Série La situation actuelle des yakuza
Le tueur en série de Zama : un monstre issu des ténèbres de Kabuki-chô
[28.03.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le 30 octobre 2017, la police japonaise a trouvé neuf corps dépecés à l’intérieur d’un appartement de la ville de Zama, dans la grande banlieue de Tokyo. Elle a aussi arrêté le meurtrier présumé, Shiraishi Takahiro, un ancien « recruteur » d’hôtesses pour Kabuki-chô, le quartier chaud de Shinjuku, à Tokyo. C’est dans cet univers obscur que l’assassin a développé les techniques qui lui ont permis de leurrer ses victimes, des jeunes japonaises aux tendances suicidaires, par le biais de Twitter et d’autres applications. Dans l’article qui suit, nous vous proposons de découvrir le monde des recruteurs et la façon dont il a évolué à la suite des mesures sévères prises par le gouvernement.

Une activité basée sur la séduction

« C’est effrayant de penser à quel point il était gentil et chaleureux ». Les femmes qui ont côtoyé le tueur en série de Zama ont toutes fait des déclarations similaires.

Pendant plusieurs années, Shiraishi Takahiro, un Japonais de 27 ans, a racolé des filles pour Kabuki-chô, le quartier des plaisirs le plus important de Tokyo. Depuis la découverte macabre faite par les policiers dans son appartement de Zama, les médias ont recueilli de nombreux témoignages à son sujet auprès de recruteurs et de personnes impliquées comme lui dans l’industrie du sexe, y compris des hôtesses ayant partagé sa vie ou vécu sous son toit. Comment expliquer un pareil décalage entre l’homme « gentil et chaleureux » décrit par celles qui l’ont connu de près et la brutalité incroyable de ses crimes ?

« Je comprends très bien pourquoi elles disent toutes la même chose », explique le patron d’une agence de recrutement d’hôtesses de Tokyo. « Le travail du recruteur ne se limite pas à présenter des filles à un établissement. Il leur sert aussi de manager et de conseiller, notamment pour négocier leur rémunération et trouver les clients adéquats du point de vue financier. Et il reste en relation avec elles jusqu’à ce qu’elles cessent ce genre d’activité. À l’heure actuelle, les hôtesses ont tendance à vouloir gagner un maximum d’argent et à toujours chercher un meilleur endroit. Elles ont donc davantage confiance dans les racoleurs que dans les gens avec qui elles travaillent. Et il n’est pas rare qu’au fil de leurs conversations avec leur recruteur, leurs rapports se transforment en relation amoureuse. »

Autrement dit, les racoleurs ont tout intérêt à se montrer aimables avec les femmes sur lesquelles repose leur activité.

Un recruteur déjà condamné à de la prison avec sursis

La perquisition effectuée le 30 octobre dernier dans l’appartement de Zama, dans la préfecture de Kanagawa, a révélé la présence des corps décapités et démembrés de huit femmes et un homme âgés de 15 à 26 ans. Le lendemain, l’occupant des lieux, Shiraishi Takahiro, a été inculpé de destruction de cadavres. Et à la date du 13 février 2018, il avait déjà fait l’objet de sept nouvelles inculpations. La police a réuni suffisamment de preuves pour l’accuser de six assassinats et elle continue son enquête en ce qui concerne les trois autres victimes.

Shiraishi Takahiro, l’auteur présumé des neuf assassinats de Zama, en train de quitter le commissariat de police de Hachiôji pour les locaux du Bureau des procureurs généraux de Tachikawa, dans la banlieue de Tokyo, le 1er novembre 2017 (Jiji Press).

Shiraishi Takahiro est originaire de Zama. À partir de l’âge de 25 ans, il a vécu dans le quartier d’Ikebukuro, à Tokyo et il a surtout travaillé en tant que recruteur d’hôtesses pour Kabuki-chô. Certains affirment qu’il abordait les filles avec beaucoup de tact, alors que selon d’autres, il avait mauvaise réputation. En février 2017, huit mois avant la découverte de ses crimes, cet homme avait été arrêté pour avoir présenté des femmes à un salon de massage érotique en sachant que celui-ci exploitait ses employées en tant que prostituées. Il a été condamné pour ces faits à 14 mois de prison avec sursis assortis de 3 ans de mise à l’épreuve. Shiraishi Takahiro est alors retourné à Zama. Au mois d’août, il a loué le logement où il a perpétré les abominables forfaits qui ont épouvanté le Japon.

  • [28.03.2018]
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