Dossier spécial Le Festival littéraire international de Tokyo
Le premier festival littéraire international du Japon
[22.04.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية |

La première édition du Festival littéraire international de Tokyo s’est tenue dans huit lieux différents de la capitale, du 1er au 3 mars. Ce festival réunissait des romanciers, poètes, éditeurs et traducteurs de premier plan pour trois journées d’événements stimulants, suivis par un public nombreux.

L’un des objectifs de ce festival était d’encourager une nouvelle forme de dialogue autour du livre. Les tables rondes réunissaient des intervenants d’horizons variés, qu’il s’agisse de leur pays d’origine ou de leur rôle dans le secteur de l’édition. Ces rencontres d’un genre nouveau entre auteurs, éditeurs et traducteurs ont permis de découvrir des similitudes inattendues et des perspectives nouvelles, tout en ouvrant la voie à des idées originales et des approches inédites.

Séances de la première journée sur le campus de Hongô de l’Université de Tokyo (à gauche) et à Roppongi Academy Hills (1er mars)

En haut de l’affiche de ce festival international, J. M. Coetzee, prix Nobel de littérature 2003, et Junot Díaz, lauréat du prix Pulitzer de la fiction en 2008 pour son roman La Brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao. Certains des auteurs les plus en vue dans le monde étaient présents, comme le prodige littéraire Jonathan Safran Foer et l’inclassable Britannique Geoff Dyer. Le maquettiste Chip Kidd, qui a élaboré l’édition américaine de nombreux ouvrages d’auteurs japonais, notamment ceux de Murakami Haruki, a également présenté son travail, en compagnie de certains des plus importants rédacteurs en chef de langue anglaise, représentant des périodiques comme Granta et le New Yorker. Les intervenants ont échangé points de vue et opinions sur les défis rencontrés par les éditeurs, les écrivains et les rédacteurs en chef autour du monde.

Séances de la deuxième journée, à la librairie-café Rainy Day (à gauche) et au café Genron à Gotanda (2 mars)

Parmi les auteurs japonais, des lauréats du prix Akutagawa comme Ikezawa Natsuki, Wataya Risa, Hirano Keiichirô et Kawakami Mieko, ainsi que des écrivains populaires comme Kakuta Mitsuyo et Furukawa Hideo. Shibata Motoyuki et Tokô Kôji, deux éminents traducteurs japonais et spécialistes de littérature internationale, ont endossé le rôle de modérateur tout le long du festival, aidant à établir des liens entre les participants et s’assurant du bon déroulement des événements.

Séances de la deuxième journée, à la maison internationale du Japon à Roppongi (à gauche) et au club Super Deluxe (2 mars)

Ce festival a été pour Junot Díaz l’occasion de réaliser un rêve, avec la participation du fameux auteur de manga Urasawa Naoki. Un dialogue animé s’est engagé entre les deux hommes, dans un climat de bonne entente manifeste, sur la capacité unique de la fiction à traiter des questions sociales. J. M. Coetzee a ouvert et clos le festival en lisant en avant-première, juste avant sa publication, plusieurs extraits de son nouveau roman, L’enfance de Jésus. Lors du gala d’ouverture, il était accompagné de Tanikawa Shuntarô, l’un des poètes les plus appréciés au Japon depuis soixante ans.

Séances de la troisième journée, à l’Université Waseda, Ibuka Masaru Memorial Hall (à gauche) et à bord de la ligne Toden Arakawa (3 mars)

Le festival s’est déroulé dans huit lieux différents à Tokyo, des imposantes salles des universités de Tokyo ou de Waseda aux hauteurs fastueuses de Roppongi Hills en passant par de confortables librairies-cafés et des discothèques aux lumières tamisées. Ishii Shinji a pris la littérature en marche, composant un récit sur le vif à bord d’un tramway de la ligne Toden Arakawa spécialement affrété pour l’occasion. Les images vidéo étaient diffusées simultanément à l’Université Waseda, où Jonathan Safran Foer et Chip Kidd participaient à une table ronde. Ishii Shinji, arrivé sur place à la fin de la discussion, s’est hissé sur scène, son manuscrit achevé à la main. Des photocopies ont été distribuées au public à la sortie de l’auditorium, à raison d’une page différente chacun : les gens étaient ainsi encouragés à se parler en échangeant leurs pages pour obtenir l’histoire complète.

Deborah Treisman, rédactrice en chef pour la fiction au « New Yorker », était à la fois modératrice et intervenante.

Deborah Treisman, rédactrice en chef pour la fiction au New Yorker, qui a participé au festival en tant qu’intervenante et modératrice, a confié ses impressions à nippon.com : « C’était fantastique de voir les écrivains étrangers et japonais interagir, de voir tout ce qui se produisait spontanément sur scène entre ces auteurs, qui ne se connaissaient pas du tout avant le festival, pendant qu’ils discutaient une question sous divers angles, ils se comprenaient et apprenaient à se découvrir.

« Lorsque nous lisons un texte, nous engageons en quelque sorte une conversation avec son auteur. Mais c’est une conversation à sens unique. L’auteur ne répond pas à nos réactions. La beauté, dans ces festivals, c’est ce troisième élément qui surgit. Je pense que pour les lecteurs japonais, cela a été une merveilleuse surprise. »

Quelque 2 500 personnes ont assisté aux trois journées de ce festival qui pourrait devenir un événement annuel.

(Crédits photographiques : Osawa Hisayoshi, Kawamoto Seiya, Okubo Keizo et Kodera Kei. Remerciements à la Nippon Foundation.)

  • [22.04.2013]
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