Dossier spécial Promenons-nous à Asakusa
Les tambours du monde entier se trouvent à Asakusa
Taiko-kan (La Maison du Tambour)
[07.05.2014] Autres langues : ESPAÑOL | العربية | Русский |

Différentes tailles et formes de tambours existent depuis les temps les plus anciens au Japon. Le tambour est en particulier indispensable à tout matsuri (festival traditionnel). À Asakusa se trouve un musée du tambour qui présente non seulement les tambours japonais mais une collection unique de tambours du monde entier.

À l’époque d’Edo, le tambour était profondément enraciné dans la vie des gens des classes populaires. Dans les villes « sous le château », c’est à dire qui s’étaient développées autour du château d’un daimyô, les heures étaient sonnées par les tambours, et toute ville possédait au moins un facteur de tambours. La maison de commerce Miyamoto Unosuke Shôten fut fondée en 1861 comme commerçant en tambours dans la ville de Tsuchiura, dans la préfecture d’Ibaraki.

Des tambours japonais

« De nos jours, les tambours sont essentiellement considérés comme des instruments plaisants, pour le rythme et leur son », explique Mme Suzuki Hiromi, chargée des relation publique de Miyamoto Unosuké Shôten, « mais avant qu’ils deviennent des instruments de spectacle, ils jouaient un rôle d’émetteurs de signes et de repères, et avaient une fonction étroitement liée aux événements religieux, comme les fêtes votives. Ce n’est en définitive qu’après la La Seconde Guerre mondiale que les tambours japonais sont devenus les instruments de musique pure que l’on pense aujourd’hui. »

Nagadô-daiko (Japon). La peau est différente s’il s’agit de jouer pour faire de la musique ou pour une cérémonie. Pour une performance (photo gauche), les bordures sont gardées afin de retendre la peau quand elle devenue trop lâche. Pour les cérémonies, dans les sanctuaires et les temples (photo droite), les « oreilles » sont coupées pour rendre l’instrument plus beau.

La maison Miyamoto Unosuké Shôten fabrique des tambours pour les sanctuaires shintô et les temples bouddhistes bien entendu, mais aussi pour la scène dans les différents genres de musique traditionnelle comme le gagaku, ohayashi ou musique de kabuki et de nô. La qualité des instruments de la maison est reconnue par les plus grands artistes.

La Miyamoto Unosuke Shôten a également fondé la Maison du tambour, le Taiko-kan. Environ 200 tambours du monde entier sont présentés en permanence au public, parmi 900 pièces de la collection du musée. La plupart des tambours exposés peuvent être touchés et joué afin d’expérimenter physiquement le son de chacun.

Un garamut de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les différents rythmes correspondent à différents signaux qui font de ce tambour un véritable moyen de communication.

Balafon africain. Une calebasse est fixée à chaque pièce de bois pour servir de caisse de résonnance, ce qui fait de l’instrument une sorte de xylophone.

Cuica du Brésil. Il se joue en frottant le plateau fixé à l’arrière de la peau avec un chiffon humide.

L’exposition permanente est présentée en zone de provenance : Asie, Afrique, Europe, Océanie. Les instruments exposés sont d’une grande variété. On découvre ainsi que les tambours ne sont pas que des instruments à percussion, et on se prend à être surpris d’apprendre quand pour certains tambours, c’est le frottement de l’air qui produit un son.

(À gauche) Un kaze no oto (bruit du vent) japonais. Lorsque vous tournez la manivelle, le tambour reproduit le son du vent. Utiliser les tambours pour exprimer les sons de la nature est une spécificité de la tradition japonaise. (À droite) L’Inde compte plus de 250 types de tambours.

 « Les tambours de l’Inde présentent certainement la plus grande richesse, avec plus de 250 types différents de tambours. La plupart ont une origine qui remonte à près de 2000 ans, et sont restés inchangés jusqu’à aujourd’hui. Inversement, il est intéressant de retrouver dans des régions très éloignées les unes des autres des types de tambours presque semblables. N’hésitez pas à les manipuler pour chercher les points communs des différents types », dit Mme Arikawa Junko, conservatrice du Taikô-kan.

Découvrez le son de ces instruments dans la vidéo ci-dessous.

Miyamoto Unosuke Shôten – La maison du tambour au 3e étage (photo gauche) – La boutique au rez-de-chaussé (photo droite) / Adresse : 2-1-1 Nishi-Asakusa, Taitô-ku, Tokyo / Tél : +81.3.3842.5622 / Ouverture du mercredi au dimanche de 10h à 17h. http://www.miyamoto-unosuke.co.jp/english/taiko.html

(Photos : Kodera Kei)

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  • [07.05.2014]
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