Une comédie romantique nostalgique qui porte la voix du Japon d’aujourd’hui
Mitani Kôki, réalisateur
[10.11.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Septième et plus récent film du réalisateur Mitani Kôki, Galaxy Kaidô (Route de la Galaxie) est actuellement sur les écrans. Metteur en scène de théâtre réputé, scénariste de films télé à succès, il est aujourd’hui le réalisateur japonais de cinéma spécialisé dans les comédies le plus célèbre. Nous avons demandé à Mitani Kôki, dont on connaît l’admiration qu’il porte aux films hollywoodiens de la grande époque, où se situait pour lui les fondamentaux de la comédie et quels étaient les points essentiels de son approche créatrice.

Mitani Kôki

Mitani KôkiNé le 8 juillet 1961. Il fonde une troupe de théâtre alors qu’il est encore étudiant en théâtre à la faculté des Arts de l’Université Nihon, et se lance dès cette époque dans l’écriture de fictions pour la télévision. « Lieutenant Furuhata Ninzaburô » marque ses débuts comme auteur de scénarios en 1994. En 1998, il remporte le Prix du meilleur scénario de l’Académie japonaise pour Radio no jikan (Welcome Back, Mr. McDonald), qui est également son premier film en tant que réalisateur. Parmi ses autres films en tant que scénariste et réalisateur : The Uchôten Hotel (Suite Dreams, 2006), The Magic Hour (2008), Suteki na kanashibari (A Ghost of a Chance, 2011), Kiyosu kaigi (« La Conférence de Kiyosu », 2013), etc.

Hommage au cinéma et aux séries télé américaines

C’est certainement depuis la série télé « Lieutenant Furuhata Ninzaburô » que le nom de Mitani Kôki est devenu familier à de nombreux Japonais. Cette série, Mitani Kôki en a écrit le scénario en hommage à Inspecteur Columbo, dont Mitani était un grand fan. Cette série, diffusée à partir de 1994, a connu trois saison.

Si « Furuhata » est bien une série policière, une différence majeure avec Columbo réside dans la nature de comédie très attrayante des dialogues entre l’inspecteur Furuhata et ses subordonnés. Un autre chef-d’œuvre de Mitani, « Douze gentils Japonais » (Jûninin no yasashii Nihonjin), fut créé pour la scène en 1990, avant d’être adapté au cinéma l’année suivante. Comme le titre le laisse deviner, c’est un hommage à Douze hommes en colère de Sidney Lumet, le film de 1957. Comme le film de Lumet, celui de Mitani se passe dans un tribunal, mais le traitement est une comédie.

Les films hollywoodiens des années 1950-60, les séries télé américaines, les dessins animés américains, sont le socle de l’inspiration de Mitani Kôki, aussi bien scénariste, metteur en scène de théâtre que réalisateur de cinéma.

« Quand j’étais enfant, tous les soirs un film occidental doublé en japonais passait à la télévision », raconte Mitani.

« En particulier, les films que ma mère, fan de cinéma, avait vus en salle dans sa jeunesse, passaient alors à la télé. Alors que je venais d’entrer à l’école primaire, je dévorai donc les films hollywoodiens des années 1950-60. »

Mitani Kôki sur le plateau de Galaxy Kaidô. © 2015 Fuji Television and Tōhō.

Inspiré par la mise en scène de Billy Wilder

Parmi les impressions les plus durables du jeune Mitani : Jack Lemmon dans Certains l’aiment chaud, L’Appartement, Irma la Douce, et Audrey Hepburn dans Ariane.

« Je devais avoir 8 ou 9 ans quand j’ai vu ces films, je n’avais aucune conscience de l’existence du réalisateur, Billy Wilder, derrière ces films. Ce n’est que beaucoup plus tard que je me suis aperçu que si j’étais attiré par ces films, je le devais surtout au talent du réalisateur. »

Dans son dernier film Galaxy Kaidô, qui est sorti au Japon le 24 octobre 2015, Mitani Kôki rend hommage aux comédies romantiques de Billy Wilder.

« L’œuvre de Wilder a eu une telle importance sur mon propre travail que j’avais envie depuis longtemps de réaliser une comédie autour de l’amour et du sexe. Comme il ne pouvait être question pour moi de le dépasser, il m’a fallu imaginer une approche différente. C’est pourquoi j’ai pensé développer mon expression personnelle à partir d’un élément de science-fiction ayant une distribution d’ensemble, genre que Wilder n’a jamais utilisé. »

Galaxy Kaidô se passe donc dans un troquet de hamburgers pas trop fréquenté, quelque part dans une colonie spatiale.

L’une des scènes-clés du film, la scène de l’« accouchement ». Pour Mitani Kôki, le film de comédie est un genre qui prend difficilement racine au Japon. © 2015 Fuji Television and Tōhō.

« Pour construire l’univers de ce film, j’ai imaginé le futur à partir de l’imagination des gens de ma génération, née dans les années 1960. Autrement dit, même si ça se passe dans le futur, je voulais que ce futur ait quelque chose de nostalgique. Un peu comme dans Les Jetson, ou de Perdus dans l’espace. »

Du point de vue formel, ce film reprend donc le concept « sitcom ».

« Pour moi, les vraies sitcom, ce sont les comédies américaines que je regardais dans mon enfance. L’unité de lieu est totale, les personnages n’évoluent absolument pas. Les personnages, identiques à eux-mêmes, font et refont toujours la même chose. De ce point de vue, Ma Sorcière bien-aimée, qui dura près de 10 ans, est un modèle du genre : vous pouvez regarder n’importe quel épisode au hasard, c’est toujours intéressant. Et moi, j’adore cette vision. Mon dernier film, c’est ça : si vous voulez, c’est une sitcom qui raconte l’histoire de Noa et Noé, un couple qui tient un petit troquet de hamburgers quelque part dans l’espace. À chaque épisode, un extra-terrestre différent pousse la porte. Et celui-ci, c’est l’épisode n°253. On peut continuer indéfiniment. »

  • [10.11.2015]
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