Dossier spécial La mode nippone passe par les régions
La Soie de Kawamata : les grandes marques la portent aux nues
La soie la plus fine du monde, comme un « voile de nymphe céleste », prend son envol vers l’avenir
[20.04.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية |

Les tissus de soie ont représenté l’excellence japonaise à l’export, de l’ouverture du pays à la fin de la période d’Edo (fin du 19e siècle) jusque dans les années 1960. Puis, les soieries ont connu une période de marasme, dû à l’apparition des fibres synthétiques bon marché et de la concurrence étrangère. Néanmoins, à Kawamata-machi, une ville de la préfecture de Fukushima connue depuis des siècles pour sa production de soieries, on prépare la renaissance de cette industrie, grâce à une maîtrise technique qui situe la production aux plus haut niveau des standards mondiaux.

Le « voile de nymphe céleste », le tissu de soie le plus fin du monde


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« Fairy Feather », si fin qu’il laisse passer la lumière par transparence, comme « l’aile de l’éphémère »

Il est tellement léger qu’on a l’impression de porter un voile d’air, ou un voile de nymphe céleste. Le tissu de soie le plus fin du monde est une création de la ville de Kawamata-machi, dans la préfecture de Fukushima, l’un des principaux centres de production de soie du Japon. Pour ce tissu appelé Yôsei no hane (Voile de nymphe céleste) ou « Fairy Feather », le fil de soie utilisé est ultra-fin : 8 deniers, soit six fois plus fin qu’un cheveu (un cheveu ayant une épaisseur d’environ 50 deniers). Tissé en organdi (armure toile d’une extrême finesse), il nécessite un métier à tisser de milliers de fils de chaîne ultra fins.

Non seulement le Voile de nymphe céleste est le tissu de soie le plus fin du monde, mais la haute technicité de sa production de masse est également très appréciée. Cette excellence technologique lui a valu de recevoir le Prix du Premier Ministre du Concours National de la Création en 2012. Si la production textile japonaise aurait du mal à lutter en quantité face à celle des pays étrangers, on parle actuellement beaucoup de réunir des produits textiles compétitifs sur le plan de la qualité.

  • [20.04.2012]
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