avoir des répercussions importantes sur le plan politique et dans le domaine de la sécurité. Si l’Amérique parvient à l’indépendance énergétique, le Moyen-Orient aura moins d’importance à ses yeux. Et sachant la place qu’occupe cette région dans sa conception de l’ordre mondial dont elle se veut le garant, on peut craindre un recul global de son engagement, avec toutes les conséquences que cela aurait en termes d’accroissement de l’instabilité au niveau planétaire. Or instabilité veut dire aggravation des risques pour les investisseurs et, en retour, hausse des taux d’intérêt. Au Japon, ces facteurs s’associeraient avec ceux que nous avons mentionnés plus haut pour exercer de nouvelles pressions à la hausse sur les taux d’intérêt. La menace d’une crise de la dette à la Grecque pourrait alors se profiler beaucoup plus vite qu’on ne le pense.

Tels sont quelques-uns des scénarios les plus alarmistes sur lesquels peut déboucher la révolution du schiste. Une telle situation nous contraint à penser l’impensable. Il se trouve malheureusement que c’est précisément cette forme de pensée qui fait depuis longtemps défaut aux décideurs japonais.

Les excédents du Japon se réduisent comme peau de chagrin

Entre 1998 et 2007, le Japon a enregistré la plupart du temps un excédent commercial annuel légèrement supérieur à 10 000 milliards de yen, avec un pic à 13 900 milliards en 1998 et un point bas à 6 500 milliards en 2001. Les séquelles de la récession mondiale ont ramené ce chiffre à 3 000 milliards en 2008 et 2009, mais il est remonté à 6 600 milliards en 2010, un niveau qui restera peut-être dans l’histoire comme celui du dernier excédent japonais digne de ce nom. En 2011, la balance commerciale de l’Archipel a plongé dans le rouge pour la première fois en 31 ans, avec un déficit de 2 600 milliards, un chiffre qui pourrait bien avoir quasiment doublé en 2012, quand le résultat sera connu.

En valeur absolue, cela représente une perte de près de 19 000 milliards de yens en quatorze ans. Exprimé différemment, cela équivaut au poids d’une économie moyenne comme celle du Chili, d’Israël ou du Portugal.

La balance des opérations courantes du Japon a récemment été le théâtre de changements tout aussi alarmants. L’excédent du compte courant, qui avait atteint 24 900 milliards de yens en 2007, va tomber en 2012 à un chiffre estimé à 4 300 milliards. Cette différence de 20 600 milliards — équivalente en gros au chiffre des ventes cumulé de General Motors et Ford — représente les emplois que le Japon a perdu au cours des cinq années que recouvre cette période. Un résultat de cet ordre suffirait à assombrir les perspectives de réélection de n’importe quel président américain.

Si l’on se tourne vers la balance commerciale entre le Japon et les États-Unis — que la révolution du schiste promet de bouleverser —, on constate que de grands changements sont à l’œuvre. Contrairement à la croyance des nombreux Japonais qui continuent de considérer les exportations vers les États-Unis comme la clef du redressement et de la croissance économiques, il se trouve que cette dynamique n’a plus cours dans le monde réel.

Pendant le plus gros de la décennie qui s’est amorcée en 1998, l’excédent de la balance commerciale du Japon avec les États-Unis a tourné autour de 7 ou 8 000 milliards de yens, atteignant même les 9 000 milliards en 2006. Mais suite à la crise financière mondiale, le chiffre est tombé à 3 ou 4 000 milliards de yens.

On voit donc que la situation de la balance commerciale du Japon et de sa balance des opérations courantes s’est brusquement détériorée dans les toutes premières années du xxie siècle. Comme l’ont souligné bien des analystes, l’accélération de cette tendance au cours des deux dernières années est le résultat direct de l’essor des importations de combustible fossile, lui-même dû à la nouvelle aversion des Japonais pour l’énergie nucléaire. Mais cette tendance à court terme cache un problème plus fondamental, à savoir que l’économie nippone a pratiquement perdu sa capacité à générer un solde d’encaisse positif.

Pris le marteau et l’enclume

La détérioration du compte courant du Japon est inextricablement liée à un autre profond changement : la fin du prétendu excédent d’épargne japonais.

L’Organisation de coopération et de développement économiques prévoit que le taux d’épargne des ménages japonais ne dépassera pas 1,9 % en 2012 — une petite fraction du chiffre annoncé pour l’Allemagne (10,1 %) ou même les États-Unis (3,7 %). Là encore, le point à ne pas manquer réside dans l’ampleur et le rythme de ce déclin. Alors que la baisse du taux d’épargne des ménages depuis 1995 s’est limitée à un point de pourcentage en Allemagne et aux États-Unis, elle a dépassé les 10 points au Japon (12,2 %) dans le même laps de temps.(*1)

Le secteur public, où le déficit est chronique, ne réalise à l’évidence aucune épargne. C’est uniquement au taux relativement élevé de l’épargne des entreprises que le pays doit son taux global de 22,9 %, mais là aussi le résultat est en baisse de 8,6 points de pourcentage depuis 1995. Et le taux d’épargne relativement élevé des entreprises n’est que l’envers de la médaille dont le faible taux d’investissement, reflet du ralentissement des affaires, constitue l’endroit. Ce qui, en retour, augure mal d’un redressement dans le secteur des ménages, qui est justement le lieu où la nécessité de l’épargne se fait sentir.

C’est là qu’interviennent le gaz et l’huile de schiste américains. À mesure qu’augmentent ses importations de combustibles fossiles en provenance des États-Unis, le Japon va voir ses excédents commerciaux de plus en plus modestes avec ce pays se transformer en déficits. Et le jour où celui-ci va exporter de grandes quantités de combustibles fossiles vers l’Archipel — qu’ils soient extraits du schiste ou des réserves conventionnelles disponibles en Alaska —, la fin d’une époque aura sonné pour l’économie japonaise.

Certes, me dira-t-on, le gaz et l’huile de schiste ne sont pas le fond du problème. On peut soutenir que, si le Japon doit importer du combustible, l’acheter à son allié américain offre des avantages incontestables en termes de sécurité. Outre cela, si le gaz naturel américain s’avère moins cher que celui que nous achetons aujourd’hui, qui est indexé sur le prix du pétrole, le Japon peut aussi y trouver son compte au niveau financier. Je reconnais volontiers que, tout bien considéré, le Japon a tout intérêt à dépendre de son allié pour ses importations énergétiques, et je me contenterai de souhaiter que, compte tenu de la place importante qu’il occupe en tant qu’allié des États-Unis, l’Archipel sera en mesure de peser de tout son poids pour négocier un tarif favorable.

Mais à partir du moment où le Japon sera devenu un importateur net vis-à-vis des États-Unis, le reste du monde prendra acte que son économie est sur le déclin et que son potentiel de croissance est profondément entamé. Le marché américain ne détient plus la clé de la croissance économique de l’Archipel et il n’existe aucun pays ni aucun marché capables d’absorber les exportations japonaises comme l’ont fait les États-Unis. Depuis 1988, les échanges avec la Chine se soldent tous les ans par un déficit pour le Japon. Même si, au bout du compte, nous achetons notre combustible à meilleur marché aux États-Unis, il est peu probable que cela suffise à améliorer de façon notable notre balance extérieure si nous ne sommes plus en mesure de vendre notre production aux Américains.

Une fois que la balance du compte des opérations courantes avec les États-Unis sera passée au rouge pour le Japon, notre balance mondiale ne tardera pas à suivre. À l’instar d’une entreprise dont l’activité principale perd de l’argent de façon chronique, nous finirons inévitablement par nous retrouver à court d’argent.

Il suffit de se souvenir de l’enchaînement des évènements en Grèce et au Portugal pour se rendre compte à quel point il est difficile d’empêcher les taux d’intérêt de s’envoler quand cette pénurie d’argent devient évidente aux yeux du monde. Lorsque l’endettement est tel que le remboursement du principal devient une cause perdue, la dette ne peut que continuer de gonfler.

Les répercussions géopolitiques

Jusqu’ici j’ai montré que la balance japonaise des opérations du compte courant avait tendance à se détériorer, puis j’ai expliqué en quoi l’augmentation attendue des importations énergétiques en provenance des États-Unis va accélérer cette évolution et j’en ai conclu que cela risque de déboucher sur une hausse des taux d’intérêt japonais et une dégradation rapide de la situation financière du pays. Tournons-nous maintenant vers les aspects politiques du problème.

S’il est vrai que le Japon est confronté à la menace d’une grave crise financière dans les années à venir, peut-être est-ce aujourd’hui sa dernière chance d’investir dans le renforcement de sa capacité de défense, et notamment de contrôle de ses côtes, pour contrer la montée en puissance de la Chine et ses ambitions territoriales. Aujourd’hui, alors que le tissu social du Japon reste solide et que les gens ont gardé un reste d’espoir dans la viabilité financière de leur pays, il est sans doute possible de présenter le surcoût de la dissuasion dirigée vers la Chine comme un investissement net dans la sécurité du Japon, propre à réduire globalement les risques auxquels il se trouve confronté. Mais ce sera de plus en plus difficile à mesure que le temps passe.

Les prédictions que j’ai faites ont également des implications pour l’alliance nippo-américaine. Tout au long de l’époque qui a suivi la seconde guerre mondiale, le Japon s’est acquitté de sa dépendance vis-à-vis de la puissance militaire des États-Unis en payant la facture de l’entretien des bases américaines sur son territoire. Mais l’équilibre entre les deux parties prenantes à cet échange risque d’être profondément bouleversé dans les années à venir. Certes, le Pentagone projette d’injecter davantage de ressources dans la région qui recouvre les océans Pacifique et Indien, mais la dégradation de la situation financière du Japon ne lui permettra pas de participer à cet effort. Cela devrait nous convaincre d’adopter toute mesure susceptible de renforcer l’alliance nippo-américaine sans aucun supplément de coût pour nous. Dans cette perspective, nous devrions faire bon accueil au déploiement de l’avion hybride Osprey et nous hâter d’inscrire dans notre constitution le droit de légitime défense collective.

Le Japon ferait bien aussi de repenser son aide au développement, en prenant acte que l’époque de prodigalité et la politique du carnet de chèques arrivent rapidement à leur terme. Nous allons devoir réduire la liste de nos projets d’assistance et celle des pays qui bénéficient de notre aide, pour concentrer l’afflux de nos ressources là où il s’avérera le plus bénéfique.

Tels sont quelques-uns des aspects politiques du problème, mais ils paraissent bien bénins si on les compare avec les répercussions planétaires de la révolution du schiste.

Un navire à la dérive ?

La relation sécuritaire forgée depuis la seconde guerre mondiale par les États-Unis avec les pays qui jouent un rôle stratégique au Moyen Orient fait partie des piliers sur lesquels reposait l’ordre international. Le partenariat (fondé davantage sur l’intérêt mutuel que sur des valeurs partagées) qui les unit à l’Arabie Saoudite, premier producteur mondial de pétrole est un pivot essentiel de ce mécanisme. C’est grâce à cette relation de coopération que l’envolée des prix du pétrole, entre autres choses, a pu être contenue quand les États-Unis et leurs alliés ont exercé des pressions économiques sur l’Union soviétique.

Entre autres moyens employés pour remercier les États-Unis, l’Arabie Saoudite a décidé de n’accepter aucune autre monnaie que le dollar en échange de son pétrole, si bien que tout l’argent de l’or noir s’est trouvé canalisé vers New York et le marché du dollar. Cette devise est devenue la seule autorisée pour le règlement des transactions, tout d’abord pétrolières, puis liées à tous les produits de base, ce qui a conféré aux États-Unis ce que les Français aiment à appeler un « privilège exorbitant ». Ce système du pétrodollar a dans une large mesure exempté les États-Unis des risques associés à la fluctuation des taux de change et mis les autres pays à la merci des politiques financières de Washington.

Aujourd’hui, à l’aube de la révolution du schiste, cet ordre mondial a commencé de s’effondrer.

La décision de laisser la Grande-Bretagne et la France mener les frappes aériennes qui ont chassé Kadhafi du pouvoir en Libye en 2011 a marqué un désengagement historique des États-Unis, qui exerçaient leur domination sur le Moyen Orient depuis 55 ans — depuis 1956 et la crise du canal de Suez, qui a mis fin à l’influence de la Grande Bretagne et de la France dans la région. On peut dire la même chose de la décision du président Barack Obama de retirer son soutien au régime du président Hosni Moubarak en Égypte pendant le printemps arabe, comme l’explique David Sanger dans son récent ouvrage Confront and Conceal. En choisissant de ne pas se mouiller, le gouvernement de M. Obama a montré le peu de prix qu’il attachait aux valeurs intangibles bâties par les États-Unis au Moyen Orient depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

En fait, le désengagement américain au Moyen Orient a commencé plus tôt, avec le retrait des forces armées des États-Unis d’Iraq et d’Afghanistan et le « rééquilibrage » opéré par le gouvernement Obama en faveur de l’Asie. La révolution du schiste est vouée a renforcer cette tendance.

Dans la mesure où je suis en train de prédire des évènements qui ne se sont pas encore produits, je ne dispose ni de faits concrets ni de chiffres à avancer. Mais je n’en pense pas moins qu’il n’y aura pas beaucoup de gens pour me contredire quand je suggère que les États-Unis vont se montrer beaucoup moins enclins à intervenir au Moyen Orient lorsqu’ils seront en mesure de satisfaire leurs propres besoins en combustibles fossiles. Une fois disparu ce puissant ancrage que représentaient les États-Unis, l’ordre en place va commencer à chanceler dans tout le Moyen Orient, y compris en Arabie Saoudite, jusqu’ici épargnée par le printemps arabe. Il ne fait pas de doute que Washington va demander à la communauté internationale de coopérer en vue de garder le contrôle de la situation, mais il est peu probable que la Chine et la Russie apportent leur soutien. Nous verrons alors à quel point le monde peut sombrer dans l’instabilité en l’absence d’une superpuissance incontestée.

Se préparer au pire

Rebutés par l’aggravation des risques, les investisseurs vont se retirer des marchés étrangers et le mouvement de mondialisation va s’inverser. L’ère des taux d’intérêt faibles et stables arrivera à son terme et le fléau de la hausse des taux frappera le plus durement les économies en difficultés. Le Japon, dont la capacité à générer des flux de trésorerie est sur le déclin, a de bonnes raisons de redouter cette vague, d’autant que sa dépendance vis-à-vis du pétrole du Moyen Orient accroît sa vulnérabilité.

Il est difficile de prévoir comment la Chine va relever de défi. Il ne fait pas de doute que Pékin va faire tout son possible pour instaurer une formule d’achat de l’or noir et autres ressources en renminbi, après quoi d’autres pays d’Asie de l’Est vont s’empresser de renforcer leur réserves de cette monnaie. La Chine pourrait y gagner grandement en termes d’influence politique.

Ce qui ressort de tout cela, c’est que la révolution du schiste exige d’être pensée en termes géopolitiques tout autant qu’économiques. Toutes les nations auxquelles l’ordre mondial en place s’est avéré bénéfique seront inévitablement perdantes si les États-Unis cessent de fonctionner comme une force de stabilisation internationale. Mais de nombreux facteurs convergent pour placer le Japon dans une situation particulièrement critique. Nous devons désormais nous atteler à minimiser ce risque.

Pour commencer, nos dirigeants politiques doivent transcender leurs différends pour parvenir à une compréhension commune des périls qui nous menacent. Ils doivent aussi s’efforcer de bâtir, au-delà des clivages entre partis, un soutien en faveur des grandes politiques qui doivent être mises en œuvre rapidement si l’on veut qu’elles le soient un jour.

En ce qui concerne la politique étrangère, nous devons donner un coup d’accélérateur aux initiatives en faveur de la coopération avec les autres « démocraties maritimes » tout en renforçant nos relation avec le monde anglophone. Le premier bloc est important pour nous du fait qu’il partage les mêmes valeurs et intérêts. Le second est essentiel parce qu’il joue un rôle clé dans la circulation de l’information, qui va prendre de plus en plus d’importance à mesure que l’avenir devient opaque. La politique étrangère du Japon doit doubler la mise sur la coopération avec des pays comme l’Australie, la Grande-Bretagne, le Canada et l’Inde.

(D’après un original écrit en japonais en novembre 2012. Photo de titre: A shale oil excavation site in Texas.)

(*1) ^ Perspectives économiques de l’OCDE (OECD Economic Outlook), no 92

  • [11.01.2013]

Secrétaire du cabinet d’Abe Shinzô, chargé de communication depuis janvier 2013. Il était professeur invité spécial à l'Université Keio et membre du comité de rédaction de nippon.com entre avril 2011 et janvier 2013. Né en 1957 dans la préfecture de Kagawa, il est diplômé de la faculté de droit de l'Université de Tokyo. C'est comme journaliste qu'il commence sa carrière, à la revue Nikkei Business, dont il devient membre de comité de rédaction, avant d'entrer au ministère des affaires étrangères, où il occupe d'abord les fonctions de porte-parole adjoint, puis de conseiller au département de diplomatie publique. Il a notamment été chercheur invité Fulbright au centre international de recherche de la Woodrow Wilson School de l'Université de Princeton, président de la Foreign Press Association de Londres, chercheur invité à l'Institut des études internationales de Shanghai (SIIS). Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Les monnaies brûlent : une histoire de la coexistence du yen, du yuan, du dollar, et de l'euro .

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