Dossier spécial Sanctuaires shintô : suivez le guide !
Visite guidée d’un sanctuaire shintô [9] : Shintai/shinboku

Toya Manabu [Profil]

[11.10.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | Русский |

Le « support matériel de la divinité » (shintai) se trouve à l’intérieur du honden, auquel les visiteurs n’ont pas accès. Dans certains sanctuaires, c’est un objet sacré qui a souvent la forme d’un joyau, d’un miroir ou d’une épée (voir illustration ci-dessous). Dans d’autres, c’est un élément de la nature, par exemple une montagne ou un arbre (shinboku) vénérés comme une divinité.

Le support matériel de la divinité et les arbres sacrés

Exemples de shintai. De gauche à droite : miroir, joyau (magatama), épée, autrement dit les « trois trésors sacrés » de la maison impériale japonaise.

Le shintai (littéralement « corps de la divinité ») est le support matériel dans lequel l’esprit du kami tutélaire du sanctuaire est supposé résider. Il se trouve dans l’« espace intérieur » (naijin) du honden, l’« espace extérieur » (gejin) étant celui où les desservants accomplissent les rituels.

Les objets sacrés dans lesquels les kami sont censés résider sont souvent l’un des « trois trésors » – miroir, pierre sacrée en forme de croissant (magatama) ou épée – qui symbolisent la maison impériale japonaise. Ils ne sont montrés au public qu’en de très rares occasions.

Le shintô est un culte essentiellement fondé sur des croyances de type animiste dont les adeptes vénèrent la nature sous différentes formes. C’est pourquoi dans certains sanctuaires, le shintai est un élément ou un phénomène de la nature qui a un nom bien précis.

Kannabi, par exemple, s’applique à des montagnes sacrées remarquables par leur imposante beauté. Les plus célèbres sont le mont Fuji vénéré dans les sanctuaires Sengen (ou Asama), le mont Haku célébré dans les sanctuaires Hakusan (ou Shirayama) et le mont Tateyama qui fait l’objet d’un culte dans les sanctuaires Oyama.

Le terme iwakura fait référence à des formations rocheuses particulièrement énormes et majestueuses considérées comme sacrées. Les roches de Gotobiki iwa vénérées dans le sanctuaire Kamikura (préfecture de Wakayama), de Mitsuishi du sanctuaire éponyme (préfecture d’Iwate) et d’Iwakura du sanctuaire d’Hana no Iwaya (préfecture de Mie) figurent parmi les plus célèbres d’entre elles.

Quant à himorogi, c’est un mot qui désigne les forêts en tant que sanctuaires naturels et les vieux arbres de taille gigantesque considérés comme habités par des divinités (shinboku). Le grand camphrier de Kamô du sanctuaire Kamô Hachiman (préfecture de Kagoshima), celui de Kinomiya, vénéré dans le sanctuaire de Sugihokowake no mikoto (préfecture de Shizuoka) et le zelkova « arbre du dieu dragon » du sanctuaire Chichibu Imamiya (préfecture de Saitama), font partie des shinboku les plus fameux du Japon.

Arbre sacré (shinboku) du sanctuaire de Kagoshima jingû, à Kirishima, dans la préfecture de Kagoshima.

Shinboku du sanctuaire d’Awa, à Tateyama, dans la préfecture de Chiba.

Shinboku du sanctuaire de Tsurugi, à Echizen, dans la préfecture de Fukui.

Shinboku du sanctuaire de Shiogama, à Shiogama, dans la préfecture de Miyagi.

Lire le volet suivant—Visite guidée d’un sanctuaire shintô [10] : Shamusho

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(Photos : Nakano Haruo. Illustrations : Izuka Takeshi. Photo de titre : Arbre sacré du sanctuaire de Shiogama, préfecture de Miyagi.)

  • [11.10.2016]

Historien et desservant de sanctuaire shintô (kannushi). Spécialiste des recherches sur le shintô. Né en 1953, dans la préfecture de Saitama. Titulaire d’une licence ès lettres de l’Université Kokugakuin. Auteur de divers ouvrages dont Shintô nyûmon (Introduction au shintô) ; Fujisan, 2200 nen no himitsu (Le mont Fuji : un secret vieux de 2 200 ans), Sanshu no shingi – tama, kagami, tsurugi – ga shimesu tennô no kigen (Les trois trésors sacrés – joyau, miroir, épée – aux origines de la lignée impériale), Suwa no kami, fûin sareta jômon no chimatsuri (Les divinités de Suwa et les sacrifices rituels de l’époque Jômon) et Onmyôdô to wa nanika (Qu’est-ce que le onmyôdô ?) .

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