Dossier spécial Du bon riz !
Retrouver le goût du riz cuit au fourneau à bois
« Le Dieu de l’autocuiseur » et «le Gourou du kama »
[16.01.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

Depuis son apparition en 1955, l’autocuiseur a bien facilité la vie des Japonais : il n’y avait besoin que d’appuyer sur un bouton pour préparer son riz quotidien. La technologie des autocuiseurs s’est hautement perfectionnée, jusqu’à « retrouver le goût du riz cuit au fourneau à bois ou à charbon (le kamado) ». Nous avons rendu visite à deux spécialistes incontestés, concepteurs d’autocuiseurs, surnommés l’un « Le Dieu de l’autocuiseur », et l’autre «Le Gourou du kama (marmite) ».

Parlons tout d’abord de M. Shimozawa Masayuki, ancien responsable de recherche et développement pour Tottori Sanyō Electric Co. Ltd., et inventeur du premier autocuiseur à induction électromagnétique en 1992. Il a développé plus de deux cents modèles d’autocuiseurs. Ses grandes connaissances concernant les diverses variétés de riz, les méthodes de décorticage et toutes les façons de le cuisiner l’ont fait surnommer « Le Dieu de l’autocuiseur ». Bien qu’à la retraite, il n’en continue pas moins à pénétrer toujours plus loin dans la connaissance du bon goût du riz en tant que concepteur.

M. Shimozawa, dit « Le Dieu de l’autocuiseur », possède quatre « machines » différentes chez lui.

 

De l’ère de la commodité à l’ère de l’excellence du goût

« Le meilleur riz cuit pour moi ? Eh bien on doit sentir chaque grain bien présent, une douceur ferme, pas d’impression de mouillé. Il doit induire une salivation naturelle et un arrière goût extrêmement simple. Voilà le goût que j’ai toujours cherché depuis plus de trente-cinq ans. »

M. Shimozawa est devenu responsable de la recherche et développement des autocuiseurs en 1975. C’était l’époque de haute croissance économique au Japon. Après les années 80, le marché de l’autocuiseur a complètement changé.

« Dans les années 70, toute l’importance portait sur la question de la rapidité, on demandait de préparer le riz plus vite et de façon plus commode. Du moment que le riz était cuit à cœur, c’était suffisant. À partir de l’apparition des autocuiseurs munis de micro-processeurs en 1982, la tendance est passée à la recherche d’un meilleur goût. »

« Le Dieu de l’autocuiseur » à la recherche du goût idéal

La proportion entre le riz distribué sous le contrôle de l’État et celui des labels indépendants sur le marché s’est inversée en 1987. À partir de 1992 environ, la distribution de riz « Koshihikari », de « Hitoméboré » ou de « Hinohikari », des marques indépendantes, a commencé. Cela a mis du vent dans les voiles pour la demande d’un riz cuit qui possède un meilleur goût.

« Avant les gens mangeaient du riz sans y penser, mais nous avons remarqué un changement de tendance des consommateurs vers un désir de manger du riz qui ait un vrai bon goût. Alors nous avons développé des autocuiseurs qui répondent à ce besoin. Le goût idéal du riz, pour les Japonais, c’est très exactement le goût du riz cuit sur le kamado [un fourneau traditionnel à bois ou à charbon]. Pour correspondre aux attentes des consommateurs, un autocuiseur doit reproduire ce goût. »

En 2002, nous avons mis sur le marché le modèle Odoridaki [à cuisson « dansante »], après toute une série de prototypes et de recherches. Cette technologie permettait de créer un vortex permanent dans l’eau en ébullition grâce à un système à pression variable. Autrement dit, on pouvait obtenir un grain cuit bien dodu, beau et luisant comme cuit sur le kamado. Malgré son prix élevé de cent mille yens, il a connu un grand succès commercial, et est devenu un produit symbolique du 21e siècle.

Créer un produit, mais aussi transmettre une émotion

 « À notre époque où le pays est plus riche et où chacun mange à satiété, les gens prennent de plus en plus conscience de ce qui constitue l’essence de l’alimentation, je pense. En d’autres termes, qu’est-ce que la vraie richesse ? C’est avoir du bon riz tous les jours sur sa table. En tant que concepteur, j’avais un désir très fort de transmettre une émotion avec nos produits, pas seulement créer pour produire. Les Japonais peuvent trouver le bonheur dans un bol de riz, si ce riz est délicieux. C’est une chose en apparence insignifiante, mais la réalisation de ce bonheur éminemment précieux de la vie quotidienne, je l’ai confié à l’autocuiseur.

Actuellement M. Shimozawa s’est engagé dans une série de conférences, sur les meilleures façons de cuire et de savourer son riz. Parallèlement, il forme des successeurs.

« La consommation de riz a baissé de moitié par rapport à il y a cinquante ans. Mais je suis sûr que la demande augmentera si on diffuse le vrai goût du riz exquis. C’est la raison pour laquelle je m’attache à propager une connaissance globale sur le riz, à commencer par la façon de le préparer, de façon à changer les mentalités. »

  • [16.01.2012]
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