Dossier spécial La culture pop nippone se mondialise
Le moment est venu pour un nouveau Godzilla japonais
[19.08.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

Gozilla Resurgence, Shin Gojira dans la version originale, qui est sorti sur les écrans au Japon le 29 juillet dernier, est le premier Godzilla à sortir des studios japonais depuis 12 ans. Qu’est-ce que ce nouveau Godzilla japonais a de particulier à dire au monde ?

Dans une interview publiée sur Nippon.com, l’acteur Watanabe Ken, qui faisait partie du casting du Godzilla hollywoodien sorti en 2014 (réalisé par Gareth Edwards), avait déclaré : « [Avec Godzilla,] nous avions un thème magnifique à travailler, mais c’est une production étrangère qui a pris les devants, c’est tout de même un peu frustrant, il faudrait faire quelque chose ! » Eh bien, son vœu vient d’être exaucé, puisque Godzilla est finalement de retour au Japon, après 12 ans d’absence !

Anno Hideaki, extrêmement populaire à l’étranger grâce à des films d’animation comme la série Evangelion, est en charge du scénario et de la réalisation générale sur ce Godzilla Resurgence (titre international), alors que Higuchi Shinji, rendu célèbre par son film Attaque des Titans (2015), signe la mise en scène et des effets spéciaux.

Depuis le tout premier Godzilla en 1954 au Godzilla Final Wars en 2004, c’est la maison de production Tôhô qui a produit et distribué 28 films de la série Godzilla. Il est admis par tout le monde que la situation globale du cinéma japonais ne permet pas de rivaliser avec Hollywood tant au niveau des moyens financiers que des effets spéciaux CG/VFX, alors pourquoi avoir pris le risque d’un nouveau Godzilla aujourd’hui ? Nous avons rencontré Yamauchi Akihiro, directeur du département de la planification cinéma chez Tôhô et producteur exécutif sur Godzilla Resurgence, qui nous a expliqué ce que ce film avait d’important aujourd’hui, sur la base des commentaires donnés par Anno lors de la conférence de presse donnée le 19 juillet pour annoncer l’achèvement de la post-production du film.

Quelle est la différence du Godzilla japonais, par rapport à celui made in Hollywood ?

Tout d’abord, quand ce projet a-t-il été lancé ?

« Nous y avons réfléchi dès 2012, déclare M. Yamauchi. Puis j’ai frappé à la porte d’Anno Hideaki début 2013. Contrairement à l’époque où nous sortions un nouveau Godzilla par an (entre 1964 et 1975 —n.d.l.r.), cette fois, après un hiatus de 12 ans, il nous fallait comme réalisateur général une personnalité incontestable, susceptible d’affirmer l’identité artistique de ce Godzilla devant le monde entier. Avec sa série Evangelion mondialement célèbre et sa maîtrise des effets spéciaux japonais, Anno Hideaki était définitivement la personne qui convenait pour porter Godzilla. »

Pour Yamauchi Akihiro, le producteur, le moment était venu pour le Japon de sortir un nouveau Godzilla.

M. Yamauchi reconnaît que la version hollywoodienne était un bon film, avec un bon équilibre entre le film d’action et la complexité de la personnalité du monstre, chargée de la peur du nucléaire. Un film indéniablement d’« amoureux des films de Godzilla ». Mais concernant l’attitude hollywoodienne qui place le marketing international avant toute autre chose, le commentaire de M. Yamauchi est intéressant :

« Le marché global est une réalité que l’on ne peut ignorer, bien sûr. Mais nous nous plaçons essentiellement du point de vue du spectateur japonais. Le Godzilla hollywoodien était une réponse aux films de Godzilla, et nous, nous répliquons en disant : voici le Godzilla que le Japon d’aujourd’hui a envie de faire. »

La tradition du Godzilla « Dieu turbulent », qui se transmet depuis le premier du nom, est préservée. Cet aspect est mis en valeur dans le scénario dessiné par Anno Hideaki et a été particulièrement soigné. Le Godzilla de 1954 était un « enfant de la bombe atomique », un symbole de la guerre. Le nouveau Godzilla reflète surtout l’angoisse qui a frappé le Japon depuis la catastrophe du séisme de Tôhoku en 2011.

« Depuis 12 ans, ce qui a changé le Japon, avant tout, c’est l’expérience de la catastrophe. Nous aurions pu facilement tirer le film vers le fantasy, mais, en accord avec le réalisateur général Anno Hideaki, cela n’aurait eu aucun sens.

Avec une taille de 118,5m, le nouveau Godzilla est le plus grand de tous. Écrasant… (© 2016 TOHO CO., LTD.)

  • [19.08.2016]
Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • Connaissez-vous la mangaka Anno Moyoco ?Une exposition vient de retracer plus de vingt ans de carrière de la mangaka Anno Moyoco, célèbre pour plusieurs séries telles Hataraki Man ou Sakuran. L’exposition Strip ! s’est terminée le 26 septembre 2016.
  • Wonder Festival 2016 : l’univers des figurinesLe Wonder Festival été 2016, le festival dédié aux figurines « garage kit », s’est de nouveau tenu cette année au parc des expositions de Makuhari Messe.
  • Dragon Quest : une exposition à Tokyo pour les 30 ans de la série de jeux vidéoLa célèbre série de jeux vidéo Dragon Quest est aujourd’hui riche de 10 épisodes différents. Pour célébrer son lancement il y a 30 ans, l’exposition Dragon Quest Museum se déroule actuellement dans le quartier de Shibuya à Tokyo.
  • Babymetal : quand le heavy metal rencontre le kawaiiLe groupe d’idol Babymetal a pris d’assaut la scène mondiale du heavy metal avec un style de musique unique combinant riffs metal classiques et concerts explosifs, et des chansons sur des thèmes girly comme le chocolat. Le guitariste heavy metal de légende Marty Friedman, habitant de longue date du Japon, estime que le trio, qu’on les aime ou les déteste, donne un coup de pied dans la fourmilière du heavy metal.
  • La ville manga qui abrite les esprits japonaisMizuki Shigeru, décédé en novembre 2015, est connu pour l’extraordinaire quantité des yôkai (esprits naturels) qui hantent ses mangas. Les statues à leur effigie et autres attractions sur ce thème attirent aujourd’hui les touristes vers Sakaiminato, dans la préfecture de Tottori, ville natale de Mizuki.

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone