Dossier spécial La mode nippone passe par les régions
Momotaro Jeans : le denim premium d’un village de pêcheurs
Des techniques et un souci du détail appréciés des amoureux du jeans du monde entier
[19.04.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le jeans, pièce maîtresse de la garde-robe dans le monde entier. Saviez-vous que le petit village de pêcheurs de Kojima, sur la mer Intérieure, à Kurashiki, en est un important centre de confection ? Cette production de qualité est appréciée à l’international et les jeans de Kojima commencent à s’imposer comme une marque à part entière.

Un haut lieu du denim japonais qui attire les amoureux du jeans

Le quartier d’Aoyama, à Tokyo, et ses boutiques de luxe. Une marque régionale de jeans possède sa boutique dans le nouvel immeuble emblématique du quartier, le AO Bldg. : Momotaro Jeans. Ses jeans, fabriqués dans une toile denim à la texture agréable et solide, sont confectionnés à l’ancienne. Pour la collection-phare « Going to Battle Label », il faut compter autour de 23 000 yens la pièce. Un prix élevé, mais qui séduit une clientèle principalement masculine, trentenaires et quadragénaires en tête.

Le berceau de la marque se situe à Kojima, un village de pêcheurs rattaché à la municipalité de Kurashiki ; c’est le lieu de naissance du jeans japonais et, aujourd’hui, la « Mecque » du denim. Kojima a longtemps prospéré grâce à la production textile : une histoire qui débute par la culture du coton dans les zones conquises sur la mer et se poursuit à l’époque d’Edo avec la fabrication des cordelettes pour poignée de sabre, puis celle des chaussettes tabi à l’ère Meiji, avant d’atteindre son apogée après la guerre grâce à la confection d’uniformes scolaires. C’est toujours à Kojima qu’au début des années 1960, le fabricant de textile Maruo Hifuku (aujourd’hui Big John) se lance dans la production de denim et donne naissance aux jeans japonais. Les techniques de couture à la machine de cette toile épaisse s’ajoutent au savoir-faire accumulé après-guerre dans la confection des uniformes scolaires, et Kojima devient en un clin d’œil le berceau de la production de denim.

Les ateliers de couture sont encore nombreux à Kojima. Chez Ryozan Mishin, la gamme de machines à coudre exposées raconte l’histoire du secteur, des machines anciennes pour la confection de tabi aux machines modernes utilisées pour les jeans.

Grâce à ces compétences techniques de haut niveau, Kojima devient synonyme de denim pour les marques japonaises comme étrangères, et les carnets de commandes se remplissent. Avec l’apparition des jeans à bas prix, le village se concentre sur la confection de produits à forte valeur ajoutée. S’appuyant sur le savoir-faire engrangé dans la sous-traitance et sur leurs compétences en matière de design, certaines entreprises lancent leur propre marque. Aujourd’hui, une trentaine de fabricants de jeans et plus de 200 entreprises du secteur assurent 40 % de la production japonaise de jeans. Et les acheteurs professionnels japonais comme étrangers, sans oublier les amoureux du jeans, font le déplacement jusqu’à Kojima.

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  • [19.04.2012]
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