Dossier spécial La modernité de l’esthétique traditionnelle
Les feux d’artifice d’Ômagari séduisent le monde entier
[09.10.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

Les feux d’artifice s’enorgueillissent d’une longue tradition à Ômagari (un lieu-dit dans la commune de Daisen à Akita). Le festival d’Ômagari est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes compétitions de feux d’artifice du Japon. Pourquoi connait-il un si grand engouement de la part du public ? Le secret est à rechercher dans le passé historique.

Un festival attire plus de 700 000 spectateurs en pleine zone rurale

Il existe une ville où les artificiers de tout le Japon se réunissent chaque année à la fin de l’été, couvrant le ciel nocturne des magnifiques réalisations de spectacles pyrotechniques. Cette ville, c’est Daisen, 88 000 habitants dans la préfecture d’Akita, au Nord du Japon. Plus de 700 000 spectateurs y accourent chaque année de tout le Japon pour assister au festival. La ville elle-même est située au cœur de la zone frappée par l’exode rural, et sa population décline irrésistiblement. Mais ce jour-là, c’est près de dix fois sa population habituelle qui emplit les rues, la gare et les supermarchés.

Ce grand festival, dont le nom officiel est « Compétition nationale de Feux d’artifice », mais que les gens préfèrent appeler « Le feu d’artifice d’Ômagari », a lieu chaque année le 4e samedi d’août. Il est organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ômagari et la ville de Daisen. C’est plus qu’une tradition, une véritable institution historique puisque la première édition eut lieu en 1910, il y a donc 103 ans. Le festival a certes connu des interruptions à cause des deux guerres mondiales, mais il a connu cette année sa 87e édition.

Les billets d’entrée s’arrachent

Sa très grande popularité s’explique par la qualité des feux qui y sont présentés, capables de faire s’extasier le public. En effet, il ne s’agit pas seulement d’un spectacle mais bien d’une compétition, et les artificiers rivalisent pour obtenir le Prix du Premier ministre. Ce sont leurs dernières créations que les artisans pyrotechniciens présentent à Ômagari, parfois en exclusivité. Et c’est cela que viennent chercher les fans.

En 2013, le festival avait lieu le 24 août. Comme chaque année, le bouche à oreille avait commencé à fonctionner longtemps à l’avance. Les billets ont été mis en vente par tirage au sort le 7 juillet. Une foule record de 3 164 personnes faisaient la queue dès le petit matin pour participer au tirage, au tarif de 21 000 yens par lots de 6 places. Cela fait tout de même un tarif élevé, et pourtant, tout est parti d’un seul coup.

Les spectateurs ont commencé à arriver à Ômagari en voiture plusieurs jours avant le festival, de Tokyo et d’Osaka, bien sûr, mais également d’Hiroshima ou d’Ehime, bref de tous les coins du pays. Les spectateurs sans billets ont passé jusqu’à deux nuits sous la tente pour être sûrs de trouver une place dans les espaces gratuits. Un jeune homme d’une vingtaine d’années, venu de Yokohama, exprimait son enthousiasme : « Le festival d’Ômagari est une expérience totalement différente de celle des autres feux d’artifice, et j’espère trouver une bonne place. Cela vaut la peine de faire la queue ». Le matin, à l’ouverture de l’espace, près de 6 000 personnes étaient déjà devant les portes.

  • [09.10.2013]
Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • Des broderies palestiniennes sur les ceintures de kimonoUne entrepreneuse culturelle japonaise, fascinée par les broderies traditionnelles palestiniennes aux motifs si colorés, est en train d’en diffuser l’appréciation parmi le public japonais en les adaptant sur des obi, les larges ceintures de kimono. Derrière cela, il y a également l’idée de former de nouvelles brodeuses et aider à la création d’emplois pour les femmes qui vivent dans les zones de conflit.
  • Cai Guo-Qiang : un artiste plasticien chinois profondément influencé par le JaponCai Guo-Qiang est un artiste plasticien chinois de renommée mondiale qui a la particularité d’avoir vécu au Japon de 1986 à 1995. C’est là qu’il a commencé à explorer les propriétés picturales de la poudre à canon et à réaliser des œuvres pyrotechniques (« événements explosifs ») devenues par la suite sa marque de fabrique, sa « signature ». Quelle place le Japon occupe-t-il dans le travail étroitement lié à la culture, l’histoire et la pensée de la Chine de Cai Guo-Qiang ? C’est la question à laquelle l’éditeur Demura Kôichi se propose de répondre dans le présent article.
  • Le secret du calme mystique des bols à thé RakuÀ l’heure actuelle, les bols à thé (chawan) raku de couleur noire font l’objet d’une attention croissante dans le monde. Le premier d’entre eux a été façonné par Chôjirô, le fondateur de la famille de potiers Raku, à la demande de Sen no Rikyû (1522-1691), le maître de la cérémonie du thé (cha no yu) qui a porté cet art à un degré de raffinement sans précédent. Pourquoi la beauté émanant de sobriété (wabi) de ces bols exerce-t-elle une pareille fascination, y compris en dehors du Japon ? C’est la question que nous avons posée à Raku Kichizaemon XV, descendant à la XVe génération du créateur de ces fameux chawan.
  • Les bols à thé en céramique Raku, un art d’avant-gardeSi la céramique dite Raku s’est acquis une rénommée mondiale, ses techniques traditionnelles, son histoire comme son esprit restent encore en grande partie inconnus du public. Nous allons tenter de découvrir ici l’esprit d’avant-garde caché dans ces bols destinés à la cérémonie du thé.
  • L’univers de Kawabe Takeo, artisan du bonsaïUn maître de 70 ans, Kawabe Takeo, est en train de révolutionner le monde du bonsaï, avec des chefs-d’œuvre inouïs qui remettent en question les formes conventionnelles. Les amateurs passionnés de ses œuvres sont particulièrement nombreux en Europe, où des connaisseurs font le déplacement au Japon pour une rencontre même fugace avec ses œuvres. Nous avons voulu en savoir plus sur la philosophie qui anime Kawabe Takeo et sa vision de la nature.

Nippon en vidéo

Derniers dossiers

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone