Dossier spécial Post 11 mars 2011 : les challenges
Quatre ans après le séisme, le Sanriku aujourd’hui (1ère partie)

Wada Naoki [Profil]

[16.03.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le 11 mars 2011, le littoral du Sanriku a été dévasté par le tsunami. Pour cette région déjà mal desservie, sans industrie notoire et minée par le dépeuplement avant même la catastrophe, l’anéantissement a été total. Quatre ans depuis、ne reste aujourd’hui, des zones sinistrées d’où les débris ont été déblayés, que d’immenses terrains vagues et vides. 1ère partie : Rikuzen-Takata, Tarô, Ôtsuchi.

Rikuzen-Takata : des courroies transporteuses dans le ciel

Il y a 4 ans, lorsque j’ai visité la zone urbaine de Rikuzen-Takata durant le mois suivant la catastrophe, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’étrange. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’observer les zones sinistrées immédiatement après le désastre, mais là, il y avait quelque chose de différent. C’est en regardant dans mon viseur que j’ai compris : il n’y avait pas de débris.

Toutes les autres zones ravagées par un tsunami sont couvertes jusqu’à perte de vue par les gravats et les débris. Tout le monde a en mémoire un paysage de ce genre comme image de la catastrophe du 11 mars. Mais ici, il n’y avait rien, absolument rien. Bien sûr, les débris n’avaient pas été déblayés. C’est juste que tout, absolument tout, avait été emporté au large par le tsunami. Rien qu’avec ça, se comprend toute l’horreur du tsunami qui a frappé dans cette région (photo 1).

Photo 1 : Rikuzen-Takata, 1er avril 2011

Rikuzen-Takata est l’une des régions du Sanriku qui a connu les plus graves dégâts par le tsunami ayant suivi le grand tremblement de l’Est du Japon. 3 368 maisons ont été détruites, avec 1 976 morts et disparus, soit environ 8% de la population. Je me souviens encore parfaitement aujourd’hui que le soir du 11 mars, un avion de reconnaissance des Forces d’auto-défense annonçait dans son reportage à la télévision : « Rikuzen-Takata, destruction totale ».

Aujourd’hui, à l’endroit où se trouvait autrefois le centre ville de Rikuzen-Takata, des courroies transporteuses sillonnent le ciel (photo 2). Dans le plan de reconstruction, la zone urbaine a été éloignée du littoral et le niveau du sol a été relevé. Les montagnes des alentours ont donc été excavées pour pouvoir remblayer et c’est la terre qui a été extraite que transportent ces courroies. Sur une longueur totale de 3 km. Ce qui permet, paraît-il, de raccourcir la durée des travaux d’un tiers par rapport au transport par camions.

Lorsque je suis allé dans la région l’an dernier, en octobre 2014, les remblais avaient déjà commencé à prendre la forme d’un plateau. Mais, sur le terrain de la ville d’autrefois, il n’y a toujours personne. Il n’y a que les courroies transporteuses qui, seules, continuent leur interminable travail.

Photo 2 : Rikuzen-Takata, 3 octobre 2014

  • [16.03.2015]

Photographe. Directeur de l’Association Japonaise des Photographes. Diplômé du Département Photographie de la Faculté des Arts de l’Université Nihon. Travaille au journal Sankei Living Shimbun, et à l’agence de publicité Dentsu avant de devenir indépendant. A remporté la 4e place du Prix de l’Association des Photographes publicitaires du Japon (2014), du Prix Ueno Hikoma de la Société Japonaise pour les Arts et l’Histoire de la Photographie (2001) et le 2e place du Prix Fujimoto Shihachi (2010).

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