Que vont devenir les revues pour adultes des supérettes japonaises ?
[17.05.2018] Autres langues : 日本語 | ESPAÑOL | Русский |

Les touristes et résidents étrangers s’étonnent souvent de la facilité d’accès aux magazines pour adultes dans les supérettes japonaises, à la portée et à la vue de tous. Ces dernières tentent actuellement de modifier la manière de les vendre, quand certaines décident de se passer de leur présence.

Le Japon compte environ 55 000 supérettes (konbini). Avec plus de 7 000 dans la métropole de Tokyo, cela revient à 52,7 magasins pour 100 000 habitants, d’où l’impression qu’ils sont présents partout. La plupart ont un rayon de magazines, avec une section de magazines pour adultes. Mais celle-ci n’est pas séparée des autres, si bien que les images et les photos de femmes à moitié nues de leurs couvertures, qu’il s’agisse de bandes dessinées ou de revues, sont placées de telle manière que les femmes et les enfants ne peuvent éviter de les voir. Les étrangers disent souvent que cela les étonne. Mais ces supérettes commencent à modifier la façon dont elles traitent ces publications.

Les magazines pour adultes sous cellophane

Selon une enquête menée par le Bureau des citoyens et des affaires culturelles de la métropole de Tokyo il y a presque 30 ans, en 1989, 92,3 % des konbini vendaient des magazines pour adultes. Un grand changement à cet égard est intervenu en 2004, au moment où le gouverneur de Tokyo était Ishihara Shintarô. Une modification du décret municipal sur le développement sain de la jeunesse a imposé un emballage qui empêche de voir sur les lieux de vente le contenu de magazines ayant été définis par le conseil municipal comme « nocifs pour la jeunesse ». Le décret prescrivait aussi l’obligation pour les éditeurs de faire des efforts d’emballage pour les publications qu’ils estimeraient eux-mêmes destinées aux adultes.

Cette modification du décret a conduit l’union des supérettes de proximité à demander à l’Association japonaise des éditeurs de magazines de mettre sous cellophane les publications pour adultes, dont les ventes représentaient alors pour ces konbini un chiffre d’affaires annuel d’environ 500 milliards de yens, presque la moitié du chiffre d’affaires total des magazines. Les éditeurs ne pouvaient donc ignorer cette demande.

Ils ont alors pris l’initiative de les fermer par deux pastilles autocollantes, parce qu’un magazine sous cellophane est glissant et par conséquent difficile à transporter. Ils ont alors choisi les publications à pourvoir de pastilles autocollantes, et en ont mis sur une centaine des quelques 350 magazines vendus en supérettes. Ces pastilles étant placées par l’imprimeur, il n’était pas possible de ne le faire que pour les magazines vendus à Tokyo, et toutes les publications pour adultes furent ainsi vendues sous cette forme dans l’ensemble du Japon.

La pratique actuelle des trois plus grandes chaînes de supérettes, suite au décret de 2004

Seven-Eleven
  • Environ 3 000 des quelques 20 000 supérettes Seven-Eleven que compte le Japon ne vendent pas de magazines pour adultes.
  • Les propriétaires des supérettes décident eux-mêmes s’ils veulent ou non en vendre.
  • L’enseigne Seven-Eleven respecte scrupuleusement les règlements municipaux ou locaux à ce sujet.
Family Mart

Des magazines pour adultes recouverts de cellophane opaque dans une supérette Family Mart de la ville de Sakai.

  • Environ 1 200 des quelques 17 000 supérettes de cette enseigne ne vendent pas de magazines pour adultes.
  • Les propriétaires des supérettes décident eux-mêmes s’ils veulent ou non en vendre.
  • Depuis mars 2016, 11 supérettes Family Mart de la ville de Sakai, dans la préfecture d’Osaka, recouvrent les magazines pour adultes d’une cellophane opaque.
Lawson
  • Environ 2 500 des quelques 13 000 supérettes de cette enseigne ne vendent pas de magazines pour adultes.
  • Les propriétaires des supérettes décident eux-mêmes s’ils veulent ou non en vendre.
  • Les publications pour adultes ont un prix de vente plus élevé que les autres magazines, et leur contribution au chiffre d’affaires des magasins n’est souvent pas négligeable.
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  • [17.05.2018]
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