Les perspectives de l’économie japonaise pour 2018

Takumori Akiyoshi [Profil]

[05.01.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | Русский |

Comment se portera l’économie japonaise en 2018 ? Voici ce que l’on peut prévoir à partir de différents indicateurs économiques et d’autres éléments.

Pas de détérioration de la conjoncture

Selon l’indice Tankan de la Banque du Japon de décembre 2017, le climat des affaires des grandes entreprises de l’industrie manufacturière s’est amélioré pour le cinquième trimestre consécutif, à +25 pour la première fois depuis 11 ans. Le même indice pour les PME de l’industrie manufacturière s’élevait à +15, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis l’enquête d’août 1991, il y a de cela 26 ans et quatre mois. Nous pouvons constater une nette amélioration de la conjoncture, qui se diffuse des grandes entreprises jusqu’aux PME.

Le PIB réel pour le trimestre juillet-septembre est en progression de 2,5 % sur la même période de l’année précédente, en croissance positive depuis sept trimestres, la plus longue période de croissance depuis 1994. Dans l’enquête mensuelle ESP, menée auprès d’un groupe de 41 économistes en chef de banques et d’instituts de recherche, par le Japan Center for Economic Research, JCER, la moyenne des prévisions de croissance du PIB réel s’établit pour l’exercice 2017 à 1,84 %, et à 1,22 % pour l’exercice 2018. Le taux moyen prévu de progression de l’indice des prix à la consommation (à l’exclusion du prix des produits frais) est de 0,64 % pour l’exercice 2017, et de à 0,85 % pour l’exercice 2018.

Quant à la détermination de la situation par l’indicateur synthétique de la conjoncture du bureau du Cabinet, elle est restée à « amélioration », la plus positive qui soit, de manière continue pendant 13 mois, d’octobre 2016 à octobre 2017 (dernière information disponible). Dans de telles conditions, on peut sans doute s’attendre à ce que cela continue.

L’économie a connu une longue période de stagnation, pendant 18 mois jusqu’à l’automne 2016, notamment à cause de la rapide augmentation de la parité du yen, mais la contraction a été évitée de justesse. Le cycle des stocks est quant à lui en bonne situation, et à moins d’un choc majeur, la conjoncture ne devrait pas se détériorer.

Des sources de préoccupation à l’étranger

En septembre 2017, l’économie japonaise a dépassé, avec 57 mois consécutifs, sa deuxième phase de croissance la plus longue depuis la guerre, et elle continue à croître. Il est fort possible qu’elle parvienne en décembre 2018 à égaler, avec 73 mois de croissance consécutifs, son record de l’après-guerre.

D’après l’enquête spéciale de décembre 2017 du JCER, parmi les éléments risquant de restreindre la conjoncture pendant six mois à un an » ne figurent que des éléments liés à l’étranger (détérioration de la conjoncture chinoise, renchérissement du yen, tensions internationales ou conflit armé, détérioration de la conjoncture américaine).

Le résultat de l’enquête spéciale d’anticipation d’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier en Chine (PMI) de novembre montre une diminution des craintes d’un ralentissement de la conjoncture chinoise. L’opinion prédominante est que la décélération sera certes douce, mais qu’elle se maintiendra sans chuter. L’économie chinoise est soutenue par les mesures prises par les autorités, et le taux de croissance du PIB réel devrait être stable, avec 6,5 % en 2018.

Avec pour objectif un taux d’inflation autour de 2 %, toutes les banques centrales devraient rester en phase, et l’évolution des taux de change sera constant à long terme. Le prix du pétrole évoluera aussi de manière plutôt stable.

Les pays producteurs de matières premières ont connu jusqu’à il y a peu une période de stagnation, mais le prix des matières premières a passé le creux de la vague, et se reprend grâce à la politique d’assouplissement monétaire. L’économie mondiale tend aujourd’hui vers la croissance, dans une situation stable. D’après les perspectives de l’économie mondiale du FMI (qui datent d’octobre), le taux de croissance pour 2017 aura été de 3,6 % et devrait passer à 3,7 % en 2018, une croissance solide et continue.

Aux États-Unis, les grands ouragans de la fin de l’été 2017 ont fait naître des inquiétudes, mais le taux de croissance du PIB réel pour les deuxième et troisième trimestres 2017 a connu une progression assez forte, de l’ordre de 3 % sur les mêmes périodes de l’année précédente. Si la réforme fiscale et les investissements d’infrastructure se réalisent, ils devraient constituer des éléments positifs pour l’économie américaine.

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  • [05.01.2018]

Né à Tokyo en 1957. Économiste en chef chargé de la gestion des actifs de Sumitomo Mitsui depuis 2012. Titulaire d’un diplôme d’économie de l’Université Keiô. Après ses études, il est entré à la Banque Mitsui (devenue depuis Sumitomo Mitsui) où il a travaillé, entre autres, dans le département des recherches et celui de la gestion des marchés, puis en tant qu’économiste en chef de Sakura Securities et de Sakura Investment Management, avant d’occuper la position qui est la sienne actuellement.

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