Christophe Lemaire, le jockey français qui triomphe au Japon
[28.04.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 |

Le jockey français Christophe Lemaire ne s’est à peine installé au Japon depuis deux ans que déjà, il crée la sensation. Nous l’avons interrogé au sujet du monde hippique japonais, et sur sa vie quotidienne dans l’Archipel.

Christophe Lemaire

Christophe LemaireNé en France en 1979. Il a obtenu sa licence de jockey et commencé à monter professionnellement à l’issue de ses études secondaires en 1999. Il a visité le Japon pour la première fois en 2002, et dès cette époque, sur la base d’une licence professionnelle temporaire, il a participé à des courses locales chaque année pendant trois mois. En 2015, il est devenu le premier jockey étranger, avec l’Italien Mirco Demuro, à obtenir une licence permanente. Dès sa deuxième année, en 2016, il a abouti à un résultat remarquable : 186 victoires (2e au classement général) dont 4 en Groupe 1, courses de première catégorie, le meilleur taux de victoire (0,237) et les meilleurs gains.

2016, « l’année Lemaire »

En 2015, Christophe Lemaire a transféré entièrement la base de son activité de la France au Japon, et obtenu une licence professionnelle annuelle de la Japan Racing Association (JRA). L’année suivante, il multiplie les courses et accumule les victoires, obtenant un résultat impressionnant de 186 victoires sur l’ensemble de l’année.

Le 23 octobre 2016, il est devenu le premier jockey étranger à remporter la classique du prix Kikka-shô, une course du Groupe 1 pour chevaux de 3 ans. Pour Lemaire, c’était sa première victoire d’une classique au Japon.

Le week-end du 5 et 6 novembre, il a établi un nouveau record JRA de 10 arrivées consécutives en première ou deuxième position sur 10 montes en 2 jours, et a égalisé dimanche le record de Take Yutaka (datant de 2002) de 8 victoires en un seul jour.

Le titre du plus grand nombre de victoires s’est disputé jusqu’au dernier jour de la saison, le 25 décembre 2016. Si Lemaire s’est finalement incliné d’une victoire devant Tosaki Keita (186 victoires contre 187), il a néanmoins remporté la grande course de Groupe 1 qui clôt la saison, le prix Memorial Arima. Il a terminé avec les plus grands gains cumulés, le plus haut taux de victoire par monte, et le plus haut taux d’arrivée aux deux premières places, ainsi qu’aux trois premières places. Il n’est pas exagéré de dire que dans le monde des courses japonaises, 2016 fut l’année Lemaire.

Christophe Lemaire remporte le 77e prix Kikka-shô, sur Satono Diamond. Le 23 octobre 2016, à l’hippodrome de Kyoto (Jiji Press)

Le prix de l’Arc de Triomphe n’attend pas !

——Tout d’abord, félicitations pour votre victoire dans le prix Kikka-shô, le 23 octobre. C’est la première fois qu’une classique(*1) au Japon est remportée par un jockey étranger.

CHRISTOPHE LEMAIRE  Je vous remercie. Les classiques sont toujours quelque chose de spécial. Chaque classique est une chance unique pour un cheval. L’attention portée à ces  courses est différente des autres. Une victoire est un élément qui vous donne confiance en vous, et augmente énormément le crédit que vous accordent les fans comme les professionnels. Je suis très heureux d’avoir enfin remporté ce titre au Japon. Et je suis fier de laisser mon nom dans l’histoire des courses.

——C’était déjà Satono Diamond que vous montiez le 29 mai pour une autre classique, le Tokyo Derby(*2), où vous êtes arrivé deuxième.

C.L.  Nous avions perdu d’une toute petite marge face à Makahiki. On ne peut pas tout gagner. Satono Diamond avait donné le maximum, j’étais content de sa course. Bien sûr, il est frustrant de laisser passer une victoire de si peu, mais la semaine d’après est une autre course, le jockey ne peut pas rester sur une défaite.

——On a entendu dire que pour le Derby, le propriétaire de Makahiki vous avait demandé de le monter. Pourquoi aviez-vous préféré Satono Diamond ?

C.L.   Je monte Satono Diamond depuis ses débuts. J’avais prévenu le propriétaire de Makahiki que si les deux chevaux se trouvaient tous les deux alignés dans le Derby, je monterai Satono Diamond. Et celui-ci a très bien compris, et m’a gentiment proposé de le monter pour une prochaine course.

——Et ce fut le prix de l’Arc de Triomphe à Paris le 2 octobre 2016…

C.L.   Oui, j’ai eu la chance de pouvoir courir en France avec Makahiki. Le prix de l’Arc de Triomphe est l’une des plus grandes courses du monde. Je l’avais déjà courue, mais cette fois, c’était ma première expérience sur un cheval japonais venu spécialement du Japon…, une véritable émotion ! Malheureusement, le résultat n’a pas été à la hauteur (14e), mais j’ai remporté la course précédente (prix Niel). J’ai très envie de courir de nouveau le prix de l’Arc de Triomphe avec un cheval japonais l’année prochaine. Ce sera peut-être possible avec Satono Diamond.

——Les médias français vous ont-ils suivi de très près du fait de votre première course dans votre pays depuis votre transfert au Japon ?

C.L.   Les interviews se sont enchaînés les uns aux autres, c’était un véritable marathon médiatique (rires) ! Non seulement de la part des médias spécialisés, mais également des médias généralistes. Je pense que ça a été en même temps une bonne occasion de faire connaître un peu plus le monde des courses japonaises.

(*1) ^ Courses de la JRA du Groupe 1 réservée aux chevaux de 3 ans. Il en existe 5 : le prix Satsuki-shô, le prix Ôka-shô, le prix Yûshun Himba (ou Oaks), le prix Tokyo Yûshun (ou Tokyo Derby) et le prix Kikka-shô.

(*2) ^ Course du Groupe 1 pour chevaux de 3 ans, elle a lieu tous les ans entre fin mai et début juin. Son nom officiel est le prix Tokyo Yûshun. Le Tokyo Derby est une des courses de la « triple couronne », avec le prix Satsuki-shô et le prix Kikka-shô.

  • [28.04.2017]
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