Dossier spécial Donner des couleurs à la gastronomie nippone
Des pièces de cuivre artisanales pour le thé et le saké
[03.11.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | Русский |

Les pièces artisanales tsuiki sont des plaques de cuivre travaillées grâce à un martelage répété qui permettra plus tard de confectionner des ustensiles raffinés pour la dégustation du thé ou du saké. Riche d’une histoire de plus de deux siècles, l’atelier Gyokusendô doit ses racines à l’industrie de la métallurgie de Tsubame, dans la préfecture de Niigata.

Un atelier ouvert au public

« S’il vous plaît, ne donnez pas trop de détails sur notre travail », telle est la requête de Yamada Ritsu, directeur général de Gyokusendô Tsubame, qui vient nous accueillir avant le début de notre visite de la maison-mère de ce grand nom de l’industrie du cuivre.

En haut : le siège de Gyokusendô, inscrite sur la liste du patrimoine du Japon. En bas à gauche : le directeur général de Gyokusendô, Yamada Ritsu. En bas à droite : pièces représentatives exposées sur les étagères de l’entreprise

« Tous les produits de Gyokusendô sont fabriqués à la main, et avec un effectif de seulement 21 artisans, nous ne pouvons pas assurer une production de masse », explique Yamada Ritsu.

« Grâce à la très bonne réputation dont nous jouissons auprès de nos clients, nous faisons rarement de la publicité. Nous n’avons pas non plus l’intention d’élargir nos canaux de vente. La raison pour laquelle nous permettons aux médias de visiter nos locaux, c’est que nous voulons encourager un grand nombre de personnes à venir voir notre atelier et à se rendre compte par elles-mêmes de la quantité d’efforts nécessaires pour fabriquer chacun de nos produits. »

Les produits artisanaux raffinés de Gyokusendô

Sans qu’il n’y ait besoin de réservation, l’atelier de Gyokusendô est ouvert au public pendant les heures de travail. L’objectif est de faire apprécier davantage aux visiteurs l’artisanat du cuivre tsuiki (une des techniques de martelage du cuivre). La première halte : un aperçu du processus de fabrication, où des artisans créent des échantillons spécialement pour les visiteurs. Les contours d’une seule et unique feuille de cuivre sont tout d’abord travaillés, ou « élevés », grâce à un maillet en bois. Ensuite, l’artisan frappe avec un marteau, en réduisant son diamètre pour façonner la forme finale que prendra la pièce. Ce travail nécessite énormément de temps et de travail pour parvenir à un objet en trois dimensions.

L’artisan procède dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en commençant par la feuille de cuivre sur la gauche. D’ordinaire, plusieurs pièces sont fabriquées en même temps au terme d’un processus de fabrication long et laborieux. Mais si chaque pièce était fabriquée une par une, du début à la fin, cela prendrait plus de deux semaines pour parvenir à la version finale du produit.

« Nos bouilloires à thé coûtent plus de 50 000 yens, même pour les moins chères dont les becs verseurs sont fabriqués séparément et attachés après la mise en forme des récipients principaux », explique Yamada Ritsu. « Ceux que nous appelons kuchi uchidashi, ou « becs pilés », avec chaque partie de la bouilloire faite à partir d’une seule feuille de cuivre, coûtent environ 500 000 yens. On comprend la raison d’un tel prix lorsqu’on est réellement face au produit, et encore plus si vous constatez de vos yeux notre travail minutieux dans l’atelier. »

« Si les gens qui possèdent déjà des pièces de cuivre tsuiki peuvent assister à notre travail, ils les chériront encore plus, et les traiteront avec le plus grand soin. Mais si vous lecteurs se satisfont d’une visite virtuelle de l’usine à travers cet article, alors plus personne ne voudra faire le voyage pour venir nous voir. Donc, gardez un peu de mystère (rires). J’invite tout le monde à venir visiter l’atelier au moins une fois. »

Ces deux théières kuchi uchidashi sont identiques, à ceci près que celle de droite est neuve et que celle de gauche est utilisée depuis 50 ans. « Ces théières s’embellissent avec le temps. On nous demande souvent de vendre celle de gauche, ce qui nous met dans une situation quelque peu délicate », explique Yamada Ritsu.

  • [03.11.2017]
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