Dossier spécial « Japonécologie » de la vie quotidienne
À l’école des abeilles de Tokyo
[31.03.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Sur les toits de Ginza, l’un des quartiers les plus animés de Tokyo, vivent les abeilles des ruches du Ginza Mitsubachi Project (Projet Abeilles de Ginza). Avec une tonne de miel récolté par an, elles constituent un élément à part entière de l’environnement et de la production locale. Le saké et les gâteaux au miel de Ginza ont d’ailleurs du succès. Le projet Abeilles de Ginza, qui fête ses dix ans d’existence, essaime aujourd’hui à l’international.

Une histoire née sur les toits

Les ruches du Ginza Mitsubachi Project, sur le toit du Kami Pulp Kaikan de Ginza

Quelque 400 000 visiteurs se pressent chaque jour à Ginza, où les plus anciennes maisons du Japon qui ont pignon sur rue depuis l’époque d’Edo côtoient les boutiques des grandes marques de luxe étrangères. Ce quartier de Tokyo a toujours été un véritable carrefour culturel. C’est ici que vivent aujourd’hui des colonies d’abeilles dans leurs ruches installées sur les toits, une population que les passants sont loin de soupçonner.

Les ruches appartiennent à l’ONG Ginza Mitsubachi Project (Projet Abeilles de Ginza). Ce projet original – pratiquer l’apiculture au beau milieu d’une mégapole – a été lancé en mars 2006 par Takayasu Kazuo, agriculteur, et Tanaka Atsuo, gérant d’une entreprise de location de salles de réunion à Ginza ; il est le fruit de la rencontre de M. Tanaka avec un apiculteur auquel il a ouvert le toit de son immeuble de Ginza. De là, les abeilles se ravitaillent en pollen dans les jardins du palais impérial et du parc de Hibiya, situés dans un rayon de trois kilomètres. Les abeilles, qu’on compare souvent à un baromètre de la pollution environnementale pour leur grande sensibilité aux insecticides agricoles, trouvent ici un environnement propice dans les jardins impériaux peu contaminés par ces produits.

De la consommation à la production

Le rayon d’action des abeilles de Ginza

Tanaka Atsuo, aujourd’hui président du projet Abeilles de Ginza, était autrefois ignorant du monde de l’apiculture, mais l’idée « d’élever des abeilles au cœur d’une mégapole coupée de la nature, et d’en tirer un produit » l’a immédiatement séduit.

« Je me demandais s’il était possible de produire quelque chose ici, en pleine ville. Depuis l’époque d’Edo, Ginza est avant tout un lieu de consommation ; produire du miel me semblait apte à éveiller la conscience des gens. Le quartier a toujours été pionnier, et seules les activités qui correspondaient au caractère de Ginza ont survécu, pour devenir des traditions et une culture. Le projet Abeilles de Ginza saura-t-il survivre à ce baptême du feu ? J’ai décidé de me lancer, pour voir la réaction des habitants », nous explique M. Tanaka.

Un employé recueille les rayons de miel d’une ruche.

L’équipe de l’ONG Ginza Mitsubachi Project se réunit une fois par semaine pour entretenir les ruches. Elle compte aujourd’hui 150 membres.

  • [31.03.2017]
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