Apprendre le japonais avec Umino Nagiko, auteur de manga
[17.08.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Umino Nagiko est l’auteur, en collaboration avec la dessinatrice Hebizô, d’un manga intitulé Nihonjin no shiranai nihongo (Les Japonais ne savent pas parler le japonais) qui a eu un énorme succès. Elle s’est inspirée de son expérience en tant que professeur de japonais langue étrangère. L’article qui suit est basé sur une interview réalisée par Nippon.com, dans laquelle Umino Nagiko propose non seulement des conseils pour apprendre le japonais mais aussi des expressions peu courantes, situées aux marges de la langue de l’Archipel.

Umino Nagiko

Umino NagikoEcrivain et professeur de japonais. A conçu, en collaboration avec la mangaka Hebizô, un premier manga intitulé Nihonjin no shiranai nihongo qui s’est avéré un succès de librairie. Auteur de divers autres ouvrages dont un manga, Kokusaijin hajimemashita (Mes débuts en tant que citoyenne du monde), réalisé avec le dessinateur Yuzuka Masanari, et un livre intitulé Yamato kotoba tsukaikata zukan (Guide illustré des yamato kotoba), illustré par Nishiwaki Tadashi. Publie depuis peu des messages en japonais sur son compte Twitter @uminonagiko.

Tome 1 de Nihonjin no shiranai nihongo (Les Japonais ne savent pas parler le japonais)

Umino Nagiko est professeur de japonais langue étrangère. Forte de cette expérience, elle a réalisé, avec l’aide de la dessinatrice Hebizô, un manga intitulé Nihonjin no shiranai nihongo, qui a eu un succès foudroyant. À en juger par son titre qui peut se traduire littéralement par « Le japonais que les Japonais ne connaissent pas », cet ouvrage s’adresse en premier lieu aux Japonais à qui il propose une redécouverte de leur propre langue. Mais il est aussi très intéressant par la façon originale dont il met en scène un groupe de personnages – en particulier Haruko Kano, un professeur de japonais aux prises avec des élèves enthousiastes de nationalités très diverses – et surfe sur les cultures à travers des dialogues remplis de malentendus et de quiproquos comiques.

À ce jour, Nihonjin no shiranai nihongo a donné lieu à quatre tomes et un cahier d’exercices qui se sont vendus à plus de deux millions d’exemplaires au Japon. Il a été traduit en coréen, en chinois (Taïwan) et en français (Les Japonais ne savent pas parler le japonais, éditions Clair de Lune). Il a fait également l’objet d’une série télévisée sous-titrée en anglais diffusée par Yomiuri TV. Le manga d’Umino Nagiko et Hebizô aborde la langue japonaise sous des facettes très diverses, notamment les formes polies (keigo), les spécifiques numéraux (josûshi) et l’histoire des syllabaires hiragana et katakana. Les élèves bombardent leur professeur de questions embarrassantes et les discussions aboutissent souvent à une réflexion sur les différences linguistiques et culturelles entre le Japon et les autres pays. À l’origine, Nihonjin no shiranai nihongo était destiné à des lecteurs japonais, mais il est aussi à la portée de beaucoup d’étudiants étrangers du fait qu’il s’agit d’un manga.

Les spécifiques numéraux

  1. Quand on parle d’« une » pomme, on dit « ikko»  (一個), et d’« une » carotte, « ippon»  (一本).
  2. Les mots utilisés pour compter de cette manière sont des « spécifiques numéraux » (josûshi 助数詞).
  3. En anglais et en allemand, il n’y a pas de spécifiques numéraux. En revanche, le chinois, le coréen et le thaïlandais y ont recours.
  4. Rappelez-vous que pour « une » chose longue et fine – rivière, poireau, corde –, on utilise « ippon».
  5. Donc, pour « un » serpent, on emploie aussi « ippon», n’est-ce pas ?
  6. Pour « un » serpent, on dit « ippiki», parce qu’il s’agit d’un animal.
  7. Pourtant en Chine, on compte les rivières et les serpents avec le même mot tiao (条)…
  8. Les Japonais utilisent des spécifiques numéraux différents pour compter les êtres vivants et les choses inanimées.

(Tiré de Nihonjin no shiranai nihongo)

Mieux vaut utiliser la langue standard

Umino Nagiko a commencé par enseigner le japonais aux élèves d’un lycée d’Osaka. Dans l’interview qu’elle a accordé à Nippon.com, elle explique qu’elle s’est ensuite orientée vers le métier de professeur de japonais langue étrangère parce qu’elle pensait que ce serait plus intéressant de travailler avec des gens ayant délibérément choisi de se soumettre à cet apprentissage. Umino Nagiko n’a pas tardé à se rendre compte que ce n’était pas toujours le cas et qu’une grande partie de ses nouveaux élèves étaient obligés d’apprendre le japonais par leur entreprise ou leurs parents. Mais elle n’en a pas moins apprécié très vite l’ambiance multiculturelle animée des cours de premier niveau.

Le devoir (ci-contre)

  1. Tiens… C’est bizarre !
  2. Alors que tu travailles toujours si bien, Kim…
  3. Tu as fait beaucoup de fautes dans ton devoir. Qu’est-ce qui se passe ?
  4. J’ai pourtant demandé à un ami japonais de le faire à ma place !
  5. Va chercher cette personne et amène-la ici. Tout de suite.

(Tiré de Nihonjin no shiranai nihongo)

Un des thèmes les plus fréquents de Nihonjin no shiranai nihongo, ce sont les différences entre la langue très stricte des manuels et celle, souvent dialectale et familière, que les élèves entendent dans leur vie de tous les jours. Umino Nagiko raconte que des débutants lui ont demandé de leur apprendre le dialecte du Kansai (kansaiben) parlé à Osaka et ses environs. « Je leur ai répondu que j’aime le kansaiben mais que certains Japonais en ont horreur », précise-t-elle. D’après elle, mieux vaut parler la langue standard parce qu’elle est plus neutre et, de ce fait, davantage susceptible de convenir à tous.

D’un autre côté, ceux qui apprennent la langue de l’Archipel doivent être capables de comprendre non seulement le japonais enseigné dans les manuels mais aussi celui de la vie courante. Umino Nagiko ne pense pas qu’il est nécessaire de suivre des règles très strictes en matière de conversation. « Parfois, il vaut mieux improviser en fonction de la situation et utiliser un peu de kansaiben pour que la relation avec l’interlocuteur soit plus chaleureuse et la communication, de meilleure qualité. Mais je crois que la capacité de passer rapidement de la langue standard au dialecte varie grandement d’une personne à l’autre et que c’est à chacun de décider en fonction de ses possibilités. »

  • [17.08.2016]
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