Qu’est-ce que le « community design » ?
Les modèles communautaires de Yamazaki Ryô et Studio-L : un exemple pour l’avenir
[28.11.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

Yamazaki Ryô est community designer (concepteur de modèles communautaires). Avec Studio-L, l’entreprise qu’il a créée, il s’efforce d’aider des villes et des petites communautés locales à survivre et à retrouver leur dynamisme en dépit du déclin démographique qui frappe le Japon. Les modèles communautaires innovants qu’il a conçus pourront également s’appliquer aux grandes villes quand elles connaîtront des problèmes similaires, et ce non seulement au Japon mais aussi dans le reste du monde.

Yamazaki Ryô

Yamazaki RyôNé en 1973. Directeur du cabinet d’architecture urbaine Studio-L qu’il a fondé en 2005. Professeur à l’Université d’art et de design de Kyoto où il dirige le département de l’aménagement de l’espace. En tant que concepteur de modèles communautaires, Yamazaki Ryô a participé à de nombreux projets, ce qui implique l’organisation d’ateliers destinés aux citoyens soucieux de résoudre les problèmes de leur communauté et l’élaboration de plans d’urbanisme en accord avec la population locale. Il a aussi effectué des travaux d’architecture, d’aménagement paysager et de gestion des parcs en fonction des habitants des environs. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Community Design (Design pour une communauté) et Machi no kôfukuron (Comment vivre heureux en ville).

En l’espace d’un an, Yamazaki Ryô et son cabinet d’architecture urbaine, Studio-L, ont élaboré quatre-vingts projets d’aménagement en vue de redynamiser des communautés de tailles aussi diverses que des petits villages de quelques dizaines d’habitants, des villes de province et de grands centres commerciaux. Ces projets ont un objectif différent de ceux qui existaient jusqu’à présent dans ce domaine, dans la mesure où ils ne se contentent pas d’essayer d’enrayer le dépeuplement et de remettre en route l’économie des communautés locales. Le travail de Yamazaki Ryô repose en effet sur la conception de ce qu’il appelle lui-même un community design (un design pour une communauté), un processus qui consiste à commencer par encourager les habitants d’un lieu donné à se réunir pour résoudre eux-mêmes les problèmes propres à leur communauté, avant de dresser des plans.

Voici une interview de Yamazaki Ryô, concepteur de modèles communautaires, facilitateur pour une planification et fondateur de Studio-L, un cabinet d’architectes dont le siège social se trouve à Ôsaka et qui a réalisé des projets dans tout l’Archipel. Nous avons cherché à en savoir davantage sur les méthodes qu’il met en œuvre pour revitaliser les communautés locales et à comprendre pourquoi il s’intéresse autant à des projets réalisés en dehors des grandes agglomérations urbaines.

Le retour des communautés locales au premier plan

——Vous avez donné une série de conférences intitulée « Le furusato (village natal) au premier plan ». Pourquoi avez-vous choisi le terme de « furusato » et qu’entendez-vous par là ?

YAMAZAKI RYÔ  La population du Japon a stagné pendant longtemps autour de dix millions d’habitants. Mais durant l’ère Meiji (1868-1912), elle est passée à trente millions et elle a atteint le chiffre de soixante millions juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, 80 % des habitants de l’Archipel vivaient encore en milieu rural.

Après la guerre, la croissance démographique du Japon a repris de plus belle et à l’heure actuelle, le pays compte 127 millions d’habitants. L’accroissement de la population est allé de pair avec un dépeuplement des campagnes, si bien qu’aujourd’hui 80 % des Japonais résident en ville. Ce mouvement migratoire vers les villes est à l’origine du déclin et du vieillissement de la population des zones rurales.

Tant que la croissance démographique a été à l’ordre du jour, les grandes villes, c’est-à-dire les zones les plus peuplées, ont occupé le devant de la scène. Les Japonais se sont tournés vers elles pour trouver du personnel fiable, apprendre à vivre confortablement dans un espace confiné ou découvrir les dernières tendances de la cuisine.

Mais à partir de 2008, année où elle a atteint son apogée, la population du Japon a commencé à décroître. Et elle va, de toute évidence, continuer à le faire pendant au moins les quarante années à venir. La décroissance démographique a touché certaines zones rurales de l’Archipel qui ont déjà perdu une partie de leur population, et d’ici vingt à trente ans, ce phénomène concernera l’ensemble du pays. Ce qui veut dire aussi que les zones rurales auront alors un temps d’avance sur les grandes villes en termes de solutions au déclin et au vieillissement de la population.

Mais le problème ne se limite pas à un déclin démographique. Quand une zone jusque-là florissante voit sa population diminuer, elle peut en effet redevenir prospère à condition de prendre les mesures appropriées. Ce type de communauté doit servir d’exemple aux autres et c’est à lui que je pense quand j’utilise le terme « furusato ». Je crois que pour que le Japon reste pays en pleine santé, il faut que nous comprenions la dynamique relationnelle qui est à l’œuvre dans ces communautés locales.

  • [28.11.2013]
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