Dossier spécial Apprendre le japonais
Dossier « Apprendre le japonais » — prologue

Kawashima Shin [Profil]

[20.06.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Depuis quelques années, un nombre croissant de personnes apprennent le japonais. Aujourd’hui, dans « en profondeur », nippon.com zoome sur ces étudiants et leurs motivations.

L’apprentissage du japonais en hausse

Dans le monde entier, de plus en plus de gens apprennent le japonais. D’après une enquête menée en 2009 par la Fondation du Japon sur les établissements d’enseignement du japonais à l’étranger, 3,65 millions de personnes apprenaient cette langue tandis que 49 000 autres l’enseignaient. C’est une augmentation importante par rapport à 2006, où l’on comptait 2,97 millions d’étudiants et 44 000 professeurs. Toujours d’après la Fondation du Japon, en 2011, un total de 610 000 personnes ont passé le test d’aptitude en japonais, le JLPT.

Ceux qui apprennent le japonais le font par intérêt pour le pays ou, à défaut, se trouvent en contact avec lui par le biais de la langue. En ce sens, on peut se féliciter de l’augmentation du nombre d’apprenants. Bien entendu, ce n’est pas parce qu’on ne maîtrise pas la langue que l’on ne peut pas comprendre le Japon, et la langue peut parfois au contraire constituer un obstacle à l’intégration dans la société japonaise, comme l’ont découvert les Indonésiens ou Philippins venus dans l’Archipel pour y devenir infirmiers. (nippon.com « Le recrutement des infirmiers étrangers : une réforme s’impose »)

Néanmoins, il est certain que les personnes qui apprennent le japonais, s’intéressent au Japon et tentent de le comprendre à travers sa langue, jouent un rôle d’intermédiaire en le faisant découvrir à l’étranger. Le site nippon.com aussi, qui diffuse en plusieurs langues des informations et des opinions sur le Japon, propose des contenus adaptés à tous ceux qui étudient le japonais. Ces apprenants constituent une part importante de ses lecteurs potentiels.

Pourquoi apprendre le japonais ?

Ce dossier s’intéresse donc à tous ceux qui étudient le japonais et, plus précisément, aux raisons qui motivent leurs rangs toujours plus nombreux, à ce qu’ils recherchent en apprenant le japonais, ce qu’ils en retirent. Quels sont les enjeux de cet apprentissage ? Quelles difficultés rencontrent-ils en japonais dans leur relation avec la société japonaise, dans leur compréhension du pays ? Les locuteurs natifs n’ont souvent guère conscience de ces questions.

Par exemple, les motivations à l’origine de l’apprentissage du japonais étaient autrefois souvent économiques, ou liées à l’emploi, mais nous savons qu’aujourd’hui, elles sont de plus en plus liées à la culture pop. Mais comment cet apprentissage du japonais, né de l’intérêt pour les jeux vidéo et les mangas, est-il ensuite mis en valeur ? Nous peinons à l’imaginer. Ceux qui ont appris le japonais pour ces raisons jouent-ils ensuite plus aux jeux vidéo, ou lisent-ils plus de mangas ? Ou alors, leur intérêt s’étend-il à d’autres aspects du Japon ?

Voir le Japon sous un nouvel angle

Ce dossier vous propose donc de découvrir, en deux parties, ces personnes qui apprennent le japonais. La première partie s’intéresse à des étrangers qui parlent le japonais et sont actifs au Japon ou à l’étranger ; ils nous raconteront leur rencontre avec le japonais, leurs liens avec le Japon et leur parcours. Quatre d’entre eux ont accepté de se prêter au jeu : la romancière iranienne Shirin Nezammafi, qui écrit en japonais, le Britannique Angus Lockyer, professeur à l’école d’études orientales et africaines (SOAS) de l’université de Londres, l’économiste chinois Shen Cabin et l’Allemande Marei Mentlein, présentatrice des cours d’allemand sur la NHK.

Dans la deuxième partie, sur la base d’informations fournies par des professeurs de japonais et des chercheurs du monde entier, nous dresserons l’état des lieux de l’apprentissage et l’enseignement du japonais. Vue d’ensemble, enjeux, motivations, débouchés, questions liées à l’enseignement et à la recherche seront abordés.

J’espère que ce dossier sera pour vous l’occasion de découvrir le Japon sous un nouvel angle.

  • [20.06.2013]

Président du comité consultatif de rédaction de Nippon.com. Né en 1968 à Tokyo, il obtient en 1992 un diplôme de chinois à l'Université des langues étrangères de Tokyo. Il étudie ensuite à l'Université de Tokyo où il passe son doctorat en histoire. D'abord maître de conférence à l'Université de Hokkaido, puis le même poste à l'Université de Tokyo, il devient professeur à la même université en avril 2015. Auteur notamment de Chūgoku kindai gaikō no keisei (La formation de la politique étrangère chinoise moderne), 2004, et de Kindai kokka e no mosaku 1894-1925 (Vers un état moderne, 1894-1925), 2010.

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